Coupe du monde de rugby 2023 - Éliminé, le Tonga a retrouvé une lueur d’espoir face à l’Afrique du Sud

  • Le Tonga a offert une belle résistance à l'Afrique du Sud.
    Le Tonga a offert une belle résistance à l'Afrique du Sud. Icon Sport
Publié le Mis à jour
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Balayée par l’Irlande (59-16), hors sujet face à l’Écosse (45-17), la bande à Tameifuna a montré un visage séduisant dans plusieurs secteurs face aux Springboks. De quoi relancer l’éternel débat sur la compétitivité des nations du Tiers 2.

Ils viennent de grimper trois Everest, en trois semaines. Vous dites ? Le Tonga a joué trois équipes du top 5 au classement IRB, dont deux sur le podium. Pas simple, donc, pour la 15e nation au monde d’exister dans ce Mondial, malgré le renfort de plusieurs ex-All Blacks (Pulu, Fekitoa).

Après les sévères défaites face à l’Irlande et l’Écosse, on aurait mis une pièce sur le fait que les joueurs du Pacifique recevraient une troisième gifle de rang. Si le score est une nouvelle fois corsé (49-18), la manière est encourageante.

Une conquête retrouvée, et des trois-quarts proactifs

S’ils sont restés sur leur standard en termes d’indiscipline avec 13 pénalités concédées, les équipiers de Ngauamo ont levé le curseur en touche. L’alignement, plutôt faiblard face à l’Irlande (4/9, 44%), et l’Écosse (4/7, 57%), a trouvé des solutions notamment en jouant rapidement sur le premier bloc.

Résultat ? Un magnifique 14/15, à 93%. De quoi avoir plus de munitions offensives pour gâter une ligne de trois-quarts inspirée au Vélodrome. En mêlée, le paquet d’avants a rectifié le tir par rapport à l’Écosse (10/13) avec une seule erreur (6/7). "On va dans la bonne direction, a apprécié Kefu. Avant le match, on a dit qu’on voulait réaliser une performance qui rendrait fière nos familles, et nos villages. Je pense qu’on l’a fait."

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Offensivement, les repères sont de plus en plus visibles. Pour la première fois dans cette coupe du Monde, l’Afrique du Sud a encaissé trois essais par l’intermédiaire de "Big Ben" (38e), Inisi (53e) et Pellegrini (73e). Preuve s’il en fallait que le Tonga a eu du répondant sur l’entièreté du choc. "On a vraiment dérangé les Springboks alors qu’ils ont imposé un jeu physique, s’est ravi Tameifuna. On a monté la barre par rapport à nos deux premiers matchs. On les a tenus pendant une longue période, on a mis notre corps sur la ligne. Ce soir, les corps sont douloureux (…), mais je suis fier de tout le monde. Il n’y a pas de regret à avoir."

Un jeu frontal, qui n’a pas toujours été validé par son sélectionneur. "On doit mieux faire avec le ballon, car on a la qualité pour développer un rugby plus équilibré et varié. À la pause, nous avons demandé aux avants de faire confiance aux trois quarts. On s’est mis à jouer des un contre un, et nous avons la qualité pour les gagner."

La Roumanie, puis le vide ?

Dans une semaine, "Les Aigles de Mer" auront une bonne opportunité de s’étalonner face à un adversaire à leur portée. "De manière honnête, ils s’améliorent à toutes les rencontres, a salué le sélectionneur sud-africain Nienaber. Ils ont des garçons qui jouent à Toulouse, au Crusaders. Ils connaissent le haut niveau. Ils savent ce que c’est. C’était un vrai test-match. Ils continueront à progresser et à décrocher des succès. Pour cela, il faut qu’ils jouent contre les équipes du Tiers 1."

C’est bien là où le bât blesse. Le Tonga, comme toutes les nations émergentes, s’apprête à retomber dans l’anonymat d’ici quelques semaines. "Vous verrez qu’on sortira notre meilleure performance contre la Roumanie, a prédit Kefu. C’est toujours la même chose, tous les quatre ans. Une nouvelle fois, on passe une campagne avec plusieurs semaines, et on commence à se comprendre au fur et à mesure."

L’ex-troisième ligne centre a explicité ce qui manque à sa nation, à l’heure actuelle, pour lutter à armes égales. "Avec les nouvelles règles, on a récupéré des talents que l’on n’avait pas auparavant. On a besoin de temps, désormais, pour trouver la bonne alchimie entre les anciens et les plus jeunes. Vous savez, on en revient toujours au même problème : nous devons passer plus de temps ensemble. On doit s’organiser autour d’un programme, pourquoi pas avec la jeunesse des moins de 20 ans, pour élever notre niveau et surtout se mettre à la même page. Face à l’Afrique du Sud, on a réalisé des erreurs d'une équipe appartenant au Tiers 2, notamment en concédant trop de ballons de turnover qui ont mené à des essais adverses. Ça nous prendra plus de temps pour rivaliser face à des équipes telles que l’Afrique du Sud. Mais, pour cela, on doit avoir plus de possibilités de jouer contre eux pour s’élever." Une condition pour éviter de chuter au pied de l'Everest. 

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Les commentaires (1)
Cigale Il y a 5 mois Le 02/10/2023 à 09:17

Quand je pense que l'Afrique du sud n'est toujours pas officiellement qualifié.. quelle groupe de choc.