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Toulouse : des absences à combler

Toulouse : des absences à combler
Par Rugbyrama

Le 21/05/2021 à 10:08Mis à jour Le 21/05/2021 à 10:11

CHAMPIONS CUP – La cinquième étoile en ligne de mire, le Stade toulousain s’est envolé vers Twickenham, pour y défier La Rochelle (samedi, 17h45). Mais Ugo Mola et ses hommes ont dû laisser derrière eux plusieurs membres importants du groupe, privés de finale pour cause de blessures ou de suspension.

"On pense à tous ces joueurs qui méritaient de jouer ces moments-là…" Romain Ntamack le sait : l’équipe qui foulera la pelouse de Twickenham samedi sera orpheline d’une partie de ses cadres. Car si les pépins physiques les avaient laissés tranquilles, il y a fort à parier que Yoann Huget, Dorian Aldegheri, Alban Placines, Sofiane Guitoune et consorts l’auraient foulé, cette mythique pelouse.

Une rupture du ligament par ci, une fracture du bras par là… Les Hauts-Garonnais n’ont pas été épargnés par les blessures. Le club rouge et noir est notamment en sous-effectif au poste de trois-quarts centre. Et pour cause, le saison de Guitoune est d’ores et déjà terminée, Lucas Tauzin est encore trop juste, Pierre Fouyssac en délicatesse avec ses tendons et Santiago Chocobares n’est pas qualifié pour jouer la Champions Cup.

" Le regard de Julien Marchand sur le parking me marquera à vie"

Comme si ces absences ne suffisaient pas, la pénurie de joueurs stadistes au centre du terrain devrait s’accentuer avec le très probable forfait du polyvalent Zack Holmes, touché aux ischio-jambiers. "On les enchaîne", déplorait Ugo Mola en conférence de presse, mercredi.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de réduire au maximum les risques de bobos ces trois dernières semaines. De nombreux joueurs (Ahki, Faumuina, Dupont, Kolbe…) ne sont ainsi plus apparus en rouge et noir depuis la demie remportée contre l’UBB, pour être préservés en vue de la finale. Au prix même de deux défaites en championnat. Chose que l’entraîneur toulousain reconnaît le premier : "Le rythme de notre calendrier, et surtout le rythme de nos blessures, nous ont amené à faire des choix qui, pour l’instant, ne s’avèrent pas forcément réussis sur la partie Top 14. Parce que tu essaies d’en protéger certains, de les ménager, il y en a d’autres qui se ménagent tous seuls…"

Comme un air de finale de Top 14 2019

Cette semaine, à l’entraînement, il y en a un qui ne s’est en revanche pas ménagé : le talonneur Julien Marchand, un autre absent de marque pour le choc face au Stade rochelais. Suspendu, celui qui a su endosser à merveille le rôle de capitaine sera donc une nouvelle fois privé de finale, après avoir manqué celle du Top 14 en 2019. "Le regard de Julien Marchand sur le parking hier soir (mardi soir N.D.L.R.) me marquera à vie. Parce que ce gamin ne pourra pas jouer la finale de Coupe d’Europe qui lui était promise", regrettait en milieu de semaine un Ugo Mola peiné.

Mais entre les quelques nuages d'un parcours semé d’embûches, on devine une éclaircie : le réservoir toulousain au poste de talonneur. Lors de la finale victorieuse contre Clermont il y a deux ans, Peato Mauvaka et Guillaume Marchand, cadet de Julien, avaient eu la lourde tâche de remplacer l’habituel titulaire. Il devrait en être de même samedi. "Dans notre malheur, on la chance d’avoir deux joueurs incroyables, se réjouit à ce propos le technicien haut-garonnais. Il poursuit : Ce n’est pas là (au poste de talonneur N.D.L.R.) où l’on est le plus embêtés. Je ne vous cache pas que j’aurais bien aimé avoir le frère de Zack Holmes dans le trafic, le cousin de Yoann Huget, ou bien le petit frère de Sofiane Guitoune (sourire). Mais malheureusement, je ne les ai pas."

Top 14 - Yoann Huget (Toulouse)

Top 14 - Yoann Huget (Toulouse)Icon Sport

L’entraîneur rouge et noir regrette ainsi d’avoir « perdu beaucoup de [ses] forces vives » avant de composer son XV : "Essayer d’arriver avec l’équipe la plus compétitive pour un soir de finale, c’est ça le but de notre aventure, c’est de disposer de ces armes le jour où ça compte."

Les circonstances n’offrent en effet que peu de choix à Ugo Mola, pour décider de qui accompagnera Pita Ahki au centre. Si l’option privilégiée semble mener au Puma Juan Cruz Mallia, les joueurs polyvalents se tiennent prêts au cas où. "De toute façon, là, c’est une finale. Donc, quel que soit le poste, il faudra se donner à 100%. S’il faut que je passe au centre, j’y passerai, il n’y a aucun souci. On verra les options qui s’offrent à nous", annonçait mercredi Romain Ntamack, qui fait partie des 30 joueurs du voyage pour l’Angleterre. Oui, 30 joueurs seulement. Mesures sanitaires obligent, seuls les 23 qui joueront la finale ainsi que sept suppléants sont autorisés à faire le déplacement (en plus de 22 membres du staff).

Une désillusion de plus pour les grands absents, qui regarderont la finale de leur canapé, et un élément de motivation supplémentaire pour la bande à Ntamack. "Dans ces moments-là, on essaie de trouver tous les petits éléments pour nous motiver. C'est vrai qu'il va nous manquer des joueurs clés, des joueurs qui sont là depuis plusieurs années, qui se sont donné corps et âme pour faire grandir ce groupe. On pense forcément à Yoann, à Sofiane, à Julien qui va être privé de cette finale, mais on pense aussi à tous ces mecs qui se sont entraînés dur et qui n'ont pas eu la chance de jouer une seule minute en Coupe d'Europe […] On va essayer de leur faire vivre ce match à travers leurs écrans, comme s'ils y étaient", promet le jeune ouvreur international.

" Ils ont cette capacité à dédramatiser"

Derrière leur télévision, "Yo" Huget et compagnie espéreront sûrement voir leurs partenaires leur faire honneur, emmenés par la fraîcheur d’Antoine Dupont et de cadres tout fringant après leurs quelques jours de repos. Tout le contexte autour de cette finale ne semble en tout cas pas atteindre les membres de l’équipe, même les plus jeunes, selon les dires d’Ugo Mola. "Il y a un côté parfois déconcertant dans la manière dont ils abordent les évènements. Personnellement, j’étais très insouciant à l’époque (lorsqu’il était joueur, Mola a remporté une Coupe d’Europe avec Toulouse en 1996 N.D.L.R.), mais j’ai bien l’impression qu’ils le sont encore plus que moi. Ils ont cette capacité à dédramatiser, à vivre avec ça."

Par Dorian Vidal

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