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Michael Cheika, le messie australien?

Cheika, le messie australien?
Par Ivan Petros via AFP

Le 22/10/2014 à 16:08

L'Australien Michael Cheika, nommé sélectionneur ce mercredi, va devoir endosser le costume d'homme providentiel auprès de Wallabies en situation bien précaire, à dix jours de la tournée en Europe et à moins d'un an du Mondial en Angleterre.

Il ne fallait plus tarder: dans deux jours, 33 Wallabies s'envoleront pour le Vieux continent, orphelins de leur entraîneur Ewen McKenzie, empêtré dans un scandale extra-sportif qui l'a poussé à une démission tonitruante samedi dernier. La Fédération australienne (ARU) était donc engagée dans une course contre la montre dont l'issue n'a rapidement plus fait de doute étant donné les délais. Auréolé de sa victoire dans le Super XV 2014 à la tête des Waratahs, Michael Cheika, 47 ans, est apparu comme un successeur naturel. Les négociations ont abouti quand l'ARU lui a concédé la possibilité de continuer à entraîner en parallèle la franchise de Sydney.

Cheika: "Un véritable honneur"

McKenzie avait paru engager les Wallabies sur la voie du redressement dans le contenu, mais les résultats sont restés en demi-teinte (11 victoires en 22 matchs), donnant ainsi la mesure de la tâche de Cheika. Il n'aura que huit matchs avant d'aborder le Mondial en Angleterre, avec l'objectif de mettre de l'ordre dans le jeu mais aussi dans les comportements d'une équipe régulièrement minée par des déboires hors du terrain. "Tout ira bien", a rassuré l'ancien troisième ligne d'origine libanaise, admettant que "cette opportunité unique de faire la différence" était impossible à refuser. "Je n'aurais jamais imaginé me retrouver dans cette situation. C'est un véritable honneur, a poursuivi Cheika. Je n'ai jamais joué pour les Wallabies, donc avoir l'occasion de les entraîner et incarner cette responsabilité au nom des Australiens est très touchant pour moi".

Avec Larkham et Foley dans son staff?

Il faudra aussi gérer les répliques, en termes d'image et de cohésion, du séisme provoqué par la démission de McKenzie, écoeuré par les rumeurs lui prêtant une relation extra-conjugale avec la responsable commerciale de la Fédération australienne, Di Patston. Des bruits nés et amplifiés par l'altercation ayant opposé début octobre Patston au trois-quarts polyvalent Kurtley Beale, un des protégés de Cheika aux Waratahs mais suspendu jusqu'à nouvel ordre. Réputé pour son caractère tranché et direct, Cheika a d'ores et déjà imposé sa patte en écartant l'entraîneur en charge de l'attaque Jim McKay et celui de la défense Nick Scrivener, tout en nommant pour la tournée de novembre son adjoint aux Waratahs Nathan Gray. En vue de la Coupe du monde, l'entraîneur des Brumbies Stephen Larkham et celui de la Western Force Michael Foley pourraient le rejoindre, dans une tentative de former une union sacrée pour franchir le cap d'une poule très relevée, aux côtés de l'Angleterre et du pays de Galles notamment.

Redonner des couleurs au rugby australien

En filigrane, l'ARU espère aussi que Cheika parviendra à redonner des couleurs au rugby australien, plus que jamais menacé par la concurrence du XIII et du football australien, en imprimant aux Wallabies le même style de jeu porté sur l'offensive que les Waratahs. "C'est très important d'avoir une identité claire, pour que quand nos supporters viennent nous voir ils sachent exactement ce qu'ils vont trouver", a ainsi souligné l'ancien entraîneur du Stade français (2010-2012). Sa réussite passera déjà par une solide série en novembre, qui débutera par un match amical face aux Barbarians à Twickenham le 1er novembre et se poursuivra par des rencontres face au pays de Galles (8), la France (15), l'Irlande (22) et l'Angleterre (29).

Enfin reconnu chez lui grâce à son bail aux Waratahs, l'homme qui avait mené le Leinster au titre européen en 2009 est sur le fil du rasoir, aussi proche de la gloire que de l'abime.

Michael Cheika, époque Stade français (2012)

Michael Cheika, époque Stade français (2012)Icon Sport

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