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UBB : passer la quatrième

UBB : passer la quatrième

Le 17/06/2021 à 13:00

TOP 14 - Pour battre le Stade toulousain, l'UBB devra à la fois retrouver du pragmatisme dans les zones de marques et réussir à contenir les assauts des joueurs hauts-garonnais. Un défi que l'équipe bordelo-béglaise est prête à relever.

Les ordinateurs ont dû chauffer au 3e étage du CEVA Campus à Moga, lieu de travail des coachs. Christophe Urios et ses entraîneurs ont certainement planché avec la minutie qu'on leur connaît sur leur futur adversaire, le Stade toulousain, le jeu de leur équipe et les 3 dernières rencontres qui se sont toute soldées par une défaite. Ne pèsent-elles pas trop lourd avant cette quatrième confrontation.

"Non la première, on sait pourquoi on l'a perdu" réfute catégorique Christophe Urios. On les avait mis en difficulté, on revient à moins trois puis on passe à moins 10 avec cet essai de Dupont et on est sorti du cadre . La 2e, la coupe d'Europe, on sait que l'on ne l'avait pas préparé dans les meilleures conditions. Mais on n'était pas loin quand même. Et ensuite la 3, il y a 15 jours, on a joué Toulouse en pensant vraiment au prochain match. on n'avait pas joué notre jeu, comme une équipe sans trop de repères, qui jouait comme ça venait, tout ce que je déteste dans le rugby. Je pense qu'au-delà d'être lourd à porter, cela nous inspire. On l'a plutôt bien analysé. Mais on n'a pas encore totalement les idées claires".

L'équation pour battre le Champion d'Europe est en effet des plus complexes. Il faut à la fois les maintenir chez eux, les contenir et aussi réussir à marquer face à une des défenses les plus hermétiques du Top 14.

Du pragmatisme avant tout

Le 9 de l'Union, Maxime Lucu est plus prolixe et pointe le manque d'efficacité face à Toulouse. "Les 3 matchs, je trouve qu'ils se sont ressemblé. On a toujours de la possession, toujours eu du ballon. Mais on n'a jamais su concrétiser, marquer. On a toujours eu l'impression de les faire douter. Mais derrière, on s'est toujours fait contrer et on a toujours perdu." Ce sentiment de déjà-vu, a culminé lors de la dernière confrontation. Plusieurs fois, l'UBB est venu mourir à 1 m de la ligne quand Toulouse, a su marquer un essai tout en puissance avec Meafou, dans l'axe, puis a profité d'un ballon tombé pour le 2e. Cette capacité à transformer le plomb en or, cette défense que Jean Bouilhou a qualifiée dans les colonnes de Midi Olympique, de "roseau", sont les bases du jeu toulousain.

Champions Cup - Antoine Dupont (Toulouse), face à Bordeaux-Bègles.

Champions Cup - Antoine Dupont (Toulouse), face à Bordeaux-Bègles.Icon Sport

L'UBB devra faire preuve d'une discipline et d'une précision plus grande pour la demi-finale. Max Lucu revient sur le premier match de la saison contre les Hauts-Garonnais "On avait fait un super match pendant 55-60 minutes, je crois. On avait rivalisé avec cette équipe. On avait mis notre jeu en place. Avec notre jeu d'occupation et un bon tri des ballons entre les temps faibles et les temps forts. Voilà et on a eu un ballon à 26-23 quand on revient. Un ballon dans nos 40, une mêlée que l'on décide de jouer au lieu de mettre la pression chez eux. Un en-avant et derrière on prend 7 points." Rageant, mais le scénario est souvent le même. Alors gare aux ballons égarés, aux turn-over au milieu du terrain et autres petites erreurs dont l'armada toulousaine se régalera. Ce qui explique la sortie de Christophe Urios : "Il faudra être extraordinaire".

Patience et réalisme

L'UBB possède pourtant pas mal d'atouts dans son jeu. En premier, une conquête assez régulière depuis le match contre Toulon. Le demi de mêlée girondin le constate : "On perd très peu de ballons. Sur nos lancers, on fait pas mal de bons pourcentages. Mais derrière, on n'arrive pas à bien utiliser le ballon. On complique les choses. On ne se sert pas de ce travail des avants qui, à l'image de Toulon et de Toulouse, il y a deux semaines, nous ont permis de dominer, d'avancer, car derrière, on arrive pas à marquer."

Voilà une des clefs pour passer la quatrième. Entre un jeu au pied précis pour les renvoyer chez eux, une défense agressive et une discipline sans faille, la tâche s'avère rude. Autre point qui est certainement travaillé par l'équipe bordelo-béglaise : la patience. "Oui", confirme l'ainé des Lucu. "La patience notamment en zone de marque, en zone de jeu de nos 40 à leur en-but. Depuis Toulon, je trouve que l'on a énormément de déchets. On vient énormément dans ces zones-là et on n'arrive pas à revenir avec des points ou à scorer, à mettre à mal les équipes. Ou à prendre le large. C'est dû à des petits manques de patience où on a envie de jouer ou de marquer rapidement en 2-3 temps de jeu, sans forcément faire travailler la défense et trouver les brèches qu'ils peuvent nous offrir en face."

Champions Cup - Matthieu Jalibert (Bordeaux-Bègles), face à Maxime Médard (Toulouse).

Champions Cup - Matthieu Jalibert (Bordeaux-Bègles), face à Maxime Médard (Toulouse).Icon Sport

Du coup, l'efficacité s'en ressent. "On joue mal des situations de surnombre" poursuit-il. On s'entête à faire trop de jeu avec les avants, alors que des espaces se libèrent sur les extérieurs. Contre Clermont, on a vu le parfait exemple aussi ou en première mi-temps. On a des occases que l'on doit mettre au fond." Pourtant, l'UBB sait se montrer patiente et construire des essais avec sang-froid. Contre la même équipe au Michelin, on peut se souvenir de l'interminable pilonnage de la ligne clermontoise après la 80'. Et cela pour aboutir à l'essai spectaculaire d'Hulleu en bout de ligne. Cette envie de gagner, de ne jamais renoncer, c'est ce que désire le plus Christophe Urios.

Pour passer cette quatrième, le coach s'appuiera aussi sur les matchs de phase finale joués cette année. "On n'a pas beaucoup de matchs éliminatoire au compteur, mais nous on les a concentrées sur un an. Cela nous a fait grandir. Et je trouve que le match de la semaine dernière, nous a fait encore grandir." Ce barrage, que l'équipe girondine a dans l'ensemble, maîtrisé, pourrait bien être celui du déclic. Et puis, il y a aussi les signes du destin. Voila exactement 30 ans, les Girondins étaient en crise et descendaient en D2. Le CABBG, lui, remportait le championnat contre... Toulouse. Drôle de coïncidence...

En attendant la rencontre, vous pouvez profiter du Comme à Confesse de Christophe Urios...

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