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Champions Cup - Galletier : "Avancer en attaque comme en défense, pour moi, c’est ça la rébellion"

Galletier : "Avancer en attaque comme en défense, pour moi, c’est ça la rébellion"
Par Rugbyrama

Le 09/01/2019 à 11:35Mis à jour Le 09/01/2019 à 12:09

CHAMPIONS CUP - Dos au mur en Top 14 comme en coupe d’Europe, les Héraultais n’ont plus de marge de manœuvre. Ils doivent triompher de Newcastle samedi (14h) au GGL Stadium, si possible avec bonus, afin de s’offrir une “finale” pour la qualification à Edimbourg (quatre longueurs de retard sur les Ecossais qui jouent à Toulon) le vendredi suivant.

Et éviter ainsi une élimination européenne prématurée et un cinquième revers à domicile, qui pourraient les plonger plus profond dans la crise de confiance.

Rugbyrama : Quels enseignements avez-vous tiré de l’analyse de votre défaite face à Lyon à la vidéo, la quatrième à domicile en championnat cette saison ?

Kélian Galletier : Nous n’avons pas fait un bon match, mais ça, on l’avait déjà tous vu. C’est une période compliquée mais le groupe essaye tout de même de voir techniquement ce qu’il peut améliorer, car c’est comme ça qu’on arrivera à franchir cette mauvaise passe.

Alors, que pouvez-vous améliorer ?

K.G : Nos libérations de balle qui n’étaient pas très bonnes puisque nous avons eu sept turnovers concédés dans ce secteur sur cette rencontre. Sur notre mêlée et notre conquête en général, nous ne sommes aujourd’hui plus sûrs de cette force. On doit donc s’améliorer là-dessus, comme sur le nombre de ballons perdus au contact, trop important. Nous sommes en bonne voie sur la touche et je suis persuadé que ce sera aussi le cas sur la mêlée samedi. Après, en revanche, je pense que nous sommes capables d’envoyer plus jeu. On est imprécis, mais nous avons mieux déplacé le ballon sur le terrain. Il n’y a donc pas que du négatif.

Toutes ces erreurs basiques ne sont-elles pas le reflet d’une équipe en grand manque de confiance ?

K.G : Si et c’est normal, car la période n’est pas propice à la confiance. Comme pour toutes les équipes, il y a des moments plus difficiles que d’autres.

Comment inverser cette spirale négative (trois victoires sur les neuf derniers matchs) ?

K.G : En gagnant (sourire, NDLR). Il n’y a pas de secret, il n’y a que la victoire qui peut amener de la confiance.

Vereniki Goneva (Newcastle) face à Montpellier en Champions Cup

Vereniki Goneva (Newcastle) face à Montpellier en Champions CupGetty Images

Mais un succès peut-il réellement tout changer pour votre équipe, qui n’arrive pas à enchaîner cette saison ?

K.G : Newcastle est un tournant, mais à partir de maintenant, tous les matchs seront pour nous des tournants. Nous avons grillé beaucoup trop de jokers. Si on veut espérer quelque chose, il faudra enchaîner. Newcastle est un tournant, comme les déplacements à Edimbourg et à La Rochelle.

Quelle sera la marche à suivre samedi ?

K.G : Maintenant, il n’y a plus aucune question à se poser. Il faut tout jouer à fond en livrant le maximum de notre potentiel et de moyens actuels. Et on fera les comptes à la fin. Samedi face à Newcastle puis à Edimbourg, on va jouer une qualification pour les quarts de finale de la H Cup. Ce n’est quand même pas rien ! Le club n’a atteint qu’une fois ce stade de la compétition… (2013, NDLR). Là, nous sommes toujours en lice pour atteindre cet objectif. Alors évidemment, c’est un gros enjeu.

Une défaite face aux Anglais, synonyme d’élimination, pourrait à l’inverse mettre le feu aux poudres…

K.G : S’il y a défaite samedi et je ne veux pas l’imaginer, nous serions éliminés de la coupe d’Europe ça c’est certain. Donc, il ne faut pas perdre. Je le répète, cette compétition est un objectif pour nous.

Comme le Top14, où Montpellier, actuel neuvième à huit longueurs des places qualifiables, n’est pas bien engagé dans la course aux phases finales…

K.G : Oui, mais là nous sommes concentrés sur la coupe d’Europe, le championnat, c’est dans quinze jours.

Champions Cup - Yvan Reilhac (Montpellier) contre Newcastle

Champions Cup - Yvan Reilhac (Montpellier) contre NewcastleIcon Sport

Quand vous repensez au match aller à Newcastle perdu après neuf minutes d’arrêt de jeu (23-20)… Qu’est ce que votre équipe devra améliorer samedi pour triompher ?

K.G : La vérité, c’est que si nous arrivons à tenir un petit peu plus le ballon, on sera beaucoup plus dangereux. Nous tentons des fois des choses presque trop difficiles, dans le sens où on se complique la tâche nous-mêmes. Ça, il suffit de pas grand-chose pour l’améliorer. Je reste persuadé qu’on est capable d’être une bonne équipe.

A l’image de vos séquences offensives face à Lyon, qui ont parfois été très intéressantes malgré une impatience fatale, illustrée par des offloads impossibles…

K.G : Je pense que nous perdons aussi le match comme ça puisque nous encaissons un seul essai sur contre. Du coup, avec autant de turnovers concédés et de ballons lâchés, l’équipe se met seule en difficulté. Mais au fond c’est bien, car c’est quelque chose qu’on peut maîtriser et donc, qu’on peut vite changer.

Faut-il aussi collectivement respecter plus le plan de jeu au lieu de sombrer dans les excès d’individualisme pour tenter de sauver la “patrie” ?

K.G : Oui, mais c’est aussi lié au manque de confiance. Je pense que c’est plus de la bonne volonté qui se traduit parfois par des mauvais choix. Mais les intentions sont là et c’est déjà la base.

Vern Cotter espère une rébellion samedi. Croyez-vous aux vertus de ce levier de motivation souvent exprimé dans la difficulté ?

K.G : Oui, bien entendu ! Mais cela appartient à nous, les joueurs. C’est à nous de savoir ce que nous voulons faire jusqu’à la fin de la saison. On est toujours en passe de se qualifier dans les deux compétitions. Avons-nous l’ambition de disputer des phases finales ? Je sais que oui, après, on est beaucoup d’équipes à vouloir le faire ! La rébellion est essentielle car aujourd’hui on ne gagne pas assez pour avoir d’autres objectifs que celui-ci ! Individuellement, il faut retrouver l’envie de dominer l’adversaire. La vérité vient du terrain. Avancer en attaque comme en défense, pour moi, c’est ça la rébellion.

Appartient-elle avant tout aux cadres de l’équipe dont vous faites partie, ou c’est le lot de toutes les individualités héraultaises ?

K.G : Aujourd’hui, chacun doit faire sa propre analyse individuelle. Savoir s’il peut être plus performant en se comparant avec des périodes où nous étions mieux. Mais c’est certain que ça commence individuellement. Tout le monde peut donner cet exemple. C’est dans ces périodes qu’on se révèle.

Personnellement, vous semblez aussi vivre une période difficile depuis la tournée de novembre avec le XV de France…

K.G : Je pense que l’analyse est simple. Oui, la période n’est pas très bonne pour moi non plus en ce moment. La façon dont je le vis importe peu. L’important est qu’on arrive à avancer collectivement. Je prends ça comme un défi à relever. Dans la vie, il n’y a jamais que des hauts. C’est fait de tumultes et de périodes comme ça. Et tant mieux, aussi non, ce ne serait pas intéressant j’ai envie de dire. Je suis presque dans cette philosophie aujourd’hui.

XV de France - Kelian Galletier

XV de France - Kelian GalletierIcon Sport

Il est important de positiver, mais sincèrement, croyez-vous toujours réellement aux chances de qualification de votre équipe dans les deux compétitions, malgré la réalité des chiffres ?

K.G : Oui, bien sûr ! Pourquoi pas… Et pourquoi on n’y croirait plus ? La saison ne s’arrête pas en janvier, heureusement !

Propos recueillis par Julien LOUIS

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