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L'antisèche : vainqueurs de Clermont, les Parisiens reprennent le rythme

L'antisèche : vainqueurs de Clermont, les Parisiens reprennent le rythme
Par Rugbyrama

Le 10/10/2021 à 23:57Mis à jour Le 11/10/2021 à 00:23

TOP 14 - Ce dimanche, au stade Jean-Bouin, les Parisiens sont venus à bout de l'ASM Clermont (22-14) au terme d'une rencontre emballante, mais également marquée par de nombreuses imprécisions. Avec une deuxième victoire en trois matchs, le Stade français semble en tout cas reprendre le rythme et se rassure en vue des prochaines échéances.

Le résumé : une conquête clermontoise approximative

Dans ce qui était annoncé comme une rencontre de la peur pour le Stade français, ce sont les Clermontois qui sont apparus tremblotants, notamment durant le premier acte. Assez imprécis dans les phases de conquête, les hommes de Jono Gibbes ont offert de nombreuses munitions à leurs adversaires, en plus de gâcher plusieurs opportunités intéressantes. Exemple à la cinquième minute de la rencontre, lorsque les Jaunards bénéficient d’une mêlée à 5 mètres de l’en-but des soldats roses. Ils seront finalement emportés par la poussée parisienne.

Exemple encore à la 53e, avec une énième touche mal négociée par l’alignement des visiteurs, cette fois non loin de la ligne adverse. Globalement, le déchet a donc été important dans les phases de conquête, avec plusieurs mêlées sanctionnées par Monsieur Poite, ainsi que des lancers mal ajustés ou contrés par l’alignement parisien. Au cours de la partie, quatre ballons furent donc perdus en mêlée, certains furent contrariés par l’effort parisien, tandis que quatre balles furent perdues en touche.

Un total bien trop important pour espérer s’imposer à Jean-Bouin, face à un Stade français qui n’avait pas oublié qu’un match de rugby commence d’abord devant (22-14).

Le demi de mêlée Arthur Coville s'est montré à son avantage face à l'ASM.

Le demi de mêlée Arthur Coville s'est montré à son avantage face à l'ASM.Icon Sport

Le constat : du jeu, enfin !

Dans un début de saison pas toujours enivrant en matière de jeu (et notamment lors des fameux "matchs du soir"), la rencontre entre Parisiens et Auvergnats a eu le mérite d’être plus emballante que la moyenne. l'enchaînement après le terne Toulon-Brive de ce samedi rend par exemple justice à cette affiche Paris-Clermont. Alors, pas non plus de quoi sauter au plafond, certes. Mais les deux équipes se sont présentées remplies de bonnes intentions sur la pelouse parisienne, envoyant du jeu çà et là.

C’est particulièrement le cas du Stade français, sous l’impulsion d’un Arthur Coville dynamique, et auteur de quelques départs en filou au ras des rucks. On garde d’ailleurs à l’esprit plusieurs actions de la première période, et notamment deux enchaînements ayant donné lieu aux deux essais refusés à Sekou Macalou, agrémentés de passes sur un pas, dans le dos ou à l’aveugle.

Une rencontre assez rythmée, en bref, qui aurait pu donner un score encore un peu plus gonflé si quelques imprécisions n’étaient pas venues gâcher les intentions.

Le regret : le faux doublé de Macalou

Voilà deux occasions loupées qui auraient pu coûter cher à la formation parisienne, l’écart n'étant creusé par les locaux que dans les ultimes minutes. Lors du premier acte, Sekou Macalou a effectivement manqué deux opportunités de scorer que les Parisiens auraient bien été inspirés de transformer, tant les Clermontois ne se laissaient finalement pas distancer (11-9 à la pause).

Le premier manqué, à la 8e minute de jeu, est plutôt à mettre au crédit de la défense auvergnate. À la suite d’une bonne séquence parisienne dans le camp adverse, suivie d’une petite percée d’Arthur Coville, le ballon rebondit vers Macalou. Le troisième ligne international tente de passer la ligne en fonçant tête baissée, mais l’ancien Parisien Rabah Slimani, assistant plaqueur, lui fait gicler la gonfle des mains, provoquant un en-avant de Macalou dans l’en-but.

Le deuxième raté intervient quant à lui une dizaine de minutes plus tard, et il s’agit en revanche d'un péché de gourmandise du numéro 8 des soldats roses. Après une récupération de Veainu dans les 22 mètres clermontois, la charnière parisienne relance le jeu côté droit. Et alors que la balle vole jusque dans les bras de Macalou, ce dernier oublie complètement son ailier Waisea, qui était pourtant seul pour filer à l’essai. Pire, en essayant d’aller à dame, Macalou effectue un double mouvement au sol. Il est alors pénalisé par l’arbitre de la rencontre. Des ratés heureusement sans conséquence pour les Parisiens.

Le tournant du match : Lavanini, des débuts et un gros raté

Que l’image doit être frustrante pour les Clermontois ! On joue la 68e minute de la rencontre, et les locaux mènent 16 à 14. Sur une action anodine, James Hall sollicite Joris Segonds pour dégager les soldats roses. Mais un Argentin casqué monte en furie sur l’ouvreur parisien. Il s'agit de Tomás Lavanini. Recrue majeure de l’ASM devant, le deuxième ligne puma dispute ses toutes premières minutes sous le maillot jaune et bleu. Sa tentative de contre est gagnante et le ballon file sous les poteaux des locaux.

Lancé comme un frelon, Lavanini arrive sur la balle avant Léo Barré mais, gêné par le retour de ce dernier, et alors qu’il n’a plus qu’à aplatir, l’ancien Racingman échappe le ballon et manque presque l’immanquable. Lavanini ne fait pas semblant, son visage est plus que parlant : il n’a pas marqué.

On lit également la frustration sur le visage du manager Jono Gibbes, en bord de terrain. Ainsi, Romain Poite refuse logiquement l’essai qui aurait permis aux Clermontois de coiffer les Parisiens au poteau, à dix minutes du terme. Et la première du Puma - qui avait subi un gros plaquage de son compatriote Marcos Kremer quelques minutes auparavant - ne restera pas dans les mémoires.

La question : cette équipe du Stade français est-elle rassurante ?

Déjà auteurs d’une grosse partie face à Castres il y a deux semaines (34-10), et ce malgré l’infériorité numérique, les Parisiens se sont de nouveau montrés solides ce dimanche, avec une nouvelle victoire qui arrive à point nommé. Les hommes de Gonzalo Quesada profitent du revers à domicile du BO et quittent la dernière place du classement au détriment des Basques. Et même s’ils sont loins d’être sortis d’affaire, ils peuvent ce soir légèrement souffler, voire même être rassurés par un nouveau succès à domicile. Lorsqu’un exercice de Top 14 démarre avec des airs de saison galère, engranger des points à la maison est souvent primordial. De bon augure pour la suite ?

Cette équipe du Stade français est-elle rassurante ?

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Par Dorian VIDAL

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