• Arthur Iturria veut finir en trombe avec l'ASM.
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Top 14 - Arthur Iturria (Clermont) : "Avec Christophe Urios, j'attends de la franchise, ce qui a manqué ces derniers temps"

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TOP 14 - Arthur Iturria revient à la compétition ce week-end, face à Lyon. Le capitaine de Clermont est longuement revenu sur le changement d'entraîneur à l'ASM et espère que tout le club va se rebeller sous les ordres de Christophe Urios.

Arthur, comment s’est passée cette lointaine escapade en Afrique du Sud ?
Il y a pire comme endroit ! J’étais sur une phase de reprise, j’étais en capacité de jouer mais les coaches ont préféré ne pas me faire jouer.

Judicaël Cancoriet ou Lucas Dessaigne expliquaient que cela avait resserré le groupe, vous en tant que capitaine, qu’avez-vous dit à vos coéquipiers durant ce périple ?
Partir un peu loin ressert naturellement les troupes. On s’est dit qu’il fallait que cela serve à ça. Le climat n’était pas très bon au club on était sur une phase de transition. J’ai dit à mes coéquipiers qu’il fallait prendre ce voyage comme une belle opportunité et. penser à autre chose penser à autre chose. C’était important et je crois que c’était bénéfique.

Cette semaine a également été celle du départ de Jono Gibbes, que retenez-vous de son passage ?
On a vu des choses dans la presse qui circulaient le week-end et il y a eu des questionnements. Il n’y a pas de fumée sans feu. Nous avons contacté le président le dimanche soir et on a eu une réunion le lundi matin à 7:30 pour nous dire que Jono allait partir. Je maintiens que c’est un excellent technicien. Il m’a fait confiance quand j’étais plus jeune, il nous a fait gagner donc j’ai un rapport spécial avec lui.

Ce n’est pas un grand communicant… ça m’allait assez bien d’ailleurs (rires). Son poste fait que c’est lui qui est parti en premier, notre actuel entraîneur en a fait les frais plus tôt dans la saison. Je ne pense pas que c’est la faute de Jono, il y avait beaucoup de facteurs qui expliquent notre baisse de résultats. C’est malheureux et je suis déçu pour lui parce qu’il avait à cœur de mieux faire.

Revenu au club en 2021 en qualité d’entraîneur en chef, Jono Gibbes est écarté de ses fonctions avec effet immédiat. Un épilogue devenu inéluctable, ces dernières semaines. Explications. https://t.co/vn1qcGPIcO

— Midi Olympique (@midi_olympique) January 16, 2023


Sentiez-vous une usure dans son message ?
Non je n’ai pas senti d’usure. Je pense surtout que depuis la défaite contre Bayonne c’est compliqué. On a subi deux ou trois autres revers difficiles. On a eu des blessures qui ont fait qu’il n’a pas pu aligner l’équipe qu’il voulait. Jono a fait des erreurs mais on en a fait beaucoup, en tant que joueurs. On n’a pas su faire ce qu’il fallait pour avoir des bons résultats. Son message était compris par la majorité des joueurs, je pense, mais comme je l’ai dit, il est à un poste où il est confronté à ce genre de situation où il est le premier fusible. Le président a fait un choix qu’il assume entièrement, maintenant il faut avancer parce que la saison est loin d’être finie.

Justement, comment avez-vous appris la nomination de Christophe Urios ?
On se doutait qu’il n’y avait pas mille entraîneurs sur le marché. On a eu une visioconférence pour nous l’annoncer. Ça a été vite et c’était une bonne chose. On est obligé d’avancer très vite surtout avec un nouveau coach principal. On a eu un premier rapport avec lui lundi et un entraînement ce mardi.


Il a pris en main le groupe dès ce lundi, était-ce nécessaire qu’il soit tout de suite auprès de vous ?
Totalement. Je pense que pour lui c’était important de s’acclimater, de savoir comment fonctionne le groupe et d’avoir un premier vrai rapport. On reste un sport où il faut garder ce contact humain. C’était bien qu’on l’ait directement à l’arrivée, ça ne nous a pas demandé de grands efforts. On a commencé par un décrassage il nous a expliqué comment il procédait, les lignes de conduite à tenir. C’est clair et précis. Maintenant c’est à nous de se l’approprier et d’avancer.


C’est la première fois que vous vivez une situation où un nouvel entraîneur arrive en cours de saison, qui plus est en tant que capitaine, comment la vivez-vous ?
J’étais blessé pendant cette période donc c’était un peu compliqué car je n’ai pas pu apporter ce que je voulais au groupe. Le départ de Jono m’a vraiment embêté, je l’ai même dit à Christophe. Mais je pars dans quatre mois et je veux très bien finir. Il est hors de question que je parte à la dixième place. Quand je suis arrivé, les anciens ne m’ont pas laissé le club dans cet état. J’espère que le club va aller mieux. C’est ça qui prédomine : la motivation de faire mieux, de finir dans les six.

Serez-vous toujours le capitaine de l'ASM sous les ordres de Christophe Urios ?
Nous n’en avons pas encore discuté. Le capitanat n’est pas la question du jour. On sait qu’il fera jouer les joueurs qui seront le plus volontaires. Si je rentre dans les cases je jouerai et sinon je resterai en tribunes et ce sera logique.

Quel a été le programme du premier entraînement ?
Les structures d’entraînement restent similaires à celles de Jono, on ne voit pas encore sa patte mais c’est normal. Ce qui le caractérise, ce sont des entraînements assez durs, de ce que j’ai pu entendre. Il aura à cœur de faire cela pour que l’on fasse des bons matchs. Il va surtout faire en sorte qu’on soit plus précis. On a laissé filer certaines choses, on est moins précis mais n’importe quel coach l’aurait vu. Mais encore une fois, c’est du 50-50. C’est aux joueurs de mieux s’entraîner et à l’entraîneur de bien nous entraîner.

En septembre dernier vous disiez que la transition était finie à Clermont après la victoire contre La Rochelle. Aujourd’hui vous êtes dixièmes, l’ASM est-elle finalement encore en reconstruction ?
Je ne pense pas. On n’est pas devenus "nuls" du jour au lendemain. C’est ce que j’ai dit à mes coéquipiers. C’est une question de confiance et de se donner un peu plus. Je suis persuadé qu’on n'est pas revenu en arrière car on l’a au plus profond de nous. Mais pour ne pas sombrer il faut prendre les choses entre les mains. On n’a pas le temps de regarder en arrière et gagner tous les matchs possibles.

Le premier entraînement de ?????????? ?????
Le manager des Jaune et Bleu a dirigé cet après-midi sa première séance Rugby ?\ud83d\udd35#YellowArmy
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— ASM Rugby (@ASMOfficiel) January 24, 2023


Votre entraîneur a déclaré qu’il fallait 40 points pour être dans les six, il est donc impossible de perdre à Lyon…
On a une forme de pression qui est juste. C’est à nous de se faire violence. Avec les points laissés à domicile on va devoir gagner à l’extérieur. Ce n’est pas de la prétention, c’est juste nécessaire. Il faudra qu’on aille chercher cela.

Christophe Urios a beaucoup parlé de leadership lors de sa présentation, l'avez-vous ressenti en début de semaine ?
On n’en a pas trop discuté. Les jeunes ne doivent pas penser qu’ils sont jeunes. Je pense à Baptiste Jauneau par exemple qui a le caractère pour prendre les choses en main et se lâcher. On a besoin de nos jeunes, il ne faut pas qu’ils attendent leur cinquième ou sixième rencontre pour se montrer. Maintenant on ne devient pas leader du jour au lendemain. Je pense que cela va ressortir chez eux au fil du temps.

 

Qu’attendez-vous de la méthode Urios ?
On attend des résultats (rires) ! Plus sérieusement, je pense que j’attends de la franchise dans la vie quotidienne, qu’on soit capable de se dire les choses, ce qui a manqué ces derniers temps. Il faut remettre le club au milieu de nos esprits, se donner pour ce maillot. On a forcément des plans de jeu, des aspects techniques, mais il faut retrouver l’envie de transpirer les uns pour les autres. Je sais qu’on est bon quand on s’y file les uns pour les autres, donc je crois que le maître mot sera de bien vivre ensemble et de se dire les choses.

Baptiste Jauneau sort de deux titularisations d'affilée avec Clermont à seulement dix-neuf ans.
Baptiste Jauneau sort de deux titularisations d'affilée avec Clermont à seulement dix-neuf ans. Icon Sport - Icon Sport

Il y a une statistique vous concernant : seulement trois défaites en dix matchs quand vous jouez et une victoire en huit matchs quand vous n’êtes pas là, qu’est-ce que cela vous inspire ?
Je ne sais pas trop quoi dire… Peut-être que je prends la place en termes de leadership que je n’ai pas laissé à d’autres. Ce n’est pas parce que je ne suis pas là qu’on perd ! Il y a eu d’autres absents sur ces rencontres et cela met en lumière qu’un groupe n’est pas une quinzaine de joueurs. Les années où ça marchait à Clermont, on pouvait aller gagner partout peu importe l’équipe, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Je l’ai répété plusieurs fois aux joueurs. C’est à tout le monde d’être impliqué. Je ne laisserai pas ma place jusqu’à la fin de la saison mais j’ai un raisonnement où je me dis que je dois laisser certains prendre plus de leadership et porter certains pour qu’ils prennent ma place à l’issue de la saison.

Vous sortez d’un mois compliqué sportivement et en coulisses, y a-t-il également ce désir de prouver que Clermont n’est pas en déclin ?
Chaque joueur doit être au minimum revanchard, énervé et froissé dans son estime. Comme je l’ai dit, je n’ai pas envie que le club soit à cette place de dixième. Il va falloir être un peu plus violent sur le terrain. On est un peu faiblard actuellement, mais il ne faut pas attendre l’arrivée de Christophe pour se rebeller. Il faut déjà que ce soit personnel.