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Lebel : "Peato Mauvaka m'avait fait un clin d'oeil avant la touche..."

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CHAMPIONS CUP - Avant le déplacement au Munster, pour entamer la campagne de Champions Cup, l'ailier du Stade toulousain Matthis Lebel revient sur les deux derniers duels victorieux contre cette province irlandaise durant lesquels il avait brillé, avec notamment ce fameux crochet sur JJ Hanrahan en 2021 ou l'essai inscrit après la fabuleuse passe à l'aveugle de Peato Mauvaka la saison passée.

Sentiez-vous, depuis quelques jours, arriver l’odeur des matchs de Champions Cup ?

Forcément, on y pense. Déjà quand on voit le calendrier qui sort au début de la saison. Mais je trouve que nous sommes restés très focalisés sur nos performances en Top 14. On n’a pas tout mélangé et il fallait être concentré sur le championnat. Il y a aussi eu une période de doublons durant laquelle on a sauvé les meubles, on va dire. Malheureusement, nous nous sommes pris les pieds dans le tapis à Lyon et il fallait gagner contre Perpignan. En quelque sorte, le gros du travail a été fait.

Et donc ?

Là, nous sommes vraiment passés en mode Coupe d’Europe en début de semaine.

Au sortir de la période internationale, vous restez dans un degré d’intensité élevé…

Toutes les expériences sont enrichissantes. On a la chance, on le sait, d’avoir un gros effectif à Toulouse, avec beaucoup de joueurs ayant le privilège d’être internationaux. Peut-être que cela peut nous préparer à vivre les émotions européennes. Surtout qu’on a conscience de ce qui nous attend au Munster, avec un tel public. Cela ne peut être que bénéfique d’avoir dans le groupe des garçons capables de souvent jouer des matchs internationaux.

Que vous êtes-vous dit quand vous avez appris que la campagne de Champions Cup allait débuter au Munster ?

C’est particulier, parce que c’est une place forte du rugby depuis toujours. Sur les trois dernières années, on affronte tout le temps cette équipe (sourire). Et ce fut à chaque fois, des matchs incroyables. Les choses ont tourné deux fois en notre faveur mais, croyez-moi, le Munster est tout sauf un adversaire facile à jouer. En tout cas, c’est toujours excitant de disputer ce genre de rencontre.

Le Stade toulousain récupère plusieurs forces vives de son effectif, parmi lesquelles les deux internationaux français Cyril Baille et Thibaud Flament.https://t.co/mcGnWwKZ6g

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) December 6, 2022

D’autant que la formule n’offre que quatre matchs de poule et qu’un faux pas peut être éliminatoire…

Oui, c’est exactement ça. Surtout que nous sommes tombés dans une poule relativement dure avec deux belles équipes à affronter (avec Sale aussi, NDLR). Il va falloir être très sérieux et réussir à faire le travail. Ce sera difficile.

Pensez-vous que le levier de motivation, pour les Irlandais, est vite trouvé contre vous ?

Oui, c’est certain. Mais c’est pareil pour nous. Nous avons envie de mener une belle campagne européenne. Il n’y a que des passionnés dans notre groupe, et quand on s’intéresse au rugby depuis tout petit, on sait qu’il n’y a que des antécédents entre ces deux clubs. C’est un duel historique, qui fait partie des gros matchs qu’on a la chance de jouer dans cette compétition. Mais je crois qu’il ne faut pas trop s’attarder sur les résultats passés. C’est une nouvelle saison et trop de choses changent. Voilà pourquoi on se présentera là-bas avec beaucoup d’humilité.

Ce qui change notamment, c’est que vous avez battu le Munster dans un Thomond Park vide en 2021, puis à l’issue des tirs au but en mai dernier à Dublin. Vous aurez droit cette fois à un Thomond Park plein…

Oui. Moi, j’ai vu ce stade plein de nombreuses fois à la télé, quand j’étais plus jeune. Je sais que notre équipe n’a jamais joué dans une atmosphère comparable à celle qu’on va connaître dimanche. Il y avait du monde la saison passée à Dublin, et cela avait fait du bruit. Mais là, ce sera vraiment chez eux. Cela va être une expérience incroyable, même si on ne doit pas être dépassé par l’événement. Car, si on repart de là-bas en ayant pris quarante points, le retour risque d’être long… On va y aller avec beaucoup de modestie mais aussi l’envie de se faire plaisir, de mettre en place ce qu’on travaille tous les jours, de respecter nos principes et montrer une belle image du Stade toulousain.

Dans un match complètement fou où même les prolongations n’ont pas réussi à départager les deux équipes, c'est aux tirs au but que le Stade toulousain s'est finalement qualifié en demi-finale de Coupe d'Europe. Revivez cette fin de match historique ! pic.twitter.com/GPYdrSK7ml

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) May 9, 2022

Vous avez perdu votre titre de champion d’Europe la saison passée. Êtes-vous habité par l’ambition de le reconquérir ?

Oui, tout à fait. Surtout quand on voit, l’année où on a été champions d’Europe (en 2021), la saison magnifique qu’on a vécue… La Coupe d’Europe a vraiment une saveur particulière et le club y est très attaché. Dans notre équipe, il n’y a que des gros compétiteurs. On n’aime pas perdre ou rendre de mauvaises copies.

Vous avez une petite histoire personnelle avec le Munster, vous qui avez brillé et marqué lors des deux derniers rendez-vous contre cette équipe…

(Sourire gêné) Je retiens surtout le collectif qui permet de placer des joueurs dans de bonnes situations. J’en ai profité. Quand on respecte tout ce qu’on prépare durant la semaine, à partir notamment de ce qu’on voit à la vidéo, on a la chance de faire des bonnes choses. Et, dans ce genre de match, des individualités parviennent parfois à faire un coup d’éclat. Tant mieux pour l’équipe.

Le fameux crochet sur JJ Hanrahan en 2021, qui amène le troisième essai toulousain inscrit par Antoine Dupont, a-t-il donné une autre dimension à votre carrière ?

Il y a surtout, en tout cas plus qu’avant, un vrai aspect médiatique avec les réseaux sociaux. Les gens ont fait des petits montages, dont certains assez drôles, et la vidéo a un peu tourné. Mais cela n’a rien changé pour moi, j’ai continué à m’entraîner dur, en restant moi-même. C’est plutôt le côté médiatique qui a fait le travail sur l’exposition de cette action. Moi, je n’ai rien eu à faire (rires). Après, il fallait surtout enchaîner avec de bonnes performances.

Et sur l’essai que vous aviez vous-même inscrit à la réception d’un coup de pied décroisé de Romain Ntamack au retour de la mi-temps, toujours en 2021, Ugo Mola nous avait raconté que Ntamack l’avait annoncé dans le vestiaire à la pause…

Oui, c’est vrai, je m’en souviens. Romain avait vu qu’il y avait un coup à jouer sur cette phase de jeu. Et puis, on se connaît depuis tellement de temps avec Romain et on s’entend tellement bien. On a forcément quelques automatismes ensemble. Cet essai, comme le deuxième de la saison dernière au Munster ont été importants parce que nous étions menés à ces instants du match.

Justement, la saison dernière, vous avez inscrit un doublé en quart de finale, qui avait lancé votre fin de saison durant laquelle vous aviez empilé les essais après une période moins faste…

Cela m’avait fait du bien de marquer, surtout quand on joue à mon poste. On est tous là pour rendre service à l’équipe et le mieux qu’un ailier puisse faire, c’est quand même de marquer. Je sortais un peu d’une période de disette, durant laquelle je "scorais" moins. Mais il faut encore remettre dans le contexte. Oui, j’ai pu marquer mais j’ai été très bien décalé deux fois. D’abord par Thomas (Ramos), puis par Peato (Mauvaka) qui m’a fait une magnifique passe à son intérieur. Là aussi, la dimension collective est très importante. Je crois surtout que, lors de ce quart de finale, le Stade toulousain a remis l’église au milieu du village et enclenché une dynamique.

Votre deuxième essai après un crochet sur Simon Zebo, qui faisait suite à une merveille de combinaison sur une touche, n’était-il pas le plus beau de la saison passée ?

C’est surtout Peato qui a bien senti le coup. Au début, je me rappelle qu’il m’avait fait un clin d’œil avant la touche, pour me faire comprendre d’y aller et je me disais : "Bon, on va tenter mais ça va être fermé parce que le Munster se fait quand même rarement prendre comme ça en défense." Mais on connaît Peato, qui avait fait cette passe fabuleuse. J’étais bien obligé d’essayer de finir le travail après ça ! Sinon, il m’en aurait voulu. D'ailleurs, vous savez quoi ? Il m’en a tout de même voulu parce que je ne lui ai pas sauté dans les bras directement après (rires).