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Sopoaga : "Mon meilleur rugby est devant moi !"

Sopoaga : "Mon meilleur rugby est devant moi !"

Le 12/01/2022 à 13:44Mis à jour

TOP 14 – Arrivé fin septembre à Lyon, l’ouvreur néo-zélandais Lima Sopoaga prend peu à peu ses marques dans sa nouvelle équipe. Après sept premiers matchs qui ont participé à son adaptation, le All Black (18 sélections) espère que cette deuxième partie de saison lui permettra de retrouver son meilleur niveau, et au LOU d’atteindre ses objectifs. Il se confie en exclusivité pour Rugbyrama.

Comment vous sentez-vous désormais dans cette équipe du LOU, alors que vous êtes arrivé en France et à Lyon à la fin du mois de septembre ?

Lima Sopoaga : C’est un endroit génial, j’aime vraiment être ici. C’est une super ville. Il y a tant à faire ! Mais la chose la plus importante, c’est qu’il y a une super équipe, avec une super ambiance et de supers entraineurs. Tout l’environnement du club, du président aux joueurs et tout le monde entre nous, essaie d’aller dans la même direction. Tout le monde ne souhaite qu’une chose, gagner. Je sais que le club n’a pas gagné le Bouclier depuis 89 ans, et je pense qu’il y a ici une folle envie de changer cela. Nous pensons tous avoir une équipe assez bonne pour le gagner, et je le crois vraiment aussi. C’est un endroit que j’apprécie énormément et je suis tellement heureux d’avoir eu cette chance et cette opportunité de venir ici.

C’est important de souligner que le LOU est avant tout un choix sportif ?

L.S. : Oui, j’ai choisi Lyon évidemment parce qu’il y a une super équipe, et parce que je connaissais quelques gars comme Charlie (Ngatai), Jordan (Taufua) et Toby (Arnold). Ils m’ont parlé en bien de la ville, de l’environnement ici. Et je pense que c’était une bonne chose pour moi de venir dans une équipe qui est jeune et d’amener des gars plus expérimentés, qui ont plus d’années dans le rugby, pour essayer de transmettre certaines connaissances et l’expérience que nous avons. Des jeunes comme Titou (Couilloud), Dylan (Cretin), Killian (Geraci), Léo (Berdeu), ils sont le futur de ce club, et ce sont eux qui vont lui permettre d’encore grandir. C’est donc notre travail, aux joueurs les plus expérimentés, de les aider.

Mais nous devons aussi essayer de progresser dans notre propre jeu. Je suis vraiment content d’être venu ici pour cela. J’ai également une bonne relation avec Kenny (Lynn, entraineur des trois-quarts, ndlr) avec qui j’ai joué aux Highlanders à mes débuts. Cela facilite les choses, d’avoir quelqu’un qui parle couramment Anglais et Français, c’est un gros point positif pour le club. Il peut traduire car ce n’est pas toujours facile d’arriver dans un pays étranger et de s’intégrer tout de suite. Il a rendu cette transition plus facile.

Vous évoquez Léo Berdeu, avec qui vous êtes en concurrence à l’ouverture. Vous semblez avoir une bonne relation avec lui ?

L.S. : Oui, et vous savez il est très important que les gens comprennent qu’avec Léo, nous travaillons tous les deux pour cette place de titulaire. Je pense que c’est sain. C’est toujours au bénéfice de l’équipe, toujours dans l’intérêt du collectif et pas individuel. S’il fait un bon match, je suis fier de lui. S’il débute, j’essaie de lui donner tout ce que je peux pour l’aider à performer. Et si c’est moi qui débute, il fait la même chose. J’ai pu apprendre des choses de lui simplement en le regardant, et j’espère qu’il a pu apprendre de moi. Après, quand deux joueurs se disputent une place de titulaire et s’ils jouent bien, cela ne peut être que profitable à l’équipe.

Il a un talent spectaculaire et je pense un avenir énorme. Il n’a que 23 ans et sa façon de diriger le jeu, son jeu au pied, sa capacité à marquer beaucoup de points. J’espère simplement pouvoir l’aider à grandir autant que possible, lui donner toute l’expérience et les connaissances que j’ai pu acquérir tout au long de ma carrière. J’ai 30 ans maintenant et je sais que je suis plus proche de la fin de ma carrière. C’est une réalité. Mais chaque jour, on rigole ensemble, on aime être ensemble et j’aime être avec cette équipe. C’est ce qui est spécial dans ce groupe.

On sait qu’il n’est jamais évident de s’intégrer à une nouvelle équipe en cours de saison, et comment jugez-vous vos débuts avec le LOU ?

L.S. : J’aurais pu faire plus mais je n’ai pas été aidé par de petites blessures, comme celle à mon genou (il montre son genou droit, ndlr). Mon apprentissage est aussi lié à mon expérience en Angleterre. Il faut comprendre que venir en France, ce sera différent et qu’il va falloir adapter votre jeu à ce style. C’est ce que j’ai essayé et ce que j’essaie de faire. Je suis fier d’être venu ici pour ne pas imposer ma façon de jouer. C’est ma manière de m’intégrer. Je suis ici pour apprendre la culture française et son rugby. Je ne suis pas ici pour jouer un rugby « kiwi » (néo-zélandais, ndlr), mais pour jouer le rugby "français". Il faut que je continue à bien m’entretenir, à bien m’entrainer pour essayer de progresser sur cela. Je pense que l’on sera dans le vrai en fin de saison et que l’on pourra rivaliser avec toutes les cylindrées. Nous espérons disputer les phases finales, et disputer les demi-finales.

" C’est quand je prends du plaisir que je joue mon meilleur rugby et jusqu’à présent, je prends du plaisir à Lyon. Je pense que de bonnes choses vont arriver"

Quel bilan tirez-vous de votre expérience anglaise avec les Wasps où vous avez évolué trois saisons ?

L.S. : À l’époque, c’était juste une opportunité que j’ai saisie. Et vous savez, si je suis honnête avec moi-même, cela n’a probablement pas fonctionné. Quand j’y repense, cela n’a pas fonctionné aussi bien que je l’aurais souhaité. Ce n’est pas grave. J’ai appris des choses et ces leçons ont contribué à ma venue ici. Cela m’a aidé à m’ouvrir l’esprit, pour mieux comprendre le rugby français. Certains diront que mon passage en Angleterre aura été un échec mais vous échouez seulement si vous n’apprenez rien. Et j’ai beaucoup appris de mon expérience en Angleterre. C’est elle qui fait que je suis heureux maintenant. Je pense que ce ne serait pas le cas si je n’avais pas connu cela en Angleterre. Je suis heureux comme je ne l’ai pas été depuis longtemps.

Votre dernier match face à Pau a laissé entrevoir, justement, de belles choses et cela montre que vous êtes sur la bonne voie ?

L.S. : Oui, je me sens évidemment mieux. Je dois simplement m’adapter à de nouveaux joueurs et à de nouveaux systèmes, le tout en Français. Mes coéquipiers m’ont rendu la tâche plus facile. J’aime cette culture ici (il insiste). Tout le monde veut s’entraider et s’améliorer. C’est important et c’est la raison pour laquelle je crois que pouvons réaliser de grandes choses en fin de saison.

Ce qui veut dire que vous êtes confiant sur la capacité de l’équipe à être en phase finale et à performer ?

L.S. : C’est évident. Nous avons eu quelques blessures ces derniers temps mais nous y arriverons si nous continuons à bien jouer, surtout pendant cette période des VI Nations. Beaucoup d’équipes vont perdre des joueurs, nous aussi. Notre travail est de rester soudé, uni au sein du groupe, pour continuer à s’améliorer. Je crois que cette équipe peut aller au bout et battre les meilleurs, surtout quand tu vois le talent dans cette salle (il montre ses coéquipiers), la qualité des entraineurs, du staff médical et des préparateurs physiques. Mais évidemment qu’il faudra aussi avoir une part de chance sur notre parcours. On travaille au quotidien pour cela. Il va falloir travailler pour garder ce cap, et de bonnes choses pourront arriver. Il faut juste parvenir à rester ensemble.

Que vous demande le staff lorsque vous êtes sur le terrain ? Qu’attend par exemple Pierre Mignoni de vous ?

L.S. : Je pense que Pierre (Mignoni) me comprend, sinon il ne m’aurait pas fait venir ici. Il ne m’aurait pas fait venir s’il ne pensait pas que je suis un bon joueur de rugby, s’il ne pensait pas que mon expérience et mon parcours pourraient être utiles à l’équipe. Il veut que je retrouve le niveau que j’avais avant d’aller en Angleterre. Je crois que c’est possible. Mon meilleur rugby est devant moi ! Je pense qu’il veut juste que je dirige l’équipe quand je suis sur le terrain, que je sois capable de commander l’équipe et de nous faire jouer dans les bons espaces, de nous permettre d’aller de l’avant, de prendre les bonnes décisions dans les moments clés.

C’est ce que l’on attend, d’être capable de vraiment dicter le jeu en prenant les bonnes décisions, de taper un coup de pied quand cela est nécessaire ou bien de porter le ballon. Je pense qu’il va me falloir encore quelques semaines, jouer encore un peu plus pour pouvoir progressivement retrouver le niveau que je pense pouvoir atteindre. Je pense qu’il veut que je prenne du plaisir ici et c’est surement dans ces moments-là que je joue mon meilleur rugby. Jusqu’à présent, à Lyon, je prends du plaisir donc je pense que de bonnes choses vont arriver.

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