Brive, plombé à domicile dit adieu au Top 14

Par Nicolas Zanardi
  • Brive a chuté face à Castres ce samedi.
    Brive a chuté face à Castres ce samedi. AFP - DIARMID COURREGES
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Officiellement relégués en Pro D2 après leur symbolique défaite au Stadium face au Castres de Davidson (13-16), les Brivistes le doivent pour beaucoup à une terrible fébrilité à domicile, où ils ont remporté cinq matchs de moins que l’Usap...

En ce soir du 13 mai 2023, Brive est officiellement relégué en Pro D2. Pour la troisième fois en dix ans. Comme le signe incontestable que le vénérable désormais partie des équipes vouées à effectuer éternellement le yo-yo entre les deux échelons professionnels, trop gros pour la Pro D2, trop petit pour le Top 14 ? Il y a probablement de cela, oui. Car la descente des Corréziens avait en effet quelque chose d’inéluctable : 10e du Top 14 en 2020 lors de la coupure covid, puis 11e en 2021 et 12e en 2022, il semblait assez inévitable de voir la dynamique des Coujoux les porter jusqu’au seuil fatidique. Mais de là à sombrer directement à la dernière place du classement, à une journée du terme ? Peut-être pas, allez. "On aura le temps d'analyser le pourquoi du comment après Toulouse, grinçait le manager Patrice Collazo après la défaite de trop des siens devant Castres (13-16). De chercher à comprendre pourquoi on s'est retrouvé dans cette situation parce que ça dure depuis deux ans, et ce ne sont pas 4 semaines de vacances l'été dernier qui ont tout réglé."

Nul besoin, pourtant, de réfléchir bien longtemps pour comprendre les raisons de la descente aux enfers des Corréziens : 9e équipe du Top 14 à l’extérieur cette saison, les coéquipiers de Saïd Hirèche se sont malheureusement avérés – et de loin – la plus mauvaise à domicile, où ils n’ont empoché que 4 maigres succès, soit trois de moins que Pau et 5 de moins que l’Usap. Le jour et la nuit avec les glorieux maintiens obtenus par les Ribes, Mignardi et autres Méla par le passé, qui avaient su en leur temps faire du Stadium une forteresse imprenable. Ce qu’il n’a évidemment pas été cette saison, la meilleure preuve en étant cette défaite concédée face à Perpignan début février (22-24) qui fut probablement le grand tournant de la saison.

Fracture avec les supporters

Le pire ? Il est que le désamour entre les supporters corréziens et leur club, prégnant depuis quelque temps (le président Simon Gilham n’avait-il pas sermonné, voilà quelque temps, ses propres supporters pour leurs sifflets adressés à Jules Plisson alors à La Rochelle?) a semblé plus profond que jamais cette saison, matérialisé par cette lettre ouverte qui fit grand bruit au mois de novembre 2022. Un courroux que ni le limogeage de Jérémy Davidson (qui se mua symboliquement en bourreau, portant le coup de grâce à Brive avec sa nouvelle équipe de Castres), ni le miracle de Noël réalisé en autogestion contre Clermont (20-16), ni l’arrivée de Patrice Collazo ne réussirent vraiment à calmer.

Autrefois soutien inconditionnel de son équipe, capable de faire peser une pression palpable sur l’adversaire, le public de Stadium s’est mué à petit feu en force de nuisance pour sa propre équipe. Hasard ou pas, même les rares succès brivistes à domicile furent gâchés par des débordements, à l’image de celui décroché contre Pau le 22 avril (22-17) dont on retint davantage un pétard jeté par des "supporters" dans la tribune des supporters béarnais, conclue par une bien triste bagarre pendant le tour d’honneur des coéquipiers de Saïd Hirèche. Une saison en enfer, donc, et finalement fort logiquement conclue...

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