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Top 14 - Toulouse-Stade français (présentation) - Danty: "Mon avenir sera peut-être radieux..."

Danty: "Mon avenir sera peut-être radieux…"

Le 03/10/2014 à 23:00Mis à jour Le 04/10/2014 à 13:55

Décisif depuis le début de la saison avec le Stade Français et convoqué par Philippe Saint-André, Jonathan Danty (1,81m, 93 kg) s’est imposé dans le collectif parisien. A 22 ans, le trois-quarts centre veut désormais étoffer son jeu pour s’offrir un avenir en Bleu…

Comment avez-vous vécu cette convocation un peu particulière en équipe de France (il a remplacé en plein stage Wesley Fofana, ndlr) ?

Jonathan DANTY: C’est difficile à prendre. On dit que c’est par défaut, en raison de la proximité avec le CNR de Linas-Marcoussis. Mais dans le même temps, cela démontre que j’étais un minimum suivi. J’ai eu une conversation avec Philippe (Saint-André) qui m’a confié qu’il m’avait un peu regardé la saison dernière et que cette saison il avait vu mes performances, notamment à Toulon (victoire du Stade Français, 28-24). Il a discuté avec Gonzalo (Quesada) juste avant de m’appeler pour lui dire qu’il était intéressé de me voir à ce niveau-là pour se faire un avis. J’ai cru comprendre qu’il souhaitait voir un nouveau joueur dans la mesure où il connait déjà Gaël Fickou et Florian Fritz. Ce n’était peut-être pas mon heure avant mais là, c’est que du bonus.

Comment avez-vous abordé l’opposition de mercredi après-midi ?

J.D: Je ne l’ai pas vraiment appréhendé. Même s’il avait fallu plaquer toute l’après-midi et mettre le bouclier, je l’aurais fait à fond. Mais ce qui m’a fait bizarre sur le moment, c’est que j’ai tourné avec les autres centres (Lamerat, Mermoz et Bastareaud). J’ai attaqué et défendu comme les autres et j’avais l’impression d’être dans le groupe depuis le début. Ça me semblait presque normal d’être là. C’était perturbant mais j’ai essayé de ne pas me prendre la tête pour le vivre à fond.

" Ce n'était peut-être pas mon heure avant mais là, ce n'est que du bonus"

La porte de l’équipe de France est désormais entrouverte…

J.D: C’est difficile à dire. Je sais bien que personne n’est installé mais je ne vois pas pourquoi ils se tourneraient vers moi sachant que je ne figure pas dans la liste de 74 joueurs. Je dois être le septième ou huitième choix à mon poste. Je ne me pose pas la question. On verra bien ce qui arrive. Je n’ai pas vraiment eu d’entretien individuel. Je suis un peu dans le flou sur leurs attentes. Je ne vais pas me dire tous les jours : faut que j’y sois ! Si ça n’arrive pas, je travaillerais encore plus pour y retourner.

Quel regard portez-vous sur votre jeune carrière, depuis vos débuts en 2011 contre Montpellier (il avait marqué un essai, ndlr) ?

J.D: Au début, Michael Cheika ne me faisait pas vraiment confiance. Quand on passe au niveau supérieur, ça demande un temps d’adaptation. C’était un peu compliqué mais avec la Coupe du monde, il y avait des places à saisir. C’était exceptionnel pour les jeunes. Après, sur ces trois ans, j’ai connu une saison blanche (2012/2013) avec une rechute de mon épaule droite. La saison dernière, c’était la première fois que des coaches (Jeff Dubois et Gonzalo Quesada) m’aidaient sur la vision du jeu, les leurres, les courses… J’ai beaucoup progressé à leur côté à l’image de Hugo (Bonneval) et Jules (Plisson).

" Je ne veux pas être enfermé dans un rôle de perce-muraille"
Jonathan Danty (decembre 2013)

Jonathan Danty (decembre 2013)Icon Sport

Gonzalo Quesada nous confiait qu’il souhaitait entretenir votre flamme…

J.D: Je suis ravi de l’apprendre ! Je suis en confiance. Je vis bien avec ce groupe.

Comment définiriez-vous votre style ?

J.D: Mon rôle privilégié est surtout de percuter. Je ne porte pas vraiment d’intérêt à la finition. Je préfère largement faire marquer. J’aime mettre l’équipe vers l’avancée en jouant juste. Mais je ne veux pas être enfermé dans un profil de perce-muraille. Pour progresser techniquement, j’ai regardé les matches internationaux, surtout Ma’a Nonu. Dans son registre, c’est le plus complet.

La comparaison avec Mathieu Bastareaud vous dérange-t-elle ?

J.D: C’est un joueur que je regarde aussi, dans ses courses et ses leurres. C’est impressionnant ce qu’il fait à l’impact. La comparaison existe depuis déjà trois saisons. Ça pourrait créer des conflits entre lui et moi mais il sait très bien ce que j’en pense. Il n’y a pas de concurrence entre nous. Mathieu est en équipe de France depuis 2009. Je sais que ça va être compliqué d’être à son niveau mais avec le travail, on peut arriver à tout.

Vous vivez un début de saison euphorique. On vous sent vraiment épanoui…

J.D: J’essaye d’être dans la continuité de la saison dernière où j’ai eu la chance de ne pas trop me blesser. Je suis heureux à Paris, avec mes potes. Je suis un peu l’outsider qui fait de son mieux. Je veux continuer à jouer sans me poser des questions. Je sais que je dois encore progresser physiquement, sur mon cardio. Et j’aimerais bien étoffer mon jeu, pouvoir jouer tous les ballons sans forcément percuter pour déstabiliser les défenses. Si un jour j’arrive à être aussi complet, mon avenir sera peut-être radieux (sourire).

L'avis de Gonzalo Quesada, directeur sportif

"On va surveiller Jonathan pour conserver sa flamme, l’entretenir. On veut qu’il apporte du kérosène dans l’épanouissement de l’équipe. On est très fier de lui. Depuis deux ans, il a beaucoup travaillé sur ses limites physiques et techniques. C’est génial de voir qu’il enchaîne les matches et que le sélectionneur a un œil sur lui. Comme Mathieu Bastareaud, c’est un gamin adorable avec un cœur énorme, un état d’esprit transparent, naïf. Mais aucun des deux n’aime être comparé à l’autre et il faut les respecter".

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