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Gayraud : "Je n’ai pas l’impression d’avoir gagné le titre comme un joueur normal mais..."

Gayraud : "Je n’ai pas l’impression d’avoir gagné le titre comme un joueur normal mais..."

Le 01/08/2019 à 13:03Mis à jour Le 01/08/2019 à 13:04

PRO D2 – Champion de France avec Toulouse la saison dernière où il n’a cumulé que 101 minutes de jeu, Pierre Gayraud apprécie que ses anciens coéquipiers aient reconnu son travail et son implication au quotidien. "Ce titre, ils me l’ont un peu offert aussi" nous a confié le nouveau deuxième ligne de Grenoble qui cherche à se relancer dans la capitale des Alpes.

Rugbyrama : Personnellement, comment avez-vous vécu la saison dernière où vous avez très très peu joué ?

Pierre Gayraud : Personnellement, c’est une belle aventure aussi. C’est vrai qu’étant compétiteur on rêve de jouer tous les week-ends. On s’entraîne dur toutes les semaines pour ça. J’ai compris assez vite qu’on ne comptait pas sur moi. J’avais quand même la chance tous les jours d’arriver le matin et de faire ce que j’aimais et de m’entraîner avec certains des meilleurs joueurs du monde, d’autres de France. Là-dessus, il n’y a pas à se plaindre. Moi, j’avais tout à donner pour montrer que j’étais au niveau de ces joueurs-là au cas où on fasse appel à moi. Ça n’a pas été le cas. Mes coéquipiers sont sympas et reconnaissants du travail que j’ai pu faire parce que je les ai aidés à bosser tout au long de la saison. Toutes les semaines, je m’y suis filé comme un âne pour les faire travailler le mieux possible pour préparer le match du week-end. Je n’ai pas l’impression d’avoir gagné le titre comme un joueur normal, c’est vrai, mais j’ai envie de dire qu’ils me l’ont un peu offert aussi.

" Mon rôle était de participer à l’ambiance, de faire quelques conneries et de m’entraîner dur pour aider l’équipe"

Psychologiquement, ça doit être dur de s’entraîner sachant qu’on ne sera pas sur la feuille de match le week-end…

P. G. : C’est sûr que c’est frustrant pour un joueur de rugby parce que c’est l’objectif numéro un. Il faut mettre son ego de côté et prendre son rôle à cœur. Mon rôle était de participer à l’ambiance, de faire quelques conneries et de m’entraîner dur pour aider l’équipe. J’ai toujours essayé de le faire au mieux. Après, ça n’a rien à voir par rapport à quelqu’un qui se lève le matin pour aller bosser à l’usine, lever des trucs lourds, ou qui travaille dans les champs. Aujourd’hui, on a Jérôme Rey (pilier gauche arrivé de Chambéry à l’intersaison, N.D.L.R.) qui est agriculteur et joueur en même temps. Allez vous plaindre à ces mecs-là qui travaillent comme des acharnés.

Vous n’avez jamais eu d’explications avec les coachs, des discussions à bâtons rompus pour savoir pourquoi vous étiez si peu utilisé ?

P. G. : J’en ai eu mais ça restera entre eux et moi.

" Je suis revanchard par rapport à tout ce qui s’est passé pour moi ces derniers temps"

Après avoir eu si peu de temps de jeu à Toulouse et déjà à Bordeaux lors de la saison 2017-2018, vous cherchez à vous relancer à Grenoble ?

P. G. : Oui, on va essayer de se relancer du mieux possible et Grenoble est un super club pour ça. Quand on voit tous les jeunes qui sortent de ce club, qui sont issus du cru, ça veut dire qu’il y a une belle formation, un bon travail qui est effectué ici. C’est motivant. Je suis revanchard par rapport à tout ce qui s’est passé pour moi ces derniers temps. À moi de me prouver que je n’étais pas forcément à ma place et aussi aux personnes qui ont fait des choix que je n’étais pas à ma place non plus. Mais d’abord à moi-même.

Il y a eu une remise en question de votre part ?

P. G. : Oui, c’est sûr. La remise en question est perpétuelle : "qu’est-ce qu’il faut changer en dehors et sur le terrain", des choses comme ça. Tu es tout le temps en train de chercher à te remettre en question, ce qui est normal.

Pro D2 - Après une saison très compliquée à Toulouse, Pierre Gayraud vient se relancer à Grenoble

Pro D2 - Après une saison très compliquée à Toulouse, Pierre Gayraud vient se relancer à GrenobleOther Agency

Au-delà du fait de vous relancer, qu’est-ce qui vous a attiré dans le projet grenoblois ?

P. G. : Au début, c’était le Top 14. Aujourd’hui, c’est la Pro D2, c’est le challenge de reconstruire quelque-chose avec ce club. Quoi de mieux que de jouer le haut de tableau pour pouvoir faire ça. Personnellement, c’est de retrouver du temps de jeu et les terrains. Ça ne va pas être plus facile qu’à Toulouse parce qu’il y a du monde aussi : Mickaël Capelli, William Demotte et les deux qui préparent la Coupe du monde : (Leva) Fifita et (Andreï) Ostrikov. Ça va être à moi de m’y filer.

Physiquement, comment vous sentez-vous alors que le dernier match de Top 14 que vous avez disputé en intégralité remonte à septembre 2018 ?

P. G. : (Rires) Je suis parti faire un tournoi de rugby à X à Hong Kong, sachant que Toulouse ne me ferait pas jouer. Les Pyrénées Seven m’ont gentiment proposé de venir participer à leur tournoi. J’ai accepté avec grand plaisir pour retrouver le plaisir des terrains. J’ai enchaîné pas mal de matchs là-bas, où j’ai retrouvé du temps de jeu. C’était en avril. C’est vrai que ce n’est pas pareil que du rugby à XV. […] Je me suis entraîné très dur physiquement parce que je me préparais en cas de besoin. Par rapport au terrain, c’est une autre donne. On verra ce que ça va donner et puis à moi de tout faire pour être en forme.

PRO D2 - Le groupe de Grenoble à la reprise

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Comment s’est passée votre intégration au FCG ?

P. G. : Les joueurs sont top. Ça se voit qu’il y a une bonne ambiance, un bon état d’esprit. À nous de le conserver.

Quelles sont les attentes du groupe pour le premier de match de préparation contre Lyon vendredi (19 heures) à Bourgoin ?

P. G. : On va se tester. On a travaillé, on a vu de nouvelles choses et puis maintenant, au fur et à mesure, ça va être de voir ce qu’on a commencé à valider, et ce qu’on va continuer à peaufiner. Petit à petit, comme on dit, l’oiseau fait son nid. C’est ce qu’on va faire aussi, doucement mais sûrement, voir ce qui est bon, ce qui ne l’est pas, ce qu’on continue à bosser, des choses comme ça.

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