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Lorenzetti : "Nous n’avions pas l’âme suffisante..."

Lorenzetti : "Nous n’avions pas l’âme suffisante..."

Le 27/06/2022 à 15:57Mis à jour

TOP 14 - Jacky Lorenzetti revient pour nous sur la saison mitigée de son club, évoque le climat "tendu" avec le Stade rochelais, présente les recrues du Racing et se projette, in fine, sur une Champions Cup au fort accent sud-africain…

Quel bilan faîtes-vous de la saison écoulée ?

On termine demi-finaliste de la coupe d’Europe et quart de finaliste du championnat. Dans l’absolu, ce n’est pas un mauvais résultat. Malgré tout, on ne peut occulter que notre ambition était largement supérieure. Le problème, c’est qu’aujourd’hui il y a dix furieux, dix clubs au max du salary cap (soit au plafond de 10,3 millions de masse salariale, N.D.L.R.) et que certains d’entre-eux ont été meilleurs que nous.

Finalement ?

Nous n’avions pas l’âme suffisante, cette année, pour faire mieux que ce que nous avons fait.

La coupe d’Europe, que vous aviez une nouvelle fois ciblée, reste-t-elle une immense déception ?

On se doit, avec l’effectif que l’on a, d’être ambitieux sur les deux tableaux ; si ce n’était pas le cas, ce ne serait pas respectueux vis à vis de ceux n’ayant pas les mêmes moyens que nous. [...] Cette demi-finale de coupe d’Europe contre La Rochelle aurait pu basculer de notre côté, notamment lorsque Teddy Thomas a oublié qu’il avait sur sa gauche Juan Imhoff, qui aurait aplati en marchant… Mais soyons clairs : collectivement, les Rochelais ont ce jour-là été meilleurs.

Avez-vous été blessé par les déclarations de Ronan O’Gara et des dirigeants rochelais, qui ont remis en cause le choix de Lens, peu avant la demi-finale de Champions Cup ?

Chacun a choisi de motiver ses troupes comme il le pouvait… Les Rochelais auraient pourtant dû nous remercier d’avoir joué dans un tel stade, qui ressemble sous certains aspects à leur stade Deflandre, je trouve. Pour conclure, je n’ai pas trouvé leur attitude très fair play et je ne vous cache pas que les relations avec La Rochelle sont un peu tendues, depuis.

Quid du recrutement ? Qui arrivera au Racing cet été ?

Il y a les deux Brivistes (le numéro 8 Kitione Kamikamica et le talonneur Peniami Narisia), le très bon talonneur de Nevers (Janick Tarrit), le colosse des Samoa (le deuxième-ligne Veikoso Poloniati, 2m et 138 kg), l’arrière des Springboks (Warrick Gelant) et cet ailier que les Anglais appellent le "tank" (Asaeli Tuivuaka, 1, 75m et 108 kg, des London irish). C’est un recrutement de qualité.

"Baptiste Pesenti a encore quatre ans de contrat chez nous. J’ai appris dans la presse qu’il intéressait le Stade français. Mais moi, j’apprécie Baptiste. On verra…"

Et l’ailier montois Wame Naituvi, alors ?

A son sujet, on a cru ce que nous disaient les agents du joueur, à savoir qu’il était libre. Il ne l’était pas et maintenant, on est donc au milieu d’un embroglio juridique. Moi, je ne veux pas dépouiller les Montois. Mais le joueur veut jouer en Top 14. Alors…

Avez-vous lâché l’affaire, le concernant ?

Tant que le joueur n’est pas officiellement libre, oui.

C’est pour cette raison que vous avez démarché le Toulousain Arthur Bonneval ?

On ne l’a pas démarché, on nous l’a proposé.

Et Baptiste Pesenti, alors ?

Baptiste Pesenti a encore quatre ans de contrat chez nous. J’ai appris dans la presse qu’il intéressait le Stade français. Mais moi, j’apprécie Baptiste. On verra…

"Jordan Joseph sera de retour au Racing après la Coupe du monde."

Vous avez prêté l’an passé Jordan Joseph à la Section paloise. Quand reviendra-t-il au Racing ?

A la base, le système du prêt est vertueux. Le problème, c’est qu’une fois que le joueur arrive dans l’autre club, celui-ci fait alors le forcing pour le conserver. La Section paloise a joué sa carte à fond : ils lui ont dit qu’ils ne joueraient jamais chez nous, qu’il était bien en Béarn… Bon... Quoi qu’il en soit, Jordan sera de retour au Racing après la Coupe du monde.

Pour terminer, quel avis portez-vous sur l’entrée des franchises sud-africaines en Champions Cup, la saison prochaine ?

Déjà, le rattachement des franchises sud-africaines à l’hémisphère Nord veut dire que leur rugby ne se porte pas aussi bien que l’on pourrait le croire. Leurs franchises ont d’ailleurs été toutes rachetées par des privés… Cela pose aussi le problème de la représentation historique des Gallois en Champions Cup, puisqu’ils y ont aujourd’hui perdu leur place au profit des sud-afs… Vis à vis de l’histoire du rugby, peut-on vraiment faire disparaître les Gallois de la carte ? Malgré tout, je comprends aussi que le basculement des Sud-Africains simplifie aussi les choses pour la Coupe du monde des clubs, puisque ça permettra d’ajouter aux équipes néo-zélandaises et australiennes du Super Rugby un représentant japonais et une franchise du Pacifique.

On peut considérer aussi que l’arrivée des Sud-Africains boostera les affluences...

Vous regardez le Super Rugby ? Vous trouvez que les stades sont pleins ?

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