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Jalibert : "J'ai une relation très forte avec Christophe Urios, j'étais très content qu'il prolonge"

Jalibert : "J'ai une relation très forte avec Christophe Urios, j'étais très content qu'il prolonge"
Par Yanis Guillou via Midi Olympique

Le 19/01/2022 à 08:35Mis à jour Le 20/01/2022 à 16:29

Oscars Midol - En parallèle de la cérémonie de remise des Oscars Midi Olympique à Bordeaux, lors de laquelle il a été récompensé, Matthieu Jalibert est revenu en longueur sur la grande forme de l'UBB, ses ambitions de titre, sa prolongation de contrat, la concurrence avec Ntamack en Bleu et le prochain Tournoi des 6 Nations. Le tout, dans un entretien exclusif.

Félicitation pour votre Oscar Midi-Olympique, qui récompense vos grandes performances en club et en équipe de France.

C'est, je pense, un accomplissement par rapport au travail que je fais depuis le début de ma carrière. Beaucoup de fierté de le recevoir en plus ici à Bordeaux, devant mes coéquipiers, mon staff et ma famille.

À l'instar de l'UBB, vous sentez que vous montez en puissance d'année en année ?

Oui exactement, le club se construit d'année en année, on progresse de jour en jour. Je fais aussi partie de ce projet et en tout cas nous les joueurs, le staff et le président, on fait en sorte que ce club grandisse. On est sur le bon chemin.

Oscars Midol - Matthieu Jalibert (UBB) avec Laurent Marti et Christophe Urios

Oscars Midol - Matthieu Jalibert (UBB) avec Laurent Marti et Christophe UriosMidi Olympique

Vous sentez, avec notamment cette cérémonie, que votre nom a de plus en plus de résonance ?

Je ne sais pas... C'est la première fois que je suis récompensé personnellement donc je ne sais pas comment je vais gérer ! Bien sûr, tout ça est très positif, mais je n'oublie pas aussi que je suis là grâce à l'équipe et que j'ai aussi des coéquipiers qui me permettent d'être à ce niveau.

L'UBB est en tête du classement actuellement et semble irrésistible...

C'est une année pour l'instant incroyable. Après, il reste beaucoup de matchs encore. Il faut continuer mais ça montre que le travail qui est fait chaque jour à l'entraînement porte ses fruits. On voit que le club est régulier depuis trois ans donc c'est ultra-positif. Il ne faut pas s'enflammer et rester dans notre ligne de conduite pour qu'il y ait de bons résultats à la fin de la saison.

" Le groupe a franchi un cap"

Il était question d'une possible Jalibert-dépendance à l'UBB, pensez-vous qu'elle s'est amoindrie cette saison ?

Il n'y a jamais eu de Jalibert dépendance. Je pense que je suis un joueur important mais le plus important, c'est l'équipe. À chaque fois qu'il y a eu des absents de marque cette saison, le collectif a su répondre présent. Il n'y a pas de raison que ça change et on le voit avec la situation actuelle : que je sois là ou non, l'équipe performe.

Cela tient aussi du fait que votre style de jeu correspond parfaitement à l'ADN de l'UBB...

Oui, je suis un joueur qui aime jouer, qui aime l'attaque. Alors forcément, lorsque je suis sur le terrain, j'ai envie que l'équipe autour de moi travaille pour qu'on représente un peu ce jeu. Mais je pense que le staff a bien structuré notre jeu : à l'époque c'était plus désorganisé et maintenant, nous sommes capables de trouver la balance entre l'attaque, l'occupation et la gestion des matchs.

Il y a une osmose particulière entre les joueurs dans ce groupe ?

On est un groupe qui est très fort, qui vit bien ensemble. Forcément, les bons résultats de l'équipe nous permettent d'émerger de faire de belles performances individuelles. Il y a des joueurs comme Cameron Woki, Yoram Moefana, Romain Buros ou Maxime Lucu qui potentiellement peuvent être appelés en Bleu.

Cette saison, vous sentez que l'UBB pourrait être encore plus près du titre ?

Le groupe a franchi un cap. Même l'année dernière, on avait les capacités de gagner ce titre. On est malheureusement tombés sur Toulouse et ça ne s'est joué qu'à quelques détails. Je nous sens capables de gagner un titre. Maintenant, dans le sport, rien n'est jamais fait d'avance. Toute personne qui travaille est un jour récompensé donc j'espère que ça va arriver très vite.

Vous avez prolongé jusqu'en 2025, qu'est-ce qui a motivé ce choix ?

Hormis le contrat et les conditions - parce qu'on ne va pas se mentir, on veut toujours les meilleures conditions - je voulais une équipe compétitive et que le président me rassure sur ses ambitions. Mine de rien, ça fait longtemps qu'il est à la tête du club donc est-ce qu'il en avait pas un peu marre ? Non, il m'a tout de suite rassuré et pour moi, c'est hyper important. La prolongation de Christophe et d'autres grands joueurs à joué aussi. Globalement, je n'avais pas de raison de quitter le club.

" Je pense que pour gagner des titres, on a besoin d'un manager et d'un staff comme on a actuellement"

On vous disait en contact avec le Racing 92, qu'en était-il ?

Moi, je n'ai jamais eu de contact avec le Racing. Mais après, entre agents, on ne sait jamais (sourire).

Vous parliez des prolongations de Guido Petti ou d'Urios, ça prouve la solidité du projet ?

Kane Douglas aussi. Bien sûr. J'avais lu une phrase de Christophe qui disait que dans tous les cas, il fallait conserver les meilleurs joueurs. Et quand on voit que le président est capable de garder le manager, ses meilleurs joueurs, c'est rassurant et ça donne beaucoup de bonnes images pour les années suivantes.

Pour Christophe Urios, vous avez aussi fait pencher sa décision ?

J'ai eu une discussion claire avec lui. On ne s'est jamais caché nos situations. Il est assez grand et je ne pense pas qu'il ait besoin de mon avis pour savoir s'il reste ici ou non. Surtout, le fait qu'il y ait des joueurs importants qui ont signé a joué dans la balance. J'étais très content qu'il prolonge parce que je pense que pour gagner des titres, on a besoin d'un manager et d'un staff comme on a actuellement.

Quelle relation avez-vous avec lui ?

C'est vrai que j'ai une relation très forte avec Christophe. Depuis qu'il est arrivé, ça se passe très bien, avec lui mais aussi avec son staff. Globalement, l'équipe en est très satisfaite. C'est quelqu'un qui pose un cadre et c'est quelque chose dont nous avions besoin à Bordeaux : de la stabilité. Il est très ambitieux, c'est un meneur d'hommes hors-pairs et les résultats parlent d'eux-mêmes.

Malgré tout, il y a déjà quelques départs importants comme ceux de Seuteni et de Lam...

Vous savez comment c'est dans le rugby pro. C'est difficile de pouvoir garder tout le monde entre les situations personnelles, les contrats, etc. Il peut y avoir des déceptions. Ce sont des joueurs importants qu'on perd mais on a aussi ciblé des joueurs dans le recrutement qui, j'espère, pourront compenser ces pertes.

Où en êtes-vous de votre blessure à la cuisse ?

Je suis embêté depuis deux ou trois semaines. J'avais eu une petite déchirure et j'ai continué de jouer dessus. Je ne me suis pas re-déchiré mais j'ai un petit œdème. J'en avais pour dix jours mais on va prendre le temps de bien récupérer, pour éviter de revenir puis de me blesser de nouveau. Quand je reviendrai, je serai à 100% et je pourrai voir plus tranquillement les échéances futures.

" L'association avec Ntamack ? Je ne suis pas déçu, mais je m'attendais à un peu mieux"

À cause de ça, vous n'apparaissez pas sur la liste du XV de France pour préparer le Tournoi...

J'en ai discuté avec Fabien qui avait appris que je m'étais un peu blessé pendant le match. Il m'a demandé clairement ma situation et pour combien de temps j'en avais. Je lui ai dit que dans tous les cas, je ne pouvais pas être à 100% pour la première semaine de préparation et pour moi c'était impensable d'aller à Marcoussis et de me gérer. J'ai eu cette discussion claire nette et précise avec lui, je sais ce qu'il pense, il sait ce que je pense et on verra comment ça va se passer.

D'ailleurs, avec les Bleus vous êtes beaucoup comparés avec Romain Ntamack, comment le vivez-vous à l'orée de ce 6 Nations ?

C'est toujours flatteur d'être comparé avec les meilleurs, je l'ai toujours dit. Romain est un grand joueur, il a fait de très bons matchs notamment celui contre les All Blacks. Forcément, il y aura toujours de la comparaison. Maintenant, je ne monterai pas à Marcoussis avec un rôle précis dans la tête. Je veux donner la meilleure image de moi, montrer au staff que je suis capable de tenir ce rôle et le meilleur jouera, tout simplement.

XV de France - Matthieu Jalibert et Romain Ntamack se font une accolade après l'essai du Bordelais

XV de France - Matthieu Jalibert et Romain Ntamack se font une accolade après l'essai du BordelaisIcon Sport

Vous avez été associé lors de la tournée d'automne, dans un système de 5/8e (à deux ouvreurs). Quelle a été votre sensation ?

C'est un système dans lequel je n'ai pas l'habitude d'évoluer. Lui non-plus, même s'il a peut-être un peu joué avec Toulouse dans ce système-là. Déjà, on devait trouver beaucoup de repères en très peu de temps. Ensuite, l'équipe devait s'adapter, parce que le XV de France ne joue pas non-plus comme ça. Tout n'est pas à jeter mais on a manqué un peu de lien.

" Je donnerai toujours tout pour avoir cette place de titulaire"

Vous êtes déçus du résultat de cette association ?

Non, je ne suis pas forcément déçu parce que c'était intéressant de la tester pour la suite. Il y a des échéances qui vont arriver et peut-être qu'avec des blessures, on va être obligés de s'adapter. Donc c'est important de savoir qu'on peut évoluer ensemble, même sur une fin de match par exemple. Je ne suis pas déçu, mais je m'attendais à un peu mieux.

Vous avez compris le choix du staff de titulariser de nouveau Ntamack à l'ouverture contre les Blacks ?

(Il souffle) On est toujours déçu quand on ne commence pas les matchs. Le système de l'équipe de France, c'est souvent à deux vrais centres donc pour moi, c'était normal qu'on revienne à un système normal. Après, le staff a fait un choix que j'entends. Ça reste leur choix et je dois juste l'accepter et être bon quand je rentre.

Il a une longueur d'avance sur vous ?

Je ne sais pas s'il a une longueur d'avance, mais ce qui est sûr, c'est qu'il a fait un très grand match contre les Blacks. Et tant mieux pour l'équipe de France, qui avait besoin d'un grand numéro 10 ce soir-là. Mais, à chaque sélection, les cartes sont rebattues et moi je donnerai toujours tout pour avoir cette place de titulaire. Et comme je le dis si souvent, je ne veux juste pas avoir de regret.

Tournoi des 6 Nations 2021 - Gaël Fickou et Matthieu Jalibert (XV de France)

Tournoi des 6 Nations 2021 - Gaël Fickou et Matthieu Jalibert (XV de France)Icon Sport

Pour le Tournoi des 6 Nations, qu'attendez-vous du XV de France ?

La victoire n'est pas obligatoire. Mais forcément, c'est un objectif, on a envie de gagner des titres. C'est vrai qu'on a beaucoup plus de pression maintenant, mais il ne faut pas oublier d'où revient l'équipe de France non-plus. On a de bons résultats donc forcément, il y a beaucoup d'attentes et nous-même avons envie de gagner rapidement. Mais le staff fait du bon boulot, le groupe est de qualité donc les résultats vont arriver. Pour ce Tournoi, on reçoit trois fois, on ne se met pas plus de pression que ça.

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