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"Johnny est majeur et assez grand pour savoir ce qu’il peut faire..."

"Johnny est majeur et assez grand pour savoir ce qu’il peut faire..."

Le 09/02/2021 à 17:05Mis à jour Le 09/02/2021 à 17:45

TOURNOI DES 6 NATIONS 2021 - Sorti face au pays de Galles (21-16) en raison d’une suspicion de commotion cérébrale, Jonathan Sexton assure pouvoir tenir sa place contre le XV de France, dimanche à l’Aviva Stadium. Plus que jamais, la santé du demi d’ouverture irlandais interroge même si les Bleus balayent toute polémique.

La séquence est devenue une bien triste habitude. 70ème minute de jeu, dimanche dernier sur la pelouse du Principality Stadium de Cardiff. Victime d’un choc à la tête en heurtant le genou du troisième-ligne du pays de Galles Justin Tipuric, Jonathan Sexton (35 ans, 94 sélections avec l’Irlande) a été contraint de quitter ses coéquipiers en raison d’une suspicion de commotion. Ce dernier est toutefois passé outre le protocole commotion à l’issue de la rencontre. Si le demi d’ouverture du Leinster Rugby s’est voulu rassurant en déclarant "se sentir bien", cette nouvelle sortie inquiète et suscite un début de polémique.

"Si j’avais vraiment eu un K.-O, j’aurais sans doute laissé ma place ce week-end…"

Jonathan Sexton doit-il tenir sa place, dimanche, face au XV de France ? Son entêtement à poursuivre la compétition malgré une série de K.-O n’est-t-il pas synonyme d’inconscience ? "Si la personne est commotionnée, qu’elle a été K.-O et qu’elle a subi plusieurs chocs sur la tête, ce n’est pas bien. On commence à connaître les dégâts que cela peut avoir…", insiste le talonneur Julien Marchand. Et d’ajouter : "Mais personne n’est à sa place. On ne sait pas ce qu’il a exactement. Peut-être qu’il a juste subi un choc à la tête et que ça va. Tout ce process est très délicat. Personnellement, si j’avais vraiment eu un K.-O ou un très gros choc, j’aurais sans doute laissé ma place ce week-end. On a très mal à la tête."

"Si un joueur prend la décision de rester sur le terrain, c’est que les médecins lui en donnent la possibilité"

Représentant des joueurs à l'IRPA (International Rugby Players Association) pour défendre la santé des joueurs auprès de World rugby, Jonathan Sexton véhicule-t-il, en s’obstinant à vouloir jouer, le bon message ? "Aujourd’hui, on a des staffs médicaux qui nous surveillent, des médecins indépendants de match qui ont les images en temps réel. Concernant Johnny, il est majeur, il a énormément d’expérience. S’il décide de rester sur le terrain, c’est qu’il s’en sent capable. Avec tout le recul qu’on a sur les commotions, si un joueur prend la décision de rester sur le terrain, c’est que les médecins lui en donnent la possibilité. Derrière, il est assez grand pour savoir ce qu’il peut faire", souligne l’arrière du XV de France Brice Dulin, qui a évolué une saison (2014/2015) avec Sexton sous les couleurs du Racing 92.

"Tous les signes indiquent que Johnny va commencer"

En 2014, le trois-quarts centre tricolore Mathieu Bastareaud avait terrassé l’Irlandais sur une percussion au Stade de France, tout comme Louis Picamoles, auteur d’un plaquage dévastateur sur l’ouvreur du XV du Trèfle lors de la Coupe du monde 2015. Malgré les réserves de plus en plus grandes du corps médical, inquiet des séquelles à long terme, et douze semaines de repos, Sexton avait repris la compétition. Mais l’histoire ne cessera de se répéter. Le 23 janvier 2016, il était une nouvelle fois victime d’une commotion cérébrale contre les Wasps. Ce mardi, dans les colonnes de l’Irish Mirror, l’entraîneur de La Rochelle Ronan O’Gara déclarait que « tous les signes indiquent que Jonny va commencer » face à la France. Mais à quel prix ?

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