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OPINION- A cause de ce calendrier, on demande à Duane Vermeulen de choisir entre son père et sa mère

A cause de ce calendrier, on demande à Vermeulen de choisir entre son père et sa mère

Le 24/05/2016 à 16:15Mis à jour Le 25/05/2016 à 12:16

INTERNATIONAL - Alors que sa sélection nationale souhaite qu'il soit libéré par Toulon, le Sud-Africain Duane Vermeulen devra abandonner le club qui le paye au pire moment de la saison. Une situation anormale dûe à un calendrier mal calé.

Choisir "entre son père et sa mère" : voilà en gros ce qui est demandé au Sud-Africain Duane Vermeulen (29 ans, 35 sélections). Un petit rappel des faits s'impose. Le puissant numéro huit des Springboks a rejoint cette saison le club de Toulon. Considéré comme l'un des tout meilleurs à son poste, il s'est naturellement fait une place de titulaire au sein du RCT.

Sauf que cette saison, le championnat français finit un peu plus tard que d'habitude (Coupe du monde oblige) et empiète ainsi sur les matches internationaux. L'Afrique du Sud compte bien évidemment sur son troisième ligne centre pour la série de trois test-matches face à l'Irlande (11, 18 et 25 juin). Petit souci, mais il est de taille : Toulon n'aura même pas terminé sa saison régulière à ce moment-là. La finale du championnat étant programmée le 24 juin...

Duane Vermeulen avec Matt Giteau (Toulon) - 2015

Duane Vermeulen avec Matt Giteau (Toulon) - 2015Icon Sport

Tout le monde est dans son bon droit

La Fédération sud-africaine (SARU) aurait donc lancé un ultimatum au RCT : si Vermeulen n'est pas libéré à compter du 5 juin, il sera privé de sélection pendant six mois. Sauf que le président varois, Mourad Boudjellal, ne l'entend pas de cette oreille. En tant qu'employeur, il estime être en droit de disposer de ses joueurs jusqu'à la fin de saison. Et ceux qui auront décidé de partir en équipe nationale sont prévenus : ils ne seront pas payés en juin. Si Bryan Habana et Leigh Halfpenny ont décidé de rester avec leur club, Duane Vermeulen se retrouve lui face à un choix cornélien.

En cette fin de saison, le joueur, le club et la Fédération sud-africaine se retrouvent donc devant un dilemme de taille, d'autant que dans cette histoire, tout le monde est dans son bon droit. La source de ce problème ? Le calendrier bien évidemment. Avec la Coupe du monde, le championnat a été contraint de s'adapter et de finir un peu plus tard. Habituellement, la finale se jouait fin mai ou début juin (hormis la saison passée où c'était le 13 juin, ndlr). Cette fois, ce sera deux semaines plus tard. Ce qui change (vraiment) tout.

Duane Vermeulen (Afrique du Sud) face au pays de Galles - 17 octobre 2015

Duane Vermeulen (Afrique du Sud) face au pays de Galles - 17 octobre 2015AFP

Et si on passait à un Top 12 ?

Pour autant, la France est la seule à se retrouver dans cette situation ubuesque. Guy Novès et le XV de France devront se passer des demi-finalistes pour la tournée en Argentine. Certains étrangers du championnat en ont décidé autrement. Profitant du règlement World Rugby qui donne la suprématie aux sélections sur les clubs, les Gallois Jonathan Davies (Clermont) et Luke Charteris (Racing) ainsi que le Canadien Jamie Cudmore (Clermont) ne seront pas avec leurs clubs pour la dernière ligne.

Sommes-nous devant une impasse ? Pas certain. La Premiership (Angleterre) et la Ligue celte (Ecosse, Galles, Irlande, Italie) se terminent ce week-end. Et donc, ces sélections pourront disposer de toutes leurs forces vives. Ce qui relance le débat d'un passage à 12 clubs dans notre Top 14. L'une des mesures d'ailleurs préconisée par la cellule technique mise en place par la FFR et la Ligue. Voilà qui supprimerait au moins 4 dates (5 si on supprime les barrages) dans le calendrier et permettrait au passage de réduire le nombre de doublons durant le Tournoi des 6 nations. Une vaste utopie ?

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