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TOP 14 - Et dire que Johan Goosen aurait pu se faire virer du Racing 92...

Et dire que Goosen aurait pu se faire virer du Racing 92...

Le 28/06/2016 à 10:50

TOP 14 - Deuxième meilleur marqueur d'essais du Racing derrière Juan Imhoff, Johan Goosen a réalisé une saison époustouflante. Ouvreur, arrière, buteur longue distance, le Sud-Africain a aussi dépanné au centre et s'y est même imposé. Une réussite totale qui était loin d'être gagnée il y a encore quelques mois.

En inscrivant trois pénalités lointaines à des instants clés de la finale de Barcelone, Johan Goosen (23 ans) a bien contribué à faire plonger mentalement les Toulonnais et à amorcer le sacre de son équipe. Demandez au duo d'entraîneurs franciliens quelle est sa part dans cette année estampillée Racing, il vous dira qu'avoir le Sud-Africain dans son effectif "a été une pure bénédiction". Carter, Talès ou les deux étaient blessés ou avaient besoin de souffler ? Pas de problème, Goosen était là ! Dulin fatigué ? Goosen ! Plus de Carter ni de Machenaud sur la pelouse pour buter ? Encore Goosen ! Une pénurie au centre dans le sprint final ? Devinez qui ! Il n'y a jamais joué ? Pas grave, "Bip-Bip" sait tout faire.

"Peu importe sa position sur le terrain, il peut être excellent", assure son compatriote Juandre Kruger. Il est super rapide et peut faire la différence avec ses courses. Il offre aussi une belle option sur le jeu au pied et c'est également un joueur intelligent. Pour moi, Johan est probablement un des meilleurs joueurs de rugby au monde et il doit rejouer pour les Springboks (il compte 6 sélections avec l'Afrique du Sud, NDLR). Mais son plus grand talent est sûrement d'avoir su revenir en grâce après avoir touché le fond dans l'estime de ses coaches.

Johan Goosen (Racing 92) - 2 avril 2016

Johan Goosen (Racing 92) - 2 avril 2016AFP

Labit lui avait posé un ultimatum

Difficile de croire dans ce concert de louanges des plus légitimes qu'il fut un jour le vilain petit canard. Petit rappel. Arrivé au club à l'été 2014, il réussit des premières semaines pleines de promesses avant de disparaître des feuilles de match. La raison, Laurent Labit l'évoque en fin de saison dernière, avec des propos très durs pour son joueur. "On attend plus de sérieux de la part d'un garçon de son âge. On lui a laissé le temps de s'intégrer les six premiers mois car il est jeune, mais il y a des choses qu'un professionnel doit faire et assumer. Il doit se mettre sur les bons rails s'il veut jouer. Il a encore deux ans de contrat avec nous. Il sait qu'il doit rectifier le tir, sinon il y a de grandes chances qu'il ne soit plus là la troisième année". L'avertissement est violent, le jeune homme en sursis.

"Il a été victime d'un choc culturel en arrivant et était secoué sur ses bases", précise l'ancien journaliste Ian Borthwick, à l'époque responsable de la communication du Racing et professeur de français pour les joueurs étrangers. "Il n'était pas bien dans ses pompes et il a fait un rejet de tout ce qui était français. Il ne voulait pas faire l'effort d'apprendre la langue. Il ne voulait pas aller aux cours, se faisait chambrer pour ça et en a payé le prix". "Quand tu viens d'Afrique du Sud et que tu débarques ici, tu es loin de ta famille, de tes amis et du cadre de vie que tu as pu connaître là-bas", poursuit le troisième ligne Antonie Claassen. "Il aimait ses grands espaces, sa nature, donc forcément le changement a été important et pas forcément évident pour lui en région parisienne".

Johan Goosen (Racing 92) face à Gaël Fickou (Toulouse) - 11 juin 2016

Johan Goosen (Racing 92) face à Gaël Fickou (Toulouse) - 11 juin 2016Icon Sport

Bien dans sa tête, bien dans ses pompes

Forcé de revoir son comportement, Goosen s'est muré dans le travail, a mis un voile sur son spleen et est revenu changé. "À l'intersaison, il a mûri et changé d'optique et d'attitude", confirme Ian Borthwick. "Il a compris que s'il voulait rester au Racing, il devait faire des efforts pour apprendre le français et s'adapter un peu plus au mode de vie du pays. Et puis en voyant d'autres Sud-Africains comme François van der Merwe ou Antonie Claassen réussir à s'intégrer et communiquer, il a dû se dire : "Zut, je rate quelque chose"".

Des efforts vus et entendus par Laurent Labit, qui lui a accordé une seconde chance et ne l'a pas regretté. Bien dans sa tête, responsabilisé par sa paternité récente, Goosen est devenu une sacrée pépite et pourrait retrouver les Springboks au prochain Four Nations. Le temps où il séchait les cours de français semble déjà loin.

Johan Goosen (Racing 92) face à Toulon - 24 juin 2016

Johan Goosen (Racing 92) face à Toulon - 24 juin 2016Icon Sport

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