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L'antisèche : le Racing 92 a déréglé l'horlogerie irlandaise

L'antisèche : le Racing 92 a déréglé l'horlogerie irlandaise

Le 22/04/2018 à 18:48Mis à jour Le 22/04/2018 à 20:06

Méconnaissables en première période, les Irlandais du Munster n'ont jamais semblé en passe de renverser un Racing 92 bluffant. Et s'ils ne s'imposent finalement "que" 27-22, la faute à une fin de match mal maîtrisée, les Franciliens rallient la finale de Champions Cup. La deuxième en trois saisons.

Le match : Même s'il s'est fait peur en fin de rencontre, le Racing a complètement fait dérailler le Munster

Habituellement chirurgicaux, les Munstermen n'ont jamais pu mettre en place leur rugby ce dimanche. Battus au sol, dominés à l'impact, imprécis en touche, blackboulés en mêlée, indisciplinés, les Irlandais ont complètement bu la tasse à Chaban-Delmas. Des passes directes en touche aux gestes d'humeurs, en passant par les mauvais choix de leurs leaders de jeu, comme Conor Murray ou CJ Stander, les joueurs de Johann van Graan n'ont jamais existé face à un Racing 92 au sommet de son art. Dans une rencontre qu'ils ont dominé et maîtrisé, c'est d'abord Teddy Thomas qui, décalé par Virimi Vakatawa, se défaisait de son vis-à-vis (Alex Wootton) pour ouvrir la marque.

Teddy Thomas (Racing 92) contre le Munster

Teddy Thomas (Racing 92) contre le MunsterIcon Sport

En suivant, les Irlandais tentaient de répondre par le jeu, mais étouffés, ils ne breakaient jamais la défense francilienne, et ne pouvaient que constater l'efficacité du Racing 92 quand, après un superbe travail de Virimi Vakatawa, Teddy Thomas ralliait une nouvelle fois l'en-but (18e, 14-3). L'après-midi tournait finalement au cauchemar quand Teddy Thomas offrait le troisième essai de la rencontre à Maxime Machenaud (voir l'image ; 22e, 21-3). A la mi-temps, les Ciel et Blanc menaient 24-3. Les Irlandais retrouveront leur rugby et les débats se rééquilibreront au retour des vestiaires, mais les coéquipiers de Yannick Nyanga défendront leur ligne à merveille, n'encaissant pas le moindre point avant la 63e minute, moment choisi par le futur racingmen, Simon Zebo pour sauver l'honneur.

Les joueurs du Racing saluant les supporters

Les joueurs du Racing saluant les supportersIcon Sport

Mais le retard était trop important, et s'ils iront deux fois à dame en toute fin de rencontre (77e, Rhys Marshall ; 81e, Andrew Conway), les Munstermen n'ont jamais semblé en passe de reverser le Racing. Auteurs d'une performance XXL une heure durant, et bien que bousculés en toute fin de rencontre, les coéquipiers de Maxime Machenaud s'imposent finalement 27-22.

Le Facteur X : Virimi Vakatawa - Teddy Thomas, connexion parfaite

Il est un adage qui affirme que les grands matchs appartiennent aux grands joueurs. Dimanche, dans un Chaban-Delmas chauffé à blanc, Virimi Vakatawa et Teddy Thomas ont fait parler la poudre... et fait preuve d'une incroyable complémentarité ! En effet, dès la 5e minute, l'ailier de formation, repositionné au centre cette saison, sautait un coéquipier, au profit de Teddy Thomas, qui se défaisait d'Alex Wootton pour ouvrir la marque. 18e minute ? Rebelote, puisque Virimi Vakatawa, avec son coup de reins qui a tant enchanté les terrains de rugby à VII, prenait de vitesse Conor Murray et Jean Kleyn.

En un contre un face au dernier défenseur, l'international tricolore décalait son ailier qui s'offrait un doublé. Enfin, 22e minute, à la réception d'une passe de Vakatawa, Teddy Thomas éliminait, d'un crochet intérieur, trois défenseurs du Munster, pour offrir le troisième essai de l'après-midi à Maxime Machenaud. Cette connexion entre les deux artistes a donc permis au Racing 92 de prendre un avantage conséquent (et définitif) sur le Munster.

L'image : Teddy Thomas offre l'essai à Maxime Machenaud (22e)

22e minute. Déjà auteur d'un doublé, et alors qu'il ne cesse de mettre le Racing dans l'avancée, Teddy Thomas est servi par Virimi Vakatawa sur son aile. L'occasion de cadrer et de déborder ? Que nenni, puisque l'international tricolore (24 ans, 10 sélections) décide de revenir intérieur, feinte une passe, qui élimine trois adversaires, pour aller inscrire son troisième essai de l'après-midi. Sauf qu'à la surprise générale, la fusée francilienne se retourne et offre l'essai à Maxime Machenaud (29 ans, 36 sélections).

Presque surpris par l'offrande, le demi de mêlée aplatit immédiatement avant d'enlacer son ailier. Souvent dépeint comme un joueur fantasque, favorisant bien souvent la solution individuelle aux dépends de la collective, l'ailier du Racing 92 a cette fois fait preuve d'une grand altruisme en offrant cet essai à son capitaine, né et formé à Bordeaux, qui faisait son retour en Gironde et portait le score 21-3.

La question : Le Racing peut-il remporter la Champions Cup ?

Si son palmarès européen demeure vierge, le Racing 92 s'est installé dans la cour des très grands d'Europe. Un constat d'autant plus criant ces trois dernières saisons, puisque les joueurs de Laurent Labit et Laurent Travers disputeront tout simplement leur deuxième finale en trois saisons. Mais là où, en 2015-2016, les Saracens apparaissaient inarrêtables et s'étaient logiquement imposés 21-9, les coéquipiers de Pat Lambie semblent cette fois aborder la dernière marche pleins de certitudes. Et s'ils auront un défi immense à relever en finale, face à un Leinster qui récite son rugby et marche sur l'eau cette saison, les Racingmen semblent plus forts que jamais. Après cette performance majuscule et alors qu'il réalise une fin de saison en boulet de canon, pensez-vous que le Racing 92 inscrira la première ligne à son palmarès européen le 12 mai prochain ?

Le Racing peut-il remporter la Champions Cup ?

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