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Tournoi des 6 nations 2015 - France-Galles (13-20) - Des Bleus si éloignés de la réalité…

Des Bleus si éloignés de la réalité…

Le 01/03/2015 à 10:30Mis à jour Le 01/03/2015 à 10:42

En enregistrant une quatrième défaite face aux Gallois (13-20) sous l’ère Philippe Saint-André, le XV de France a confirmé son inquiétante fragilité. Mais derrière la même litanie d’excuses, les Bleus ne semblent pas toujours mesurer le fossé qui les sépare du plus haut niveau.

Il y eut cette Marseillaise de la 69e minute légendant l’essai de Brice Dulin tel un espoir inattendu. Il y eut, aussi, deux broncas d’une partie de l’enceinte dionysienne après l’essai gallois de Dan Biggar (60e) puis à l’issue de la deuxième défaite du XV de France dans ce Tournoi des 6 Nations (13-20). La quatrième sous l’ère Saint-André face aux Diables Rouges. Et pourtant ! Souvent penauds dans leur smoking, les Bleus, pour la plupart, se réfugient encore et toujours derrière le manque de confiance. "Il faut qu’on s’habitue à certains mouvements, à ce jeu ambitieux qu’on souhaiterait mettre en place", insiste l’arrière Brice Dulin. "Le plus dur à accepter, c’est qu’on est capable de se créer de belles choses. Ce qui me rassure et me fait plaisir, c’est qu’on a continué à essayer des choses. Tout le monde est dans la même optique. Il n’y a toujours les bons choix de fait mais on a tenté, on a amené les ballons au large, on a mis du rythme. Il faut être conscient qu’on peut faire de belles choses. On est en train de prendre conscience de nos possibilités. Mais on est trop gentils avec nos adversaires. On a mal construit notre match".

Dulin: "Ce qui me fait plaisir, c'est qu'on a continué à essayer"

Protégés par le staff, couvés par Serge Blanco, les joueurs du XV de France ont confirmé ce samedi qu’il ne suffit pas d’être de bons camarades pour s’affirmer comme une équipe accomplie. Plus que jamais, la copie rendue est navrante. "On est tous dans le même bateau", glisse le demi de mêlée Morgan Parra. "Il ne faut pas mettre la faute sur quelqu’un. On n’a pas la chance de notre côté. On n’a pas ce que l’on mérite par rapport à notre engagement. On ne domine pas les choses mais je n’ai pas envie de parler d’impuissance. On se dit que ça va payer".

Brice Dulin, l'arrière des Bleus

Brice Dulin, l'arrière des BleusIcon Sport

En-avant, joueurs isolés après une rare prise d’intervalle, les stats favorables aux Tricolores sur les franchissements (5 contre 3 pour les Gallois) et les passes après contact (18 contre 7 pour les Gallois) ne suffisent pourtant plus à masquer le manque de clairvoyance, de talent (?), de justesse technique pour asseoir un jeu et désarticuler une défense. Ce XV de France est-il lucide ? Lucide sur ses manques, sur l’étroitesse de ses possibilités ? "Je n’ai pas ce sentiment-là", confie le demi d’ouverture Camille Lopez. "Sur la première mi-temps, je n’ai pas ce ressenti de fébrilité. Il faut revoir le match. Sur les seuls ballons qu’on a eus, on a quand même tenté des choses dans les derniers mètres. Mais on a des manques. Ma passe (sur l’essai refusé à Yoann Huget, ndlr) est cinquante centimètres en avant. Ce sont des faits de jeu qui comptent énormément. Et à ce niveau-là, il faut concrétiser".

Parra: "Je n'ai pas envie de parler d'impuissance"

Avant deux déplacements périlleux en Italie, où les Tricolores restent sur deux échecs (2011, 2013), puis à Twickenham pour tendre la joue aux Anglais en route vers un Grand Chelem, le XV de France est au pied du mur, menacé par une sérieuse sinistrose. "Si on part dans l’optique qu’on va sombrer, ce n’est pas bon", insiste Brice Dulin. "C’est sûr qu’il y a de la frustration et de la tristesse mais ne partons pas abattu". Il est si difficile ne pas céder à cette triste évidence: ce XV de France semble si médiocre, terne, impuissant, désespérément à sa place ; celle d’une nation végétant au 7e rang de la World Rugby.

"Qu’elle soit à sa place ou pas, on ne peut pas se satisfaire de cela", se défend Thierry Dusautoir. "Mais ça fait un certains temps qu’on ne gagne pas face à ces nations là. C’est un constat d’échec pour nous". Capitaine d’une équipe de France finaliste de la dernière Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, Dusautoir ne veut pas céder à la désolation. "Si je me souviens bien, dans le Tournoi 2011, l’équipe de France n’était pas si grande que cela. Je sais très bien que les choses peuvent évoluer rapidement. Mais il faut qu’on arrête d’être fébriles et que tout le monde s’exprime et joue à son niveau. Il faut arrêter d’avoir des regrets". Ces regrets, éternels et vains lorsqu’il est déjà trop tard…

Morgan Parra en pleine discussion avec Dusautoir, Chouly et Maestri - France Galles - 28 février 2015

Morgan Parra en pleine discussion avec Dusautoir, Chouly et Maestri - France Galles - 28 février 2015Icon Sport

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