L'Angleterre puis le Japon

L'Angleterre puis le Japon
Par Rugbyrama

Le 28/07/2009 à 20:30Mis à jour

Comme prévu, c'est l'Angleterre en 2015 et le Japon en 2019 qui accueilleront les deux prochaines Coupes du monde de rugby. Bernard Lapasset, président de l'IRB, en a fait l'annonce officielle à Dublin. Ce sera la 2e fois pour l'Angleterre après 1991 et une première pour le continent asiatique.

Il y aura un avant et un après. C'est un jour historique pour le rugby mondial tant le pas qui vient d"être franchi aujourd'hui, va accélérer l'évolution de ce sport. Si le lobbying des différentes fédérations en lice s'est poursuivi jusqu'au tard dans la nuit de lundi à Dublin, l'Angleterre et le Japon ont été respectivement désignés hôtes des Coupes du monde 2015 et 2019. Les deux pays sortent victorieux d'une course de fond entamée un an plus tôt ; elles ont réuni la majorité des 26 voix du Conseil de l'International Rugby Board qui se sont exprimées en faveur des propositions faites par les directeurs de la Rugby World Cup, fin juin, de confier le Mondial 2015 aux Anglais et le suivant aux Japonais. L'Italie et l'Afrique du Sud ont donc été mises hors jeu.

Le destin du Japon et de l'Angleterre étaient liés, indissociables. Ils présentaient des garanties en termes d'infrastructures, d'environnement économique et de perspectives qui dépassaient de loin celles de leurs concurrents. Si la candidature anglaise ne faisait pas l'unanimité, elle a profité du soutien direct apporté au projet japonais. L'Angleterre, le Japon, le Pays de Galles, la France, le Canada, la confédération d'Amérique du Nord, l'Australie et l'Asie ont été rejoints par l'Irlande et la Nouvelle-Zélande. La France était tiraillée entre son intérêt direct (l'Italie lui "offrait" plusieurs rencontres) et son envie de ne pas trahir une deuxième fois le Japon.

Des raisons économiques

L'Angleterre, c'est la promesse d'un mondial "fort au niveau commercial", comme le déclarait Bernard Lapasset, président de l' IRB. En effet, les nombreux stades de football ou de rugby (à l'instar du Millenium, de Twickhenam…) préexistants, ainsi que les bénéfices qu'elle peut générer ont fait la différence. L'Angleterre offre des garanties financières fortes. Le fuseau horaire de la zone Europe est le seul à même de garantir des revenus importants lors de la vente des droits télé. Sans parler des produits dérivés et du sponsoring. Autant dire que la Coupe du monde 2015 sera une affaire très rentable (on parle de deux fois le bénéfice créé par l'édition française de 2007).

Une manne qui servira à renflouer les caisses de l'IRB suite à la coupe du monde néo-zélandaise, qui ne dégagera, elle, pas de bénéficies et risque de mettre l'IRB dans le rouge au niveau financier. Il fallait donc par nécessité un projet rentable pour 2015. Comme le précisait Bernard Lapasset dans Midi Olympique lundi : "Les revenus de chaque Coupe du monde doivent permettre au rugby mondial d'exister par la suite pendant quatre ans. Après le Mondial 2011 en Nouvelle-Zélande il faudra trouver une organisation à la hauteur de cet enjeu." Dont acte.

Se développer à l'Est

Le Japon, qui s'était fait coiffer au poteau par la Nouvelle-Zélande pour l'édition 2011, voit enfin ses efforts récompensés. Cette nomination est une nouvelle victoire pour Claude Atcher, conseiller du président de la fédération japonaise et ancien directeur de la Coupe du monde française en 2007. Il a joué un rôle capital dans ce succès. Le choix japonais est porté par des impératifs économiques et politiques, et s'il a perturbé certains membres de l'IRB, ceux qui l'ont soutenu ont finalement su convaincre du bien fondé de cette ouverture vers l'Asie.

Un changement qui marque encore une révolution dans le monde du rugby, qui s'éloigne ainsi du giron anglo-saxon. Le choix du Japon s'inscrit dans une volonté plus profonde d'installer le rugby à l'échelle planétaire. L' Asie représente en effet un bassin de population immense, qui peut constituer à terme un foyer essentiel dans la démarche entreprise d'extension de cette discipline. C'est donc une première victoire dans cet objectif, en attendant la décision du CIO concernant le retour du Rugby à VII aux Jeux Olympiques, le 13 août prochain.

Contenus sponsorisés
0
0