International – Malakai Fekitoa (Benetton Trevise) : "Le Benetton est un des plus grands clubs d’Europe"

Par Loïc Bessière
  • Malakai Fekitoa lors de la Coupe du monde
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L'ancien centre de Toulon Malakai Fekitoa joue désormais du côté du Benetton Trevise. Il revient sur sa nouvelle aventure italienne, comme sur cette Coupe du monde disputée avec son pays d'origine, les Tonga, lui le champion du monde 2015 avec les All Blacks.

Vous faites vos premiers pas avec le Benetton Trévise (trois matchs, un essai) et dans la vie italienne. Est-ce la dolce vita pour vous ?

Je suis très excité d’être là, et heureux d’avoir pris cette décision. J'ai toujours voulu venir pour découvrir la vie et le rugby en Italie. J’ai beaucoup de chance d’avoir eu cette opportunité de venir ici. Et depuis le début, ma famille apprécie d’être en Italie. J’attends avec impatience la suite de la saison et les années à venir !

Quels sont vos objectifs pour cette saison et celles à venir ?

Je veux que nous finissions aussi haut que nous le pouvons en championnat car nous avons une très bonne équipe, beaucoup de nos joueurs sont des internationaux italiens. Nous sommes capables de remporter le championnat et vous savez que c’est possible ! Nous avons juste à croire en cette équipe, à ses structures, à son système et aux joueurs qui la composent.

Justement, la Squadra Azzurra et les deux clubs italiens de l’URC, le Benetton Trévise et les Zebre de Parme, sont souvent raillés pour leur niveau en deçà des attentes. Avez-vous été surpris du niveau sur place ?

Certains ne respectent pas le Benetton Trevise, mais c’est un des plus grands clubs d’Europe. Tu sais, le rugby en Italie va dans le bon sens ces dernières années, il évolue énormément. Je sais qu'il y a quelque chose à travailler et je sens qu'il y a quelque chose à aller chercher et j'espère que ce sera le championnat ! Et en plus le groupe est très jeune. C’est d’ailleurs la première fois que je me retrouve à être un des plus vieux de l’équipe… C'est bizarre, il n’y a pas longtemps j’étais encore un des plus jeunes mais le temps passe vite quand tu t’amuses et que tu joues. Je suis probablement reconnaissant d'être encore en train de jouer mais vient un temps où il faut aussi partager son expérience et aider l'équipe, surtout les plus jeunes, à exceller dans leur rugby. Ça me fait bizarre, mais j’y crois ! Les entraîneurs me disent de continuer à jouer avec le meilleur niveau possible tout en aidant l’équipe de diverses manières.

Another really good WIN at home \ud83d\udc9a? pic.twitter.com/mpPdqDP3er

— Malakai Fekitoa (@MalakaiFekitoa) November 11, 2023

En trois ans, vous avez connu trois clubs : les Wasps, le Munster et donc Trévise. Est-ce difficile de bouger si souvent pour votre famille et vous ou prenez-vous ça comme une opportunité d’explorer de nouveaux pays, de nouvelles cultures, de nouvelles visions du rugby ?

C’est toujours dur de bouger, surtout lorsqu’il faut changer de pays. Mais je sais que je ne jouerai pas éternellement au rugby, donc j’accueille cela de manière positive. Je veux continuer à évoluer à un niveau intéressant et à découvrir de nouveaux championnats et de nouvelles cultures avant d’arrêter ma carrière. Donc je nous trouve privilégié avec ma famille.

Un mois après la fin de la Coupe du monde pour les Tonga, quel bilan faites-vous de votre parcours ?

Comme vous le savez, nous étions attendus au tournant. Nous avions des joueurs de qualité et nous voulions bien faire les choses, réaliser quelque chose de spécial pour notre pays. Mais nous étions dans la poule de la mort avec trois des cinq meilleures équipes du monde : l’Afrique du Sud, l’Irlande et l’Écosse. Ce n’était pas aisé mais nous avons eu le sentiment que nous aurions pu faire mieux. Mais bon, c’était une sacrée expérience, nous avons joué avec notre cœur. Nous avons fini avec une victoire à l’arraché contre la Roumanie mais cela nous permet de replacer notre petit pays sur une carte.

Beaucoup ont profité de l’exposition de la Coupe du monde pour demander haut et fort que les nations dites du tiers 2 jouent davantage contre celles du tiers 1 pour progresser. Pensez-vous qu’en affrontant plus régulièrement des grandes nations, les Tonga progresseraient davantage ?

Bien sûr ! Je pense que tout le monde est d’accord avec ça ! Vous savez, plus nous jouons contre des nations du tiers 1, plus nous nous améliorons. De plus, en augmentant nos matchs contre ces grands pays, nous aurons plus de soutiens financiers, cela fera venir des sponsors pour notre fédération… La stabilité pour notre sélection viendra si nous commençons à jouer les meilleures équipes du monde, et j’espère voir ça un jour… Et, si possible, pendant que je joue encore avec les Tonga.

A lire aussi : Coupe du monde de rugby 2023 - Dans le nid des Aigles du Pacifique : reportage avec le Tonga

Pensez-vous que la franchise des Moana Pasifika aide les jeunes tongiens à progresser ?

Oui, mais il y a un long chemin à parcourir. Ils ont besoin des bons joueurs au top de leur forme et des bonnes personnes dans leur staff pour les encadrer. C’est la base du développement, avoir les bonnes personnes qui prennent soin des joueurs et qui créent un système qui fonctionnera pour les gars afin qu'ils puissent être en mesure de bien figurer en match.

Une éruption a causé beaucoup de dégâts dans votre île natale en 2022. Vous aviez lancé une cagnotte pour contribuer aux reconstructions, est-ce que la situation sur place s’est améliorée ?

Tout s’améliore lentement. Évidemment, cela prendra du temps de tout remettre sur pied. Rebâtir prendra des années et des années.

Thank you \ud83c\uddeb\ud83c\uddf7 for the incredible experience @rugbyworldcup

Au revoir // Mālō ‘Aupito ?\ud83c\uddf9\ud83c\uddf4 pic.twitter.com/6kdGnOdwq2

— Malakai Fekitoa (@MalakaiFekitoa) October 10, 2023

Comme de nombreux Fijdiens, Samoans ou Tongiens, vous êtes parti jeune en Nouvelle-Zélande pour jouer au rugby, sans parler anglais. Comment avez-vous vécu cela ?

Partir de chez soi, c’est la chose la plus dure dans une vie ! Tu es jeune, tu laisses ta famille derrière toi, il y a la barrière de la langue… Mais nous, nous voulons simplement donner une meilleure vie à nos familles et être au niveau professionnel, trouver un club et jouer des matchs. Je pense que nous n’avons pas le choix et cela nous rend plus fort, au final, de partir de chez nous et jouer à ce niveau-là.

Vous avez joué dans de grands clubs en Europe, pour les All Blacks et vous avez habité dans des grandes villes européennes. Songez-vous, parfois, à votre enfance sur votre île du Pacifique où vous deviez chasser et pêcher pour manger ?

Écoutez, on ne l’oublie pas, que ce soit ma famille ou moi. C’est pourquoi j’essaie toujours de bien jouer et de rendre fiers les membres de ma famille et, pour moi, de m'assurer que j'ai une stabilité avec ma famille et de les soutenir chaque fois que je le peux. C’est ma raison d’être. De temps en temps, je me rappelle que je suis reconnaissant d'être là où je suis.

La finale de la Coupe du monde était la dernière sous le maillot à la fougère d’Aaron Smith, de Brodie Retallick et de Sam Whitelock, deux légendes des Blacks, que vous avez côtoyé en sélection. Qu'est-ce que cela vous fait de vous dire qu'on ne les rêvera plus jamais avec la Nouvelle-Zélande ?

Vous savez, ces mecs ont fait tellement pour ce sport en Nouvelle-Zélande, cela fera bizarre simplement de ne plus les voir avec les All Blacks. Mais, comme dans toutes les équipes, je suis sûr qu’il y aura un autre Aaron Smith, un autre Brodie Retallick et un autre Sam Whitelock qui émergeront, qui feront l’affaire et qui deviendront eux aussi des joueurs géniaux. Je pense que la Nouvelle-Zélande à un réservoir suffisant et nous sommes impatients de voir tous ces jeunes joueurs s'épanouir.

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Les commentaires (1)
Othenan Il y a 3 mois Le 22/11/2023 à 08:13

"Le Benetton est un des plus grands clubs d'Europe" et même du monde entier en attendant mieux.