Nathan Decron (Pau) : "On a tous envie d'être la première génération à qualifier le club"

  • Nathan Decron titularisé a marqué un essai face à Montpellier.
    Nathan Decron titularisé a marqué un essai face à Montpellier. Icon Sport
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Après la victoire contre Montpellier, le manager de Pau, Sébastien Piqueronies, a assumé la volonté d'accrocher une place parmi les six premiers en fin de saison. Un objectif partagé par son groupe et notamment par le trois-quarts centre Nathan Decron, lequel est conscient que cela passera par un gros coup à l'extérieur. Et un déplacement à Lyon se profile samedi.

Le match contre Montpellier, avec une victoire (31-23) à la clé, a-t-il été un des mieux maîtrisés des dernières semaines ?

Oui et non. Je trouve qu’on l’a plutôt maîtrisé mais certains secteurs ne l’ont pas été, comme la touche par exemple. On n’a pas eu beaucoup de ballons à exploiter. Mais, paradoxalement, on a réussi à rester froids et lucides dans ces moments pour repartir sur des choses simples et gérer la rencontre. A l’arrivée, on marque quand même plus de trente points, donc ça reste très positif.

N’est-ce pas le reflet qui grandit et qui mûrit ?

Je l’espère (sourire). Depuis trois ans, il y a eu pas mal de turnover au niveau des joueurs. Il fallait un temps d’adaptation, c’était un nouveau projet. Cela demandait beaucoup de travail. Petit à petit, j’ai l’impression que les efforts commencent à payer. Offensivement, on se retrouve, on sait dans quelle direction on veut aller. Notre socle doit être la défense mais il nous reste une grosse marge de progression dans ce domaine sur la fin de saison. Il faudra le montrer dès ce week-end à Lyon. Si on veut espérer quelque chose à l’extérieur, il faut absolument avoir une défense et une discipline de très haut niveau.

Justement, ce rendez-vous à Lyon ne ressemble-t-il pas à une sorte de bascule pour la fin de saison ?

Oui, mais il en restera d’autres derrière, avec notamment encore deux déplacements (La Rochelle et le Racing 92, NDLR). Mais, si on arrive à faire un gros match à Lyon et à ramener des points, on se mettra forcément dans une posture qui sera plus confortable. Attention, je crois que Lyon a le troisième bilan à domicile du championnat. On veut faire une grosse performance mais on va rester très humbles. Gagner là-bas, ce serait un exploit mais j’espère qu’on sera en capacité de le réaliser.

Votre manager Sébastien Piqueronies a indiqué samedi que vous étiez "autorisés à rêver et à assumer [votre] désir d’accéder au top 6"…

Bien sûr, on a envie de rêver. Et rêver, ça passera au minimum par une victoire à l’extérieur. Même si on gagne nos deux matchs à domicile, en ne prenant pas de points en déplacement, on sera trop loin des six premiers. Cela peut aussi être trois bonus défensifs en déplacement, avec des bonus offensifs à la maison… Il y a plein de possibilités. Mais, je le répète, on va rester très humbles. Lyon a des difficultés à l’extérieur mais cette équipe reste redoutable chez elle.

La qualification est-elle devenue un objectif dans le groupe ?

Évidemment, on joue au rugby pour vivre ces moments et on veut aller chercher un top 6. Ce serait une première historique pour le club et on a tous envie d’être la première génération à le qualifier. On a fait le travail le week-end dernier pour se permettre de regarder vers le haut. Maintenant, il faut continuer pour pouvoir rêver.

Lors des derniers déplacements, vous avez perdu de trois points à Clermont, puis de deux points à Toulouse. Ces deux défaites ont-elles nourri une certaine frustration ?

Je n’étais pas à Clermont mais je pense que le scénario du match pousse à être content du bonus défensif. Nous avions plutôt subi mais l’équipe n’a pas lâché et a réussi à prendre un point. À Toulouse, c’est un peu différent. J’ai vécu ce match et on a eu des regrets. En gérant un peu mieux cette fin de match, on pouvait prendre quatre points même si, la veille de la rencontre, on aurait tous signé pour un bonus défensif. C’est important de prendre des points à l’extérieur. On en a pris un aussi à Montpellier.

C’est votre troisième saison à Pau. Aviez-vous senti le potentiel grandissant de ce club ?

Oui, le projet était vraiment établi sur trois ans. La première saison, nous avons été très vite maintenus. La deuxième a été un peu compliquée où on a cherché à éviter la treizième place jusqu’à la dernière journée quasiment. Cette saison, nous sommes dans les clous. À nous de continuer à progresser.

À titre personnel, vivez-vous votre meilleure saison sous le maillot palois ?

Lors de la ma première, avant ma blessure (au dos, NDLR), cela se passait très bien. J’étais titulaire à tous les matchs. Après, j’ai connu cette période de blessure et, la saison dernière, je suis revenu petit à petit, sans retrouver mon réel niveau. Cette année, ça se passe plutôt bien. J’ai pas mal joué. Il reste cinq matchs, j’ai envie de tous les faire et j’espère qu’il y en aura un ou deux de plus encore.

La paire d’anciens Agenais au centre, avec Emilien Gailleton, semble plutôt bien fonctionner…

Oui, elle fonctionne bien. Nos deux profils sont complémentaires. Après, peu importe avec qui je suis aligné, je suis content dès lors que je suis sur le terrain.

Nathan Decron, auteur d'une très bonne saison à Pau.
Nathan Decron, auteur d'une très bonne saison à Pau. Icon Sport - Johnny Fidelin

On évoquait Emilien Gailleton mais il incarne, avec beaucoup d’autres joueurs, une jeunesse talentueuse à Pau. Est-ce une des grandes richesses de votre groupe ?

Absolument. Ces jeunes sont arrivés dans le groupe et ont confiance en eux et en leurs qualités, tout en étant respectueux. Quand on voit la saison que réalise Théo (Attissogbe)… Honnêtement, c’est exceptionnel. Hugo Parrou commence à faire ses premiers matchs et répond présent à chaque fois. Hugo Auradou aussi. Axel Desperes a fait presque toutes les feuilles de match. Emilien (Gailleton) est encore jeune mais il est déjà en équipe de France ! Il y en a encore derrière. C’est très bien, et il faut trouver le bon équilibre avec des mecs d’expérience à côté. Même s’ils sont talentueux, c’est à nous de continuer à les accompagner pour que ça dure.

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Les commentaires (4)
STEF65 Il y a 1 mois Le 25/04/2024 à 09:37

pour être dans les 6, un seul droit à l'erreur sur les 5 derniers matchs...

noustepais Il y a 1 mois Le 25/04/2024 à 09:57

On a compris Maurice Trelut. On a compris...

STEF65 Il y a 1 mois Le 25/04/2024 à 10:18

on a envie d'y croire...
mais pour moi c'est plutôt Marcel Cazenave...

geball Il y a 1 mois Le 24/04/2024 à 15:31

Progression linéaire, avec des perspectives à court, moyen et long terme. Même si les 6 ne sont pas atteints cette année, on peut etre serein pour les années à venir.