• Antoine Dupont face à l'Angleterre, lors du Tournoi des 6 Nations 2022.
    Antoine Dupont face à l'Angleterre, lors du Tournoi des 6 Nations 2022. Icon Sport - Icon Sport

XV de France - Comment le Stade toulousain gère Antoine Dupont et ses Bleus

Le | Mis à jour

XV DE FRANCE - Le temps de jeu des internationaux est suivi de près par le staff du XV de France et Thibault Giroud s'inquiète du niveau d'intensité à maintenir pour un joueur comme Antoine Dupont. S'il se trouve dans la moyenne d'utilisation des Bleus qui n'ont pas été blessés, le capitaine du XV de France - comme plusieurs de ses coéquipiers toulousains - a bénéficié de trois semaines de repos complet depuis le début de saison. Une volonté de son club.

Dans les colonnes de Midi Olympique ce lundi, le directeur de la performance du XV de France Thibault Giroud a évoqué l'état de fraîcheur des internationaux français à moins de huit mois de la Coupe du monde et leur utilisation dans les clubs depuis le début de saison. Il s'est notamment attardé sur le cas du demi et capitaine des Bleus Antoine Dupont : "Sa suspension pour le match contre le Japon a été un mal pour un bien, car l’équipe de France a dû faire sans lui. C’est bien d’avoir plusieurs scénarii afin de tous les tester. Après, je vais être très honnête avec vous : si la Coupe du monde était dans deux ans, je vous dirais que je serai très inquiet pour Antoine. Arriver à maintenir ce niveau d’intensité… (il grimace) C’est bien que le Mondial soit dans huit mois. Mentalement et physiquement, jouer 2000 minutes par an à son niveau, tu ne peux pas le reproduire pendant dix ans".
 
 
L'intéressé parle donc du niveau d'engagement que met Dupont sur un terrain. Pour ce qui est du temps passé en match, il y a en revanche de quoi relativiser. Alors que la moitié de la saison (en Top 14) a été dépassée, le joueur totalise 1021 minutes toutes équipes et compétitions confondues (Toulouse et XV de France), soit moins que Grégory Alldritt (1162), Cameron Woki (1125), Damian Penaud (1105), Anthony Jelonch (1096), Maxime Lucu (1080), Yoram Moefana (1062) ou Thomas Ramos (1036), et environ autant que Charles Ollivon (1017).

À trois semaines du début du Tournoi des 6 Nations, la gestion des Bleus n'a pas été la même pour toutes les équipes, si l'on reprend le XV de départ qui a affronté l'Afrique du Sud. \ud83d\udcc8\ud83d\udcc9

L'article complet > https://t.co/2gEIHrxKQb pic.twitter.com/ie1HiWXVxu

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) January 15, 2023

 

Une rotation annoncée par le staff

En clair, le numéro 9 tricolore - qui fut suspendu deux semaines après son carton rouge contre l'Afrique du Sud mais n'a pas connu la moindre blessure (contrairement aux Danty, Villière, Fickou, Penaud, Ntamack, Cros, Willemse ou Jalibert pour ne citer qu'eux) - se trouve dans la moyenne d'utilisation des internationaux. C'est aussi parce que le Stade toulousain, comme pour l'ensemble de ses Bleus, a choisi dès l'été dernier qu'il serait géré et bénéficierait de temps de repos.
 
 
Plus que lors du précédent exercice en tout cas, le club ayant fait le constat qu'après une saison à rallonge (marquée aussi par les échéances en sélection et les reports dus à la crise du Covid), plusieurs cadres de l'équipe avaient fini la saison usés physiquement. "On a échangé avec le staff de l'équipe de France et nos joueurs, et on a planté le décor, avait annoncé le manager Ugo Mola fin août. Une rotation est prévue sur des périodes données pour qu'on arrive à ménager nos troupes. Je ferai tout ce qui est en notre pouvoir pour permettre à nos joueurs et au plus grand nombre d'effectuer une Coupe du monde en France."
 
Depuis, le staff des Rouge et Noir se tient à cette logique. Si ses hommes sont aujourd'hui en tête du classement en championnat et premiers de leur poule en Champions Cup, cela ne l'empêche pas de mettre les actes en face des paroles.
 

Trois semaines de repos complet pour Dupont, Marchand ou Jelonch

Il suffit justement de prendre l'exemple de d'Antoine Dupont, cité par Thibault Giroud. En club, il a débuté onze des dix-huit matchs disputés par le Stade toulousain et a été deux fois remplaçant (à Pau et contre Perpignan). Surtout, au-delà de la semaine de vacances obligatoires octroyée aux internationaux, le Pyrénéen a bénéficié de deux autres semaines de repos complet. Voilà qui lui a permis de couper totalement pendant trois semaines depuis l'été passé, ce qui représente un confort considérable pour un des tauliers du XV de France, d'autant plus quand il joue dans une équipe qui affiche de grandes ambitions en Top 14 et en Champions Cup.
 
 
Du côté toulousain, si Cyril Baille, François Cros ou Romain Ntamack ont tous connu des périodes de blessure (comme Peato Mauvaka ou Thibaud Flament aujourd'hui), le talonneur Julien Marchand ou le troisième ligne Anthony Jelonch - autres titulaires indiscutables en équipe nationale - ont connu des plages de récupération similaires à celle de Dupont. A l'instar aussi de Peato Mauvaka ou Matthis Lebel d'ailleurs. "Ugo nous a fait reposer, jusqu'à maintenant, à des moments clés de la saison, expliquait Jelonch la semaine dernière. A chaque fois, le retour sur les terrains s'est bien passé. C'est une bonne chose car les internationaux ont été très bien gérés. Physiquement, c'est bénéfique et la fraîcheur mentale est là aussi du coup."
 
Le seul cas particulier est certainement celui de l'arrière Thomas Ramos, dont la gestion fut rendue plus compliquée par l'absence de Romain Ntamack en septembre et octobre (l'obligeant à prendre son relais à l'ouverture), puis celle de Melvyn Jaminet de mi-octobre à fin décembre. Il a aussi joué les trois matchs de l'automne dans leur intégralité avec les Bleus, ce qui l'a amené à être davantage uitlisé que ses partenaires. Mais il a été suspendu cinq semaines après son expulsion en Champions Cup contre Sale le 11 décembre et sera de nouveau disponible à partir de lundi prochain, soit au moment du rassemblement du XV de France.