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Buononato : "La première fois qu’une pré-saison me régale autant"

Buononato : "La première fois qu’une pré-saison me régale autant"

Le 19/07/2019 à 16:38Mis à jour Le 19/07/2019 à 19:23

PRO D2 - Désormais patron du staff de Soyaux-Angoulême, Adrien Buononato entame cet été un nouveau challenge sportif, au sein d’un club pas encore habitué à jouer les premiers rôles mais qui rêve de phases finales. Avant de voir grand en Charente, l’ancien manager d'Oyonnax a un plan. Il se confie à Rugbyrama, un mois après la reprise de l’entraînement.

Rugbyrama : Comment se passe votre prise de fonctions ? Fidèle à vos attentes ?

Adrien Buononato : Je crois que c’est la première fois qu’une pré-saison me régale autant ! Elle est très axée rugby. Il y a eu du changement au club, il y avait de la curiosité mutuelle. On se découvre et on vit bien, ça démarre à 6h30 le matin. On termine aujourd’hui le premier bloc de quatre semaines de prépa physique, avec quand même beaucoup de ballons. L’équipe conduite par Pierre Sagot a fait un boulot incroyable, vraiment. J’ai une super satisfaction sur le staff.

Vous avez emmené du monde dans vos bagages, à votre départ d’Oyonnax. Notamment Nicolas Leroy (performance manager) et Matias Caballero (responsable de l’analyse vidéo). Vous arrivez quelque part aussi en terrain connu.

A.B : Ça apporte une fluidité, avec l’habitude de travailler ensemble depuis le Racing. On connait les attentes des uns et des autres, ça va vite. C’est important quand on prend un groupe. Il y a vraiment des repères. Je sais qu’ils ont aussi une capacité d’adaptation, d’imagination et d’innovation très grande. C’était important de les avoir auprès de moi.

Vous avez déjà travaillé aussi par le passé avec Mirco Bergamasco, qui est maintenant votre bras droit à Angoulême.

A.B : On s‘est croisé au Racing mais dans un rôle différent. J’étais entraîneur, il était joueur. Nous sommes aussi passés par les mêmes clubs. Avec la chance de décrocher un titre avec le Stade Français. Ce sont des choses qui nous rassemblent. Mirco m’avait contacté il y a deux ans pour venir à Oyonnax en tant qu’entraîneur dans le cadre de sa formation. Là, dans nos derniers échanges, ça a matché très vite. Il sait exactement où il veut aller.

La fibre italienne, ça rapproche aussi, non ?

A.B : (rires)...Je peux vous dire qu’il n’y aura pas de crème dans les carbonaras au club !

" Cette saison, l’objectif est de faire des coups. J’aimerai vraiment qu’on apprenne à se déplacer pour fabriquer des souvenirs loin de Chanzy"

Comment qualifiez-vous votre premier recrutement ?

A.B : On s’est concentré à faire un recrutement de jeunes joueurs qui nous amènent beaucoup de fraîcheur et d’enthousiasme. Des joueurs très talentueux, qui n’ont pas forcément leur chance. On sait très bien que l’on va manquer d’expérience dans certains moments clés de la saison. On va leur passer leur manque d’expérience, leur accorder ce droit de se louper par moment. On va se découvrir dans des moments de joie, dans la difficulté aussi. C’est important de partager ça. On ne se met pas de pression, en fait...

...Pas de pression en matière de classement ?

A.B : Cette saison, l’objectif est de faire des coups, de créer des évènements qui vont construire notre histoire commune pour arriver à maturité la saison prochaine. Je suis là pour trois ans, l’idée c’est d’aller chercher à terme le top 6, évidemment. Mais la pression, elle n’est pas de chercher ça aujourd’hui. On chamboule un fonctionnement, un effectif. Il faut mettre en route une machine, la fignoler pour qu’elle arrive à l’heure au bon moment. J’aimerai vraiment qu’on apprenne à se déplacer pour fabriquer des souvenirs loin de Chanzy.

C’est tout bête, mais c’est le plaisir simple de ce jeu : monter dans le bus, rentrer et boire une bière parce qu’on a gagné. Comme un cadet. Ces dernières années, mon meilleur souvenir, c’est la victoire d’Oyo à Clermont. On a besoin de ça, pour constituer ce groupe. J’ai hâte. Le reste, par pudeur, je le garde pour moi et on fera un bilan après deux blocs.

Avez-vous cette volonté aussi de mettre en place ce rugby total était votre marque de fabrique à Oyonnax ?

A.B : Complètement. Etre capable de mettre beaucoup de vitesse dans notre jeu, et beaucoup de séquences longues. C’est ce que j’aime faire. Quand les joueurs ont ce plaisir sur le terrain, on arrive à faire des belles choses. Je trouve que l’exemple de Toulouse est un bel exemple de ce que l’on peut faire quand on n’est pas frileux. Sur la construction également. L’équipe a mis trois ans pour arriver là où elle voulait arriver. J’aime bien le boulot fait là-bas. C’est inspirant...

" Je suis déçu que la confrontation avec Oyo arrive un peu tard, c’est en novembre"

...Soyaux sera donc champion de Pro D2 dans trois ans, si je vous prends au mot ?

A.B : C’est vous qui le dites (rires). On reste à notre place. On est Soyaux, on n’a pas du tout le passé prestigieux d’un Stade Toulousain. Mais on a envie de prendre du plaisir dans ce que l’on va faire.

Blague à part, on connait votre soif de titre.

A.B : J’aime beaucoup ça. J’ai eu beaucoup de chances d’être dans des staffs qui gagnaient. Et du plaisir d’aller chercher trois fois un titre. Donc j’ai envie de connaître ces moments-là encore, c’est sûr.

On vous sent très enjoué. Vous semblez vraiment avoir la niaque, deux mois après une grosse déception et cette élimination en demi-finale de Pro D2. La page Oyonnax est tournée ?

A.B : Sportivement, elle l’est. Cette défaite, je la digère parce que c’est le sport. Oui, on se remet en question, je cherche ce que j’ai foiré dans le truc. Mais mener 27-9 et perdre 34-38 dans un match un peu fou, il n’y a pas d’amertume. On voulait offrir une ½ finale à domicile à notre public de Pro D2, on l’a fait. On termine meilleure attaque, 101 essais marqués. Bien sûr qu’on aurait aimé allez plus loin, mais c’est comme ça...Après, affectivement, avec beaucoup de joueurs et le staff, on s’appelle beaucoup, on reste très proches. Je suis déçu que la confrontation avec Oyo arrive un peu tard, c’est en novembre. C’était trois belles années riches en moments très exaltants. A moi d’en créer d’autres ailleurs.

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