Icon Sport

Toulon en rade de phases finales... Le bilan des années Collazo (2018-2021)

Toulon en rade de phases finales... Le bilan des années Collazo (2018-2021)
Par Rugbyrama

Le 27/10/2021 à 09:04Mis à jour Le 27/10/2021 à 09:05

TOP 14 - Ce mardi, l’annonce a eu l’effet d’un coup de tonnerre. Après plus de trois saisons passées au club, l’entraîneur toulonnais Patrice Collazo a décidé, d’un commun accord avec sa direction, de quitter le RCT. Actuellement avant-dernier du Top 14, le Toulon de Patrice Collazo n’a cessé, d’année en année, et à des degrés différents, de décevoir les supporters rouge et noir.

Lors de ses 1238 jours passés sur la rade, Patrice Collazo n’a jamais su conquérir le coeur des très exigeants fans du RCT. D’un point du vue du jeu, d’abord, la "méthode Collazo" a assez peu porté ses fruits. Sous le commandement de l’ancien pilier, la formation varoise n’a jamais donné l’impression d’être un véritable rouleau compresseur devant, bien loin donc de l’ADN du club.

D’autre part, malgré une petite poignée de matchs assez spectaculaires (contre le Stade français à l’hiver 2019 ou contre le Racing 92 à l’hiver 2021), elle aura finalement assez peu fait lever les foules. Les prestations souvent soporifiques de ces dernières semaines parlent d’elles-même. La statistique qui suit est plus qu’éloquente : au sortir de la huitième journée, Toulon est la plus faible attaque du championnat (17 points inscrits par match en moyenne).

En revanche, si la colère du peuple rouge et noir était autant palpable dernièrement, c’est avant tout parce que le bilan comptable de Patrice Collazo sur la rade est toujours resté bien maigre. Malgré tout le temps qui lui a été offert par Mourad Boudjellal, d’abord, mais surtout par Bernard Lemaitre, ensuite, le Seynois n’a jamais satisfait les attentes populaires, au sein d’un club tout droit sorti d’une période dorée, marquée par un Brennus en 2014 ainsi qu’un triplé européen historique (2013, 2014, 2015).

2018-2019 : des débuts balbutiants

Le constat est sans appel : de 2018 à 2021, l’ex-manager du RCT n’aura jamais su emmener son équipe en phases finales du Top 14. Et même si l’indulgence pouvait être de mise lors de sa première année aux manettes, la mémoire collective attribuera probablement à l’exercice 2018/2019 le statut de pire saison du club depuis sa remontée dans l’élite en 2008.

En effet, les Rouge et Noir de Collazo avaient conclu l’exercice à la neuvième place du championnat, affichant un total plutôt médiocre au vu de l’effectif : 57 points, 12 victoires, 14 défaites. Malgré quelques éclaircies (comme la victoire à Castres venant gâcher la der’ d’Urios lors de l’ultime journée), l’échec était là. Pour les supporters, qui rêvaient encore d’un titre un an en arrière, cela restait une douche froide : l’équipe avait terminé à 13 points de Montpellier, sixième.

2019-2020 : Toulon freiné par la pandémie

Alors, on entendit que le projet était pensé pour le long-terme, et on s’arma de patience avant de se montrer trop sévère avec l’ancien coach du Stade rochelais, à qui l’on associait souvent une image de bâtisseur. Marqués notamment par le départ du président Mourad Boudjellal, les mois qui suivirent cette déroute, furent d’ailleurs les plus intéressants de l’ère Collazo. Et peut-être est-ce là le plus gros regret du monsieur.

Malgré deux défaites assez nettes en début de saison, face à Lyon et Bordeaux-Bègles, ses hommes enchaînent de nombreux succès, giflant à plusieurs reprises des "gros" du championnat (Clermont, La Rochelle…). Quatrième avec quatre points d’avance sur le septième lors de l’arrêt des compétitions en raison de la pandémie de Covid-19, Toulon est stoppé brutalement dans son élan (9 victoires, 6 défaites, 2 nuls) ; et ne récoltera pas les fruits d’une première partie de championnat assez réussie. À moins que…

2020-2021 : une finale et rien d'autre

La saison suivante (2020/2021), le club au muguet profite du bon parcours européen réalisé lors de l’exercice 2019/2020 (six victoires en six matchs de poule) pour se hisser jusqu’en quarts de finale de la Challenge Cup. Le staff en fait un grand objectif, "la Challenge" étant le seul trophée majeur manquant au palmarès du club. C’est donc dans cette compétition que le RCT version Patrice Collazo disputera son unique finale… perdue à Aix-en-Provence, face aux impitoyables Bears de Bristol (19-32). L’échec est frustrant, mais la révélation Gabin Villière et ses partenaires repartent de l’avant en championnat.

Or, après avoir passé la majeure partie de la saison dans le top 6, les Sudistes lâchent de nombreux points lors de la phase retour, recevant plusieurs uppercuts qui leur seront fatals (défaite à domicile contre Bayonne, lourdes défaites à Lyon et à Castres). Patrice Collazo voit ses hommes mourir à quatre points de la sixième place qualificative pour les phases finales du Top 14. Cette huitième position est un énième coup sur la tête des Varois, qui terminent l’exercice avec 14 victoires et 12 défaites, et perdent au passage certains cadres sur blessures, comme Charles Ollivon.

2021-2022 : les défaites de trop

Entouré de Julien Dupuy ou encore d’Éric Dasalmartini, le manager du RCT n’est alors toujours pas parvenu à qualifier son équipe pour les phases finales… Il n’y parviendra finalement jamais. Cette saison, les premiers matchs de Toulon sont largement insatisfaisants. En huit journées, les coéquipiers d’Anthony Belleau ne remportent que deux rencontres, ne parvenant à récolter que douze petits points, et réalisant de fait le pire départ du club depuis sa remontée.

La patience du président Bernard Lemaitre a des limites. L’ère Collazo prend fin, vide de phases finales et de titre, quand bien même le budget toulonnais est l’un des plus importants de l’Hexagone. Pour un club d’une telle envergure, le bilan du technicien est bien moyen (46 victoires, 42 défaites, 3 nuls). Et encore plus si l’on considère seulement les rencontres de Top 14. En plus de trois ans sur la rade, Patrice Collazo a gagné autant de fois qu’il a perdu (37 victoires, 37 défaites).

Par Dorian VIDAL

Contenus sponsorisés