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L'Angleterre, morne plaine

L'Angleterre, morne plaine
Par Rugbyrama

Le 25/01/2010 à 15:25Mis à jour

Triste première au pays de sa gracieuse Majesté : un seul club disputera les quarts de finale de la H Cup cette saison. Il s'agit de Northampton, qui aura la lourde tâche d'aller défier le Munster à Limerick. Que se passe-t-il outre-Manche ? Analyse.

Ce n'était jamais arrivé. Jusque-là, l'Angleterre avait toujours réussi à placer au moins deux représentants dans le "grand huit". Si les clubs anglais avaient été absents des phases finales en 1995-1996, c'est qu'ils n'avaient pas pris part à la première édition de la H Cup. Même chose pour la troisième, en 1998-1999, qu'ils avaient boycottée. Cette fois, seul Northampton a arraché son billet en sortant huitième et dernier qualifié. Une faillite inédite mais pas forcément symptomatique d'une crise profonde.

. Un championnat terne

Pour qui veut voir un bon match, il est désormais plus sûr de choisir la Ligue celtique que le Premiership... Le championnat d'Angleterre en cours n'est pas un grand cru. Aucune équipe ne sort véritablement du lot alors que treize journées ont été jouées déjà. Les "patrons" traditionnels, Leicester et les Wasps, sont en fin de cycle. Les London Irish ont des joueurs de talent mais restent tendres. Anciens espoirs de relève, Gloucester et les Harlequins sont en crise.

. L'argent

Le salary cap (de 4,5 millions d'euros environ) pénalise les clubs anglais, qui n'ont pas les moyens d'aligner une constellation de stars, comme le firent les Ospreys contre Leicester samedi, ou un banc de la qualité de celui de Toulouse à Sale dimanche (avec Kelleher, Sowerby, Médard, Servat...) C'est le Top 14 qui attire les stars désormais, comme l'ont montré les venues de l'Anglais Jonny Wilkinson à Toulon ou du Sud-Africain François Steyn au Racing-Metro. Pour l'entraîneur de Sale Kingsley Jones, il y a un vrai problème : "Il faut instaurer une certaine équité. Je cherche des joueurs et je sais combien ils coûtent. On ne peut pas rivaliser avec les Ospreys, les clubs français. Même les Cardiff Blues ont un plus gros budget que nous. Ce n'est pas une excuse mais c'est un facteur. Si un pays a le droit d'avoir une masse salariale de 7 millions de livres et que nous, nous restons avec notre salary cap de quatre millions, et que la régulation n'est pas faite dans certains secteurs, ça va continuer comme ça."

. Une crise d'identité

Pour l'entraîneur des London Irish, Toby Booth, "les équipes anglaises sont trop conservatrices". Les formations en mesure de se qualifier avant le week-end (Leicester, Northampton, London Irish) n'ont marqué qu'un essai à elles trois. Cette identité de jeu en déshérence, criante chez le XV de la Rose, est le résultat d'une tactique corsetée, selon le centre de Brive et du XV de la Rose, Riki Flutey: "Les Anglais se retiennent parce que leur entraîneur leur dit: "Dans cette situation, tu dois faire ça et rien d'autre". On nous met dans une structure qui ne nous laisse aucune liberté." Et comme les packs anglais ne sont plus aussi dominateurs...

. La thèse de l'accident

L'an passé, les Français se trouvaient dans la même situation, avec un qualifié sur sept (Toulouse). Il y aura cette saison quatre clubs du Top 14 en quarts. Alors… Les Wasps et Leicester ne resteront pas éternellement en transition tandis que les London Irish finiront bien par s'aguerrir. D'ailleyrs, Northampton a une petite chance de réaliser l'exploit sur le terrain du Munster, qu'il a déjà battu à domicile et qu'il avait mis en difficulté à Limerick. Les jeunes talents que sont Ben Foden, Chris Ashton, Dylan Hartley ou Courtney Lawes sont porteurs d'espoir.

. Quelles conclusions pour le Tournoi ?

Ce ne sont pas les résultats des clubs mais les performances pathétiques du XV de la Rose qui interpellent. Son entraîneur, Martin Johnson, est menacé en cas de nouvelle contre-performance dans le Tournoi que l'Angleterre n'a plus remporté depuis 2003. Les tests-matchs de novembre ont été indigents avec deux victoires seulement en cinq matchs. Mais il importe de ne pas enterrer les Anglais. Donnés battus, ils réagissent en général avec brio, comme ils le firent lors du Mondial 2007. Les Français, battus en demi-finale de "leur" Coupe du monde et lors des trois derniers Tournois alors qu'ils étaient favoris, l'ont appris à leurs dépens.

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