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Paillaugue : "Je me disais : "Lâche pas, car il peut y avoir une belle fin...""

Paillaugue : "Je me disais : "Lâche pas, car il peut y avoir une belle fin...""
Par Simon Valzer via Midi Olympique

Le 18/06/2022 à 13:12Mis à jour Le 18/06/2022 à 13:39

TOP 14 - Foudroyé par une grave blessure à un genou dès la première journée de championnat, Benoît Paillaugue, l’emblématique numéro neuf du MHR, a relevé son pari fou : être remis pour la fin de saison de son club, qu’il compte quitter de la meilleure des manières avant de rejoindre Toulon.

Comment vous sentez-vous ?

Heureux ! Heureux d’être là collectivement d’abord, car on sait que c’est très difficile d’être dans le dernier carré. Je suis très heureux de voir qu’on s’est payé en finissant deuxièmes. Après, sur le plan perso, c’était un pari. Je me suis blessé dès la première journée du championnat et ma présence aujourd’hui est un exploit. C’est un pari gagné. On ne pensait pas que j’allais rejouer avant la fin de saison. Je prends ça avec beaucoup d’appétit et de bonheur.

Comment avez-vous fait ce pari ?

Dès que je me suis blessé, ma première question a été de demander la durée de mon indisponibilité. Cette blessure était plus grave que la première à l’autre genou en 2018, car le ligament postérieur était rompu également. Le chirurgien m’a d’abord dit entre neuf et dix mois. C’était donc foutu. Et j’ai dit : "non, je reviendrai pour les phases finales." Et j’ai réussi à le faire, et c’est plutôt cool.

Cela a-t-il été plus dur ?

Sur le coup, cela a été aussi difficile à accepter qu’en 2018. Mais ensuite, ce fut plus délicat à gérer parce que j’étais en fin de contrat. J’ai pas mal cogité, beaucoup pensé… sinon, la rééducation a été dix fois plus facile qu’en 2018, pour deux raisons : d’abord parce que je savais où j’allais, mais aussi parce que j’avais l’objectif de rejouer pour la fin de saison. En 2018, je m’étais blessé en mars. Quand j’avais des moments compliqués, je me raccrochais à ça. Je me disais : "lâche pas, car il peut y avoir une belle fin." Ca m’a motivé.

Vous avez trouvé un compagnon d’infortune en la personne d’Arthur Vincent...

Moi, je savais ce que c’était donc j’ai pu l’aider. C’était sa première blessure grave. Il a cogité, aussi mais a travaillé fort. On s’est suivi tout au long de la rééducation. J’avais un mois et demi d’avance, sur lui, donc on ne s’est pas tiré la bourre. De toute façon je lui avais dit d’entrée qu’il ne me rattraperait jamais ! (rires) En revanche, on s’est entraidé. On a passé beaucoup de temps ensemble. C’est aussi une belle victoire pour lui que de se retrouver ici aujourd’hui.

Top 14 - Arthur Vincent a également connu une grave blessure en début de saison

Top 14 - Arthur Vincent a également connu une grave blessure en début de saisonIcon Sport

C’est une belle récompense…

C’est vrai, mais elle sera encore plus belle si, dans deux semaines, on touche au Graal… Mais si vous m’aviez dit ça le jour de ma blessure à Toulon, je ne vous aurais pas cru. Bien sûr, je suis content d’être là. La demi-finale c’est sympa, mais on s’en souvient pas. Et puis l’autre truc, c’est que je pars dans quelques semaines. Après 13 ans passés dans ce club, j’aimerais partir de la meilleure des façons. Donc la demie c’est bien, mais ça suffit pas.

Les bons résultats du MHR aiguisaient-ils votre appétit pendant votre rééducation ?

Bien sûr, cela a été un moteur dans ma rééducation, mais aussi dans ma préparation physique : je voulais revenir à un bon niveau. J’ai travaillé dur pendant de longs mois, alors je prends ce qui m’arrive avec beaucoup de joie.

Avez-vous déjà conscience que cela pourrait être votre dernier match ?

Je mets ça de côté car je n’ai pas envie de m’arrêter en demie. J’espère que mon dernier match sera le 24 juin. Si je commence à me dire que c’est le dernier, je vais cogiter et je n’ai pas envie de le faire.

Quel souvenir gardez-vous des autres demi-finales de Top 14 ?

Pour l’instant, mon meilleur souvenir est la demi-finale de 2011 au Vélodrome, qu’on a gagné contre le Racing. D’abord parce que c’était ma première demi-finale ainsi que celle du club, et ensuite parce qu’on l’a remportée. C’est la plus belle. Le Vélodrome, c’était mythique. A Montpellier, on a pas une terre de rugby mais je peux vous dire que ce jour là, on avait rien à envier à qui que ce soit niveau public.

Comment avez-vous utilisé cette semaine supplémentaire ?

On a eu quelques jours de repos puis on s’est concentré sur nous, sans connaître notre futur adversaire : on a rebossé sur notre dernier match à Clermont, ce qui allait ou pas. On a bossé physiquement aussi pour s’habituer à la chaleur. On a fait des séances courtes mais intenses, même si à Montpellier, il est difficile d’éviter la chaleur.

Vaut-il mieux disputer un barrage ou avoir une semaine de repos ?

Il n’y a pas de vérité : on a gagné la demie en passant pas les quarts et on a perdu une demi-finale en y étant directement qualifié. Mais si on demande aux joueurs, ils préfèrent être qualifiés directement, puisqu’il y a un match de moins à faire pour être champion de France. Nous, on voulait nous qualifier directement.

Sentez-vous le groupe régénéré ?

On a eu pas mal de blessés, et notre effectif n’était plus si étoffé que ça. Donc ça nous arrangeait. Ca nous a permis de soigner les petits pépins de certains ou de travailler encore le cardio pour d’autres.

Qu’avez-vous pensé de la prestation de l’UBB ?

On a retrouvé une équipe alléchante, portée vers le jeu. Il ont fait les trois-quarts du championnat en tête ou dans les deux premières places, donc ils ont dû être déçus de ne pas être qualifiés directement. Ils se sont bien repris avec un gros match : après une première mi-temps poussive, ils ont lâché les chevaux en deuxième et se sont montrés bien au-dessus du Racing. Ils vont vouloir mettre beaucoup de vitesse dans leur jeu avec des joueurs rapides et athlétiques.

Qu’avez-vous pensé de la prestation de Maxime Lucu ?

Il fait une saison remarquable. C’est un sacré joueur. Il a pris la place de Yann Lesgourgues, il fallait le faire. Et il est passé après Baptiste Serin, ce qui n’était pas rien. Il s’affirme de saison en saison. Ce n’est pas un hasard qu’il soit le numéro deux en équipe de France. Il ne me surprend plus, c’est un grand joueur. Et quand il joue bien, il fait très bien jouer son équipe.

On imagine que le MHR a à coeur d’offrir une belle sortie à Fulgence Ouedraogo...

On a tous envie d’offrir une belle sortie à ce mec. Et moi encore plus que les autres parce que j’ai passé 14 années de ma vie avec lui. C’est quelqu’un qui a beaucoup donné pour le club et remporter le bouclier de Brennus serait une belle récompense pour lui. On a jamais ramené de Brennus à Montpellier, et Fufu mériterait d’avoir son nom dans ceux qui ont fini par le faire.

Les Girondins veulent en faire de même pour Picamoles et Trinh-Duc, vos anciens coéquipiers...

Ils ont joué chez nous très longtemps, ils ont été emblématiques du MHR. On les retrouve en demi, ce sont les aléas du sport. Ils sont partis à Bordeaux, et ils sont venus gagner chez nous lors de la phase régulière, donc cette fois ce serait bien qu’ils nous rendent la pareille !

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