• Top 14 - Alexandre Lapandry (Clermont)
    Top 14 - Alexandre Lapandry (Clermont)

"L’objectif est que cela n’arrive plus à d’autres joueurs" : l'avocat de Lapandry réagit

Par Rugbyrama
Le | Mis à jour

FAITS DIVERS - Après les quatre plaintes déposées par Alexandre Lapandry contre X, Jean-Hubert Portejoie, l’avocat de l’ancien flanker s’est expliqué pour Rugbyrama. Me Portejoie évoque notamment les raisons du timing de ces dépôts de plainte.

Clermont est de nouveau attaqué sur le terrain judiciaire. Après la plainte de Jamie Cudmore pour "mise en danger d’autrui" en février 2019, Alexandre Lapandry a décidé de porter quatre plaintes contre X, dont la principale concerne "la mise en danger d’autrui". L’avocat de l’ancien flanker international (13 sélections), Jean-Hubert Portejoie donne les détails du processus. "Quand je rencontre Alexandre Lapandry et qu’il me décrit son vécu avec l’ASM, j’estime qu’il y a plusieurs d’infractions commises avec des degrés de gravité différents. Je relève notamment quatre infractions qui sont susceptibles d’être levées. La plainte principale concerne la mise en danger d’autrui et les blessures involontaires. Ce qui correspond à la période entre octobre et décembre 2020, du moment où M. Lapandry dispute son dernier match face au Stade français, à la découverte de son AVC suite à sa dernière commotion. Il y aurait dû avoir la prudence la plus élémentaire imposée à l’ASM de poursuivre et approfondir les examens médicaux, ce qui n’a semble-t-il pas été le cas".

Absent des terrains depuis plus de 2 ans, Alexandre Lapandry prend sa retraite.

Le 21 novembre, il a été licencié par l'ASM Clermont Auvergne avant de déposer quatre plaintes contre son ancien club. Il revient sur ces deux années en enfer.

Ses propos > https://t.co/cI7epJ3Ii3 pic.twitter.com/axyrQaDWAZ

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) December 5, 2022

"L’ASM n’a pas à avoir la copie de la plainte"

Face à l’escalade médiatique provoquée par ce début d’affaire, Clermont a publié un communiqué indiquant "qu’à l’heure où nous parlons, nous n’avons aucune confirmation officielle concernant ces dépôts de plainte et par conséquent nous n’avons évidemment pas accès au contenu de ces plaintes. Il nous est donc impossible, matériellement, de répondre à ces mises en causes", Jean-Hubert Portejoie explique pourquoi Clermont n’a pas accès à la plainte formulée par Alexandre Lapandry. "C’est la procédure la plus élémentaire. On a déposé une plainte entre les mains du procureur de la République, l’ASM n’a pas à avoir copie de cette plainte. On ne peut pas s’offusquer de ce procédé. Par contre, j'ai appris que Jean-Michel Guillon faisait un début de mea culpa. C’est un début de reconnaissance, et cela a fait du bien à Alexandre Lapandry. Peut-être qu’il n’avait pas suffisamment senti la souffrance de M. Lapandry". En effet, le président de Clermont s'est exprimé dans La Montagne ce mardi, expliquant qu'il n'avait possiblement pas perçu "la profondeur de cette douleur".

La volonté de préserver le club et ses anciens coéquipiers

Quant au timing de la plainte déposée par Alexandre Lapandry, qui n’a plus joué depuis octobre 2020, l’avocat du double champion de France (2010 et 2017) a expliqué que tant que Lapandry était un salarié du club ayant "il avait un devoir de réserve et que sa priorité était de se soigner et de préserver son club et ses anciens coéquipiers. Maintenant qu’il est licencié, il considère à juste titre que sa parole est libre" conclut Jean-Hubert Portejoie qui explique également que l’ancien clermontois n’a aucune motivation financière en déposant ses plaintes.

"Il est conquérant. Alexandre Lapandry aimera toujours l’ASM et les supporters. C’est son club de toujours, et ce n’est pas évident pour lui d’engager des poursuites envers Clermont. Mais c’est aussi une vertu pédgagogique. L’objectif est que cela n’arrive plus à d’autres joueurs" conclut Me Portejoie. Une enquête devrait s’ouvrir dans les jours à venir, et devrait durer plusieurs mois, Alexandre Lapandry et ses conseils vont également saisir le conseil de prud'hommes dans les semaines à venir.

Par Clément LABONNE