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Ils ne l'ont pas volé

Ils ne l'ont pas volé
Par Rugbyrama

Le 13/11/2009 à 17:51Mis à jour

Le XV de France a parfaitement entamé sa série de tests automnaux en dominant l'Afrique du Sud (20-13), à Toulouse. Les Bleus ont largement mérité leur victoire en prenant les champions du monde à leur propre jeu: le combat. Les Boks n'avaient plus perdu face une équipe européenne depuis trois ans.

Cette fois, il se passe quelque chose. Sorti du tournoi 2008 garni de doutes et dépourvu de repères, le XV de France vient en moins de six mois de s'offrir deux victoires en forme de référence face à ce qui se fait de mieux sur la planète rugby. Après leur succès en Nouvelle-Zélande face aux Blacks en juin, les Bleus ont signé ce vendredi soir à Toulouse leur victoire la plus probante de l'ère Lièvremont en battant l'Afrique du Sud (20-13). Victoire d'autant plus prometteuse qu'elle ne se discute pas une seconde, tant les coéquipiers de Thierry Dusautoir ont dominé les champions du monde.

Morné Steyn, en état de grâce auprès de Peter de Villiers depuis les derniers Tri-Nations, a un peu vécu l’enfer à Toulouse ce vendredi. Expulsé dix minutes en raison d’un mauvais geste (39e), l’ouvreur sud-africain a beaucoup manqué à ses partenaires en début de deuxième mi-temps. Ils n’ont pas pu concrétiser leurs occasions au tableau d’affichage pendant son absence et il a manqué un coup de pied facile à un moment clé du match (59e).

Bouchon de Picamoles

Surtout, les Français ont repris l’avantage au score pendant leur supériorité numérique (49e, 14-13). Et ces derniers ne l’ont plus lâché depuis lors, certes brouillons parfois mais animés d’une rage à déplacer des montagnes, sud-africaines et championnes du monde soient-elles. La très bonne copie rendue en mêlée notamment – avec un énorme travail de Fabien Barcella - témoigne de l’engagement mis par les hommes de Marc Lièvremont face au meilleur paquet d’avants de la planète ovale.

Forts de douze ans d’invincibilité sur leur sol face aux champions du monde, les Français voulaient marquer leur territoire d’entrée. Ils le firent. Explosifs sur les impacts – à l’image du "bouchon"de Picamoles sur Burger (3e) -, rudes à l’extrême dans le jeu au sol et même dominateurs en touche à certains instants – premier lancer sud-africain capté par Harinordoquy dès la 10e-, ils monopolisaient la balle en début de match. Dupuy concrétisait cette entame parfaite par une pénalité à la 6e.

Engagement extrême des Français

Mais très vite, les Springboks accéléraient. Pas suffisamment pour exploiter les erreurs de replacement de la défense tricolore mais assez pour profiter du jeu au pied parfois défaillant des Français. Et pour reprendre le dessus en touche aussi. C’est d’ailleurs sur un ballon perdu après un lancer de Servat à 5 mètres que les Sud-Africains inscrivaient le premier essai de la partie (29e). Smit, en fond d’alignement, profitait du lancer mal ajusté du talonneur toulousain pour s’emparer de la balle et s’écrouler dans l’en-but.

A la demi-heure de jeu, les Bleus étaient déjà menés 13-3. Les choses semblaient mal engagées mais cette équipe tricolore a du caractère. Elle trouvait les ressources pour réagir immédiatement. Revenus dans le camp sud-africain pour la première fois depuis de longues minutes, les Français envoyaient Clerc à l’essai après une très belle action collective (31e, 8-13). Puis vinrent le carton jaune de Steyn, la mi-temps, la reprise du score par les Français, leur débauche d’énergie incroyable, une énorme occasion d’essai pour Marty (69e), le deuxième carton jaune springbok de Kankowski (69e), une troisième touche gagnée sur lancer sud-africain (73e), une tentative de drop ratée par Traille (77e), la dernière pénalité, inscrite par Parra (79e), et finalement le coup de sifflet libérateur de Wayne Barnes. 20-13, score final.

Le public de Toulouse a tremblé jusqu’au bout mais ses protégés ont gagné et confirmé les espoirs entrevus lors de la tournée cet été. Les champions du monde, annoncés au sommet de leur art, ne sont décidément pas chez eux en France. Les Bleus sont d’ailleurs leur bête noire, qu’ils n’ont pas vaincue depuis maintenant quatre ans.

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