Abonnés

Top 14 - Clermont, un empire en péril et sous pression maximale avant d'accueillir le Stade français

  • Top 14 - Les Clermontois d'Alivereti Raka doivent impérativement s'imposer face au Stade français, ce samedi.
    Top 14 - Les Clermontois d'Alivereti Raka doivent impérativement s'imposer face au Stade français, ce samedi. Icon Sport
Publié le
Partager :

En danger avant de recevoir Paris ce samedi (21h05), les Auvergnats doivent absolument se révolter, à défaut d’être brillants dans le jeu. Sinon, la fin de saison pourrait virer à la catastrophe...

Il y a de ça cinq ans, pas plus, l’augure aurait fait rire : finaliste du Top 14 (2019) après un second Brennus arraché deux ans plus tôt (2017), facile vainqueur d’une Challenge Cup où il faisait dès le départ figure d’immense favori, Clermont était encore une place forte du rugby français. Un bastion. Une évidence, surtout, parmi les clubs que l’on pronostiquait parmi les futurs qualifiés, à l’entame de chaque nouvelle saison.

Encore donné parmi les favoris du Top 14, dans le sondage des entraîneurs réalisé par Midi Olympique à l’orée de la saison 2019-2020, Clermont ne fait désormais plus peur. À personne. Un déclassement latent, structurel et à tous les niveaux, venu finalement dégrader l’étage professionnel de la fusée, au sommet. À cinq journées de la fin du championnat (phase régulière), les Auvergnats pointent à une inquiétante douzième place, avec seulement quatre points d’avance sur Montpellier, treizième et virtuellement barragiste, qu’ils recevront lors de l’ultime rencontre.

En manque de leaders

Globalement, leur calendrier n’inspire pas l’enthousiasme. Les performances non plus, excepté un rayon de soleil face à l’Ulster. Et la venue du leader parisien, ce samedi (21h05) à Marcel-Michelin, fait déjà figure de match décisif pour sauver ce qui reste, à ce jour, le club le plus ancien dans l’élite du rugby français (depuis 1925) avec le Stade toulousain. Le seul, toujours avec Toulouse, à ne jamais avoir connu la relégation. Un empire aujourd’hui en péril.

Top 14 - Baptiste Jauneau (Clermont) a été très marqué par la défaite des siens à Bordeaux-Bègles.
Top 14 - Baptiste Jauneau (Clermont) a été très marqué par la défaite des siens à Bordeaux-Bègles. Icon Sport

Dimanche soir après l’humiliation en terre bordelaise (41-7), c’est Baptiste Jauneau qui s’est présenté face aux médias, pour assumer l’injustifiable. Dépité, pour le moins, le gamin du Béarn (20 ans) a difficilement contenu quelques larmes. "Il n’y a vraiment rien qui a été ce soir. C’est dépitant parce qu’on voulait venir pour essayer de récupérer quelques points, s’accrocher et montrer le visage que l’on a montré la semaine dernière." Avant de lâcher un très symptomatique : "on n’avait pas trop le ballon et quand on l’avait, on ne savait pas trop quoi en faire…".

La tête à l’envers, Clermont manque cruellement de leaders pour retrouver un sens de la marche. Plusieurs joueurs sont identifiés pour ce rôle, mais aucun ne semble vraiment prendre la barre. Cette saison, le capitanat a tour à tour été confié à Falgoux (6 fois), Bézy (5), Simone (5), Lee (2) et Jauneau (2), en plus du symbolique Raka à La Rochelle. Aucun n’a su imposer de vent de révolte dans les rangs auvergnats, qui semblent subir cette saison plus qu’ils ne la vivent, progressant de faux espoirs en désillusions. Il n’y a plus de Parra, de Lopez, Bonnaire ou Rougerie dans cette équipe pour refuser le déclin. Et si l’on excepte les saillies médiatiques de leur manager Christophe Urios, c’est un sentiment de fatalité, presque de résignation que diffuse cette équipe. Rien de rassurant, alors que se profilent des matchs "à la mort".

Ce problème de leadership avait tôt été identifié par Urios, justement. Dès l’intersaison, après six mois de prise en main. Cette équation, le manager audois ne semble toutefois pas avoir su la résoudre, malgré une variété de tentatives : il a voulu responsabiliser des plus jeunes, comme Jauneau ; il a poussé de sérieux coups de gueule, comme après le match nul domicile contre Oyonnax ou la lourde défaite à La Rochelle, 42-3 ("il y a d’abord de l’incompréhension, de la déception humaine, de la colère. […] Ce soir, on a eu une mentalité de merde. On a eu le sentiment de ne pas jouer dans la même division, tellement c’était grotesque. Certains ne sont pas au niveau. Je leur ai dit dans le vestiaire").

Top 14 - Christophe Urios a tenté plusieurs méthodes pour éveiller ses joueurs cette saison.
Top 14 - Christophe Urios a tenté plusieurs méthodes pour éveiller ses joueurs cette saison. Icon Sport

Le rugby, c’est d’abord une mentalité

Avant la réception de Pau, le 23 mars, Urios a également tenté de laisser la main aux joueurs : "Je ne change pas ma méthode, mais on a effectivement ouvert la discussion. Quand on doit remettre les mains dans le cambouis trois choses sont importantes : la communication intense, revenir sur les fondamentaux et se reprendre en main. On a activé ces trois leviers, et face à Pau les joueurs se prendront en main". Sans y trouver un succès franchement probant (victoire 31-28).

Pourtant, bien avant de parler de tactique et des multiples manques dans le jeu collectif des Auvergnats, qui apparaissent parfois perdus sur le terrain, c’est bien par le caractère que passera d’abord le maintien. "Pour moi, le rugby c’est d’abord une mentalité et un état d’esprit et lorsque tu ne l’as pas, tu ne peux pas exister" martèle encore le manager audois. Il y a urgence. Et si ses joueurs ne l’entendent pas très vite, c’est alors un royaume séculaire qui pourrait s’effondrer.

Vous êtes hors-jeu !

Cet article est réservé aux abonnés.

Profitez de notre offre pour lire la suite.

Abonnement SANS ENGAGEMENT à partir de

0,99€ le premier mois

Je m'abonne
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?

Les commentaires (3)
LeoDuc Il y a 22 jours Le 25/04/2024 à 12:44

Urios était censé remporter des titres avec UBB d'après les Bordelais... pschiiit.
Urios était censé remonter l'ASM dans le top6 d'après les Clermontois... pschiiit.

Comme quoi les gens ont besoin de gourou pour rêver.

horsnorme Il y a 22 jours Le 25/04/2024 à 09:44

l'ASM va battre le SF AU MICHELIN ! sans aucun doute ! Je ne les vois pas du tout barragiste contrairement au MHR qui a plus de soucis en ce moment !

BigLoule1966 Il y a 23 jours Le 25/04/2024 à 07:19

Clermont restera en top14. Il ne saurait en être autrement. Quand bien même il joueraient un barrage je ne les vois pas perdre contre un club de D2...