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Et Montpellier chavira...

Et Montpellier chavira...

Le 24/06/2022 à 23:21Mis à jour

TOP 14 - Place de la Comédie et la Brasserie du GGL Stadium, le Bleu et Blanc des Cistes aura envahi les endroits historiques de la cité héraultaise avec ses nombreux supporters venus encourager à distance leurs protégés. Les Cistes auront rempli leur mission en raflant le Brennus, la liesse dans la ville pouvait débuter...

Entre les habitués, les fidèles depuis l'époque du Stade Sabathé jadis, les passionnés ou tout simplement les curieux, la Comédie comme on la surnomme affectueusement par ici fut prise d'assaut par les amoureux du MHR. Si les souvenirs douloureux des deux dernières finales perdues rodaient insidieusement dans les esprits, l'espoir demeurait de rompre une forme de malédiction et d'ouvrir un nouveau chapitre, une nouvelle ère. La soirée débutait tranquillement, ceux qui voulaient être aux premières loges du grand écran. Ne pas rater une miette vous comprenez.

Et des rencontres savoureuses comme Louise : "Appelez-moi Louisette, sinon nous n’allons pas être amis." Le ton est donné ! Elle poursuit après une gorgée fraîche pour s’hydrater de la chaleur ambiante : "Vous savez, je suis arrivée à Montpellier il y a plus de 50 ans. Ma famille est Basque, alors le rugby hein. Mais je vais vous avouer une chose, ce soir je viens voir la finale sur la place car il fait beau sinon, je serais resté devant mon écran. On y croit aux succès des "petitous"." Le décor est également planté, puis en prenant congés, elle nous glisse malicieusement : "Si Montpellier est champion de France, je sors une bouteille des années 80 de la cave." L’anticipation à ce moment de la soirée était à son paroxysme.

Fulgence Ouedraogo plébiscité

Tandis qu’une brise propice venait balayer les lieux une heure avant la rencontre, l’afflux commençait à se densifier. Le coup d’envoi se rapproche, Yannis et Loïc, deux jeunes Cistes piaffent d’impatience : "On suit le MHR toute la saison. Mais avec le boulot, impossible de monter à Paris un vendredi. On poussera d’ici et on veut le bout de bois. La saison fut géniale, on veut aller au bout !" On nous souffle dans l’oreillette à ce moment, que le monde fourmille encore plus à la Brasserie du Stade. Direction le GGL Stadium. Dans le quartier Ovalie cela ne s’invente pas.

Alors que la moindre apparition de Fulgence Ouedraogo soulève des vivas chez les Cistes, la tension monte. On croise des mâchoires serrées alors que la plupart festoient à la Brasserie qui jouxte le stade montpelliérain. Le Bouclier de Brennus scintille, il attire le regard de tous. Est-ce enfin la bonne année pour les troupes de Philippe Saint-André ? Michel, abonné du club, ne l’exclut pas une seconde à cet instant de la soirée : "On a appris de nos erreurs, j’en suis persuadé. On ressent de la sérénité, on en reparlera dans 80 minutes." Le rendez-vous est pris. D’autant que l’essai d’Arthur Vincent d’entre de jeu décrispe l’atmosphère.

Des essais à la pelle, des émotions aussi

Après un premier quart d’heure de Montpellier tonitruant, l’ambiance est légère. Voire surréaliste. Montpellier maitrise son entame, de quoi rassurer l’auditoire ici présent. Un murmure surgit des tablées, Urdapileta vient d’échouer face aux perches et sur une pénaltouche. Méfiance, le Tarnais est coriace, un peu la bête noire selon l’époque. Mais les Héraultais sont habités. En mission. Les discussions à la Brasserie sont les mêmes : "Tu crois qu’on va tenir le rythme ? L’Argentin c’est un bon, il peut te retourner un match. Paillaugue se tient la jambe, je n’aime pas trop ça."

La pause intervient idéalement. Le score demeure confortable, même si les nuages s’amoncellent au-dessus de nos têtes et font craindre un potentiel orage. Un signe ? Annonciateur d’une lumière venue du ciel et corroborant avec le plus grands des désirs portés par les supporters. Leïla confirme, elle qui est venue surtout profiter de l’ambiance : "On y croit plus que jamais, 3 essais c’est chouette ! Mais on a appris la sagesse et on rester prudent. Mon père m’a toujours dit que le ballon de rugby pouvait être capricieux !" Analyse implacable, on retourne au stand avant le sprint final.

Et le rêve devient réalité

Les minutes tournent, la muraille de Montpellier ne vacille jamais. Insubmersible. Le public y croit. Les larmes de Benoit Paillaugue déchire les supporters. Ils ont compris. Michel revient vers nous, il déclenche le clin d’œil complice. On s’est compris. Ça sent bon, les serveurs s’arrêtent momentanément, ils pigent eux aussi. Ici c’est Montpellier retentit à l’envie, le GGL Stadium à proximité, tremble. La sentence approche, Monsieur Trainini sanctionne la mêlée du CO. Michel jubile mais pas trop. Intérieurement, ça doit bouillir. Le temps paraît suspendu dans les ultimes minutes. C’est terminé, un bruit indescriptible. Montpellier est champion. Pour l’histoire. Et la ville chavira…

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