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Oyonnax : la jeunesse n'est pas un problème, c'est même devenu un atout

Oyonnax : la jeunesse n'est pas un problème, c'est même devenu un atout

Le 21/10/2020 à 13:12

PRO D2 - Alors qu'Oyonnax a débuté sa saison et conclut un premier bloc par quatre victoires en quatre matchs, l'apport des joueurs issus de la formation devient de plus en plus important en équipe première. C'est aussi le fruit d'une politique voulue par toute une entité et qui doit permettre au club du Haut-Bugey de miser davantage sur son territoire.

42,5%. Ce chiffre a été annoncé dès l'intersaison avec fierté, et il correspond au nombre de joueurs issus de la formation oyonnaxienne composant l'actuel effectif professionnel ; un chiffre encore en progression en comparaison avec les 40% du groupe de la saison 2019-2020. "Notre objectif est d'atteindre les 50% à moyen terme, d'ici trois à cinq ans", précise de suite Sylvain Terraz, directeur du centre de formation. Mais ce chiffre doit forcément être mis en corrélation avec l'utilisation qui est faite de ces joueurs par le staff de l'équipe première et c'est là qu'il prend encore plus de poids.

Avec en moyenne 38% de joueurs "made in Oyo" déjà utilisés sur les quatre premières rencontres (48% contre Carcassonne ; 39% contre Soyaux-Angoulême et Provence ; 26% contre Montauban), "on constate en plus que nos joueurs issus de la formation font plus que partie intégrante de l'effectif professionnel. Pour certains, ce sont devenus des cadres", poursuit Sylvain Terraz. Cette analyse est d'autant plus renforcée quand on sait que la saison passée, au sein de l'effectif, le joueur le plus utilisé (Théo Millet) et le meilleur marqueur d'essais (Aurélien Callandret) étaient tous les deux issus de la formation oyonnaxienne ; et Théo Millet est même devenu l'un des capitaines de cette équipe.

Forcément, cela interpelle à Oyonnax, au sein même du groupe d'anciens. "Des joueurs comme Vali (Valentin Ursache, ndlr) viennent nous voir et nous disent que lorsque l'on envoie des jeunes avec les pros, ce ne sont plus les petits mais des jeunes qui prennent une place et s'imposent", poursuit avec fierté le directeur du centre de formation. Outre les Millet ou Callandret, un joueur comme Bilel Taieb - natif d'Oyonnax - est justement devenu ce vrai cadre (92 matchs depuis 2016) mais l'on pense aussi à Sacha Zegueur, Loïc Credoz ou encore Thomas Laclayat, tous issus d'un territoire où la concurrence est rude de par la proximité avec Lyon, Grenoble voire Clermont.

Le fruit d'une politique nouvelle qui porte ses fruits

"On est en train de réussir ce que l'on avait pour ambition", commente Thierry Emin président d'un club où dire que faire jouer les jeunes n'est pas vu de manière péjorative, quel que soit le match. Concrètement, l'Oyo'Sphère et l'Oyo Elite sont les fers de lance d'une politique de formation qui représente entre 5 et 10% du budget global. Avec l'Oyo'Sphère, qui regroupe un panel de clubs partenaires dans un périmètre d'un peu plus de 100 kilomètres autour de la ville et réunis plusieurs fois dans l'année sous forme de séminaires, "cela donne une chance aux jeunes de pouvoir jouer au haut niveau et sans un éloignement géographique trop important. Et ces clubs se rendent compte qu'avec le tutorat ou la post-formation et donc des redescentes, ils y trouvent leur intérêt. La réussite de notre politique de formation passe par le développement de nos clubs partenaires", poursuit le président qui situe désormais l'évolution dans la mise en place d'un véritable centre de suivi fédéral.

" Avoir un staff centre de formation dans le staff professionnel qui finit la formation, rien que pour neuf joueurs, ça c'est novateur "

Avec ces ajustements et ce maillage, très peu de joueurs passent désormais sous les radars. On l'assure, il serait impossible de "rater" un Felix Lambey, originaire de Lons-le-Saunier à seulement 60kms et qui a finalement rejoint Lyon. Et l'on insiste sur quelques fiertés, comme Daniel Ikpefan, aujourd'hui à Toulon et repéré à Annecy en Haute-Savoie. Plus encore que ce réseau, au sein même d'Oyonnax Rugby, l'Oyo Elite se veut être la véritable spécificité haut-bugiste. Il s'agit d'un pallier entre le Centre de Formation dit "Développement" et l'équipe fanion, regroupant neuf joueurs cette saison (Durand, Credoz, Paul, Favier, Zegueur, El Khattabi, Zeghdar, Reybier, Camara), suivis par l'ancien pilier Vincent Debaty qui a pour tâche de faire le lien avec le groupe pro. Un préparateur physique et un réathlétiseur sont mobilisés spécialement et "avoir un staff centre de formation dans le staff professionnel qui finit la formation, rien que pour neuf joueurs, ça c'est novateur", insiste Sylvain Terraz.

Une identité oyonnaxienne et, avec, un projet de jeu

La prise de conscience et l'impulsion du virage résultent de plusieurs phénomènes, à commencer par la logique économique d'une aire urbaine qui représente moins de 50 000 habitants. La RIF (Réforme des Indemnités de Formation) fait également augmenter le coût d'un jeune joueur et pour un club comme Oyonnax, "il y a quelques années un joueur membre de France U20 n'était pas notre budget mais aujourd'hui, c'est la même chose pour un France U18. C'est devenu une fortune", rappelle Sylvain Terraz pour justifier cette politique globale de formation. Il faut donc s'adapter.

De plus, "sans dire que l'on était la risée de la région chez les jeunes, on n'en était pas très loin... Mais depuis quatre ou cinq ans, on commence à avoir des résultats et à être considéré sportivement. C'est plus facile de recruter des jeunes. C'est sûr qu'il n'y a pas les yeux qui brillent comme dans un grand club mais il y a le fait de pouvoir se dire qu'à Oyonnax, je peux sortir", insiste Thierry Emin. Et sortir, cela veut dire jouer en pro avec une identité oyonnaxienne. Car si certains diront que le club de l'Ain n'a rien inventé, on peut préciser qu'il forme ou façonne. Mais l'Oyo Elite est inédit.

Pro D2 - Thierry Emin (Président d'Oyonnax)

Pro D2 - Thierry Emin (Président d'Oyonnax)Icon Sport

Derrière "c'est une formation individuelle pour travailler de manière chirurgicale sur le potentiel du joueur pour l'amener à son meilleur niveau, plutôt que de travailler sur la masse, note Sylvain Terraz, au club depuis 2007 et qui a vu un autre changement majeur, le passage à une pelouse synthétique au stade Charles-Mathon. On est passé du terrain le plus lent de France au plus rapide. Il faut s'adapter en termes de formation. Sous l'ère Urios, on était sur des profils épais et solides, avec un grand ancrage, râblé. Maintenant, on est passé sur des profils très dynamiques et rapides, vers ce rugby moderne qui va vers le jeu de vitesse", et qui permet de découvrir encore un profil comme l'ailer Enzo Reybier, né en 2002, originaire de Saint-Claude dans le Jura et apparu contre Soyaux-Angoulême.

Dans ce contexte de plus en concurrentiel sur le plan sportif, et où les modèles économiques sont remis en cause par la crise du Covid-19, Oyonnax mise donc sur la formation pour assurer un développement et sa pérennité au niveau professionnel, avec une restructuration qui prévoit par ailleurs un volet scolaire avec des partenariats avec des établissements de l'agglomération et la présence d'au moins un éducateur salarié dans chaque catégorie. Tout autant de détails qui ne le sont pas vraiment et qui contribuent au discours haut-bugiste de vouloir retrouver le Top 14.

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