Top 14 - "On ne peut pas tout changer en deux coups de baguette magique", tempère Patrice Collazo (Montpellier)

Par Simon Valzer et David Bourniquel
  • Patrice Collazo, manager de Montpellier, après la défaite héraultaise contre Oyonnax.
    Patrice Collazo, manager de Montpellier, après la défaite héraultaise contre Oyonnax. Icon Sport
Publié le Mis à jour
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Patrice Collazo regrettait qu'Oyonnax soit parvenu à enfermer son équipe en deuxième période et la facilité avec laquelle les Oyomen avaient pu marquer. Mais il retient aussi les améliorations de son équipe sur certains secteurs clés comme la touche ou la mêlée.

Comment expliquez-vous la défaite de ce soir ?

On a beaucoup joué chez nous en deuxième mi-temps on a perdu le territoire et l’occupation donc on s’est exposés chez nous. Et quand on a voulu ressortir de notre camp, on a fait plusieurs temps de jeu ce qui est risqué face à Oyonnax et la qualité de son jeu au sol. Et quand on est ressorti de chez nous, notre jeu au pied n’a pas été assez efficace. On a relancé de trop loin, et on s’est usés. Ce qui nous met aussi dedans c’est qu’on va dans l’en-but et qu’on ne marque pas. Il y a eu des progrès parce qu’on a retrouvé une discipline parce qu’on fait sept fautes, on a retrouvé une touche conquérante offensivement et défensivement, on a retrouvé une mêlée, on a marqué sur des « drives » (des ballons portés, NDLR.) alors que cela n’était pas arrivé depuis longtemps et que c’est l’ADN du club... On a travaillé fort près des lignes, l’équipe est allée chercher un bonus à la fin, chose que l’équipe n’avait pas faite la semaine dernière. On essaye de forcer le truc sur la fin de première mi-temps mais l’essai est refusé. On a solutionné des choses, mais on a manqué de précision dans nos sorties de camp, etc. C’est peut-être la confiance mais j’ai trouvé que l’équipe avait confiance en son engagement, comme l’a montré l’entame où l’on a marqué d’emblée. Hormis sur des premiers temps où les Oyonnaxiens nous franchissent parce qu’ils sont cliniques, on a bien défendu. Ils ont marqué sur un jeu au pied en profondeur, et ça, ça vient d’un problème de communication. Bref, on a solutionné des choses, mais pas toutes. I il faudra en résoudre d’autres.

L’équipe manque encore de confiance ?

La confiance… Là, c’était sous pression, et chez nous. Chez eux on a été bien. Quand on est allé en touche on a marqué… On a manqué un peu de patience peut-être. On a scoré ce soir. Je trouve qu’on n’a pas maîtrisé notre stratégie de notre camp.

Ne fallait-il pas prendre les points au pied ?

C’est une option. Ce soir, les joueurs ont pris un bonus qu’ils n’ont pas pris la semaine dernière. C’est con ce que je vais vous dire, mais ce soir ils l’ont pris. Alors certes c’est à la marge. Je voulais qu’on reprenne confiance sur les basiques de Montpellier ce soir, la conquête, la touche et la défense. On a retrouvé un contre défensif très performant. On avait mis le focus sur beaucoup de choses cette semaine. On avait demandé de l’engagement et de la discipline, et une énergie collective. On l’a eue, sauf que quand on a été sous pression… Mais on va travailler. Je suis déçu sur le fait que l’investissement des joueurs ne soit pas récompensé.

Y a-t-il alerte rouge au classement, sachant que vous irez à Bayonne la semaine prochaine ?

Il faut prendre des points à tous les matchs. On a rectifié le tir sur des choses, on doit augmenter le curseur sur d’autres. C’est sûr que Bayonne ce n’est pas le meilleur endroit pour se relancer, au vu de leur nombre de victoires chez eux… Mais bon, il faut qu’on y aille.

Pensez-vous que le fait de ne pas avoir marqué à 15 contre 13 a créé un doute ?

Peut-être oui. Et si on avait marqué à chaque fois qu’on était allé dans leur en-but aussi. Mais en deuxième mi-temps, ils nous ont coincés chez nous. On a voulu relancer de notre camp, mais on a été sous pression. On va y aller par touches. Si ça se trouve, on prendra 30 pénalités la semaine prochaine et on ramènera un autre résultat. Il faut rassurer les joueurs sur les changements qu’il y a eus.

Malgré l'apport de leur nouveau staff avec à sa tête Bernard Laporte et Patrice Collazo, les Héraultais ont échoué à se défaire d'Oyonnax.

Le résumé > https://t.co/DDKBIK6UBi pic.twitter.com/7Hx6DnH98c

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) November 25, 2023

Le coup de coude en avant de Chris Farrell ne méritait-il pas un carton rouge ?

Franchement, c’est tellement difficile… Rouge, jaune, il y a tellement de degrés… Les arbitres n’étaient pas d’accord pendant la Coupe du monde, alors on ne va pas leur demander d’être d’accord là. Je ne rentre pas là-dedans, parce que le match ne se joue pas là. Je suis déçu pour Arthur parce qu’il faisait un bon match et que c’est un coup d’arrêt. J’ai trouvé Mr Charabas plutôt cohérent tout au long du match, il n’y a pas de souci.

On sent que vous voulez positiver…

Attention hein, je ne suis pas pour la « positive attitude »…

Non mais on sent que vous voulez rassurer ce groupe qui manque de confiance…

On ne peut pas les stigmatiser tous le temps. Quand on va se revoir lundi, ils vont vite voir là où on a été performants ou pas. En première mi-temps, on n’a pas assez attaqué les couloirs par exemple, mais on ne peut pas tout changer aussi vite. Je ne suis pas pour positiver : la tâche est immense, mais je sais aussi d’où l’on part. Les points à travailler, on les connaît : le jeu sous pression, le sang-froid, la lucidité. Antoine, en trois jours, il a remis le curseur sur la touche : défensivement et offensivement, ça a payé. Les mêlées, on en a fait que dix minutes cette semaine, et on a été cohérents. On avait demandé une ligne défensive solide, on l’a eue par moments. Moins sur les premières phases parce qu’ils sont hyperorganisés autour de Théo Millet.

Vous avez dit qu’il y avait eu beaucoup de focus dans la semaine. Allez vous en mettre autant la semaine prochaine ?

Non en fait il y en avait trois. Discipline, engagement et conquête. Je leur avais dit que si on avait ces trois-là, on ne serait pas loin. On les a mis. S’il en avait manqué un, j’aurais été inquiet. La stratégie, le jeu au pied, quand on est dans le rouge, ce sont les prochaines étapes. Il faudra greffer très vite d’autres choses.

Le problème de cette équipe n’est-il pas dans la tête ?

Je suis d’accord, mais il serait vraiment dans la tête si certains voyants n’étaient pas repassés au vert. Si j’étais inquiet, je vous dirais qu’en touche, c’est chaud, en mêlée, c’est chaud, dans l’engagement, personne ne voulait le ballon… Moi, j’ai vu des mecs impatients de marquer, capable de raser les zones de rucks et pas des mecs qui se cachent. Certains voyants sont repassés au vert, celui du classement est au rouge vif mais franchement pour dire que cette équipe est en déficit de confiance depuis six matchs, faire une séquence qui mène à notre essai à la fin, je me dis qu’elle est capable d’aller chercher quelque chose aussi. Ce soir, je ne les accable pas.

Vous avez contré quatre lancers adverses, comment avez-vous lu la touche oyonnaxienne ?

Antoine (Battut) a modifié un peu le système. On voulait démarrer avec un gros cinq de devant et en faisant redescendre Florian en troisième ligne pour redonner des certitudes sur les ballons portés, et d’avoir une assise en mêlée. Et quand vous avez Flo et Yacouba… en troisième ligne… J’ai eu préparé des matchs contre eux, et ça devient vite compliqué. Antoine a eu trois jours pour travailler. Ce soir, on perd une touche et on a toujours su lancer nos ballons portés depuis les touches. C’est sur ces points forts qui constituent l’ADN de ce club qu’on va reconstruire. Vincent (Etcheto), je le connais depuis longtemps, il aime quand ça joue au ballon mais il n’aime pas la farandole. Il est pour les choses construites, maîtrisées.

On a vu Bernard Laporte sur le terrain lors de l’échauffement, il avait besoin de superviser l’ensemble ?

Bernard ne supervise pas, mais après il a besoin de sentir les mecs aussi. Ce matin, on s’est retrouvé quand on a fait le « preview » du match, il a dit un mot très bref. Avant tout, c’est un technicien. Ok on a l’image du président de la Fédé, mais c’est un technicien. Il a besoin d’être au milieu des joueurs, dans un vestiaire, sur le terrain. C’est un entraîneur. Ça, vous ne le perdez pas, c’est toujours en vous. Toute la semaine, il a eu une justesse d’intervention et puis il y a un staff quoi. Je ne suis pas sûr qu’il ait fonctionné différemment quand il était président de la FFR. À un moment, il peut dire quelque chose technique parce qu’il a une légitimité mais il n’y a pas eu couche et surcouche et surcouche de discours...

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Les commentaires (12)
jmbegue Il y a 3 mois Le 26/11/2023 à 00:05

Le bonnet à Nanard et la tronche de Nanard à la fin du match.... Que du bonheur...

jeanmi66 Il y a 3 mois Le 26/11/2023 à 00:01

En 2013 avec l usap on descend avec 21 internationaux

Clide64 Il y a 3 mois Le 25/11/2023 à 23:53

Tout va être fait pour qu ils soient sauvés ne vous inquiétez pas pour eux .