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Roubert : "J’ai du respect pour ceux qui veulent participer, mais on veut gagner"

Roubert : "J’ai du respect pour ceux qui veulent participer, mais on veut gagner"

Le 26/05/2022 à 10:00Mis à jour

CHALLENGE CUP – Alors que le Lou Rugby disputera la première finale européenne de son histoire ce vendredi (21h), au Vélodrome de Marseille, face à Toulon, son président Yann Roubert s’est confié sur ce que représentait cet évènement pour son club, et explique à quel point l’envie de titre anime ce groupe et ce club pour poursuivre sa progression.

Le club est en train de vivre une semaine particulière, ce type de semaine que l’on attend tout au long d’une saison…

Bien sûr. Je dirais que c’est une très saine excitation. On sent qu’elle monte un petit peu partout dans le club. Chez les joueurs bien sûr, au sein du staff, pour les supporters, à la brasserie du LOU, dans les bureaux. Cela s’agite et c’est très bien. On est en pleine organisation. Ce sont de très bons problèmes, on se bat toute l’année pour les avoir. On est très heureux.

Justement, on sent l’engouement autour du LOU pour cette finale avec 15 bus qui feront le déplacement, sans compter les supporters qui viendront par leurs propres moyens à l’Orange Vélodrome !

C’est vrai que l’on se dit toujours que le meilleur marketing c’est de gagner des matchs, de bien jouer et de vivre de bons moments au stade. Ça le fait. C’est vrai que cette montée en puissance de la Coupe d’Europe, il faut reconnaitre que c’est assez nouveau d’avoir des épopées européennes au LOU Rugby, et pour le rugby à Lyon. J’aime cette montée en puissance avec de plus en plus de monde au stade entre le huitième, le quart et la demie. C’est très chouette de voir que cela prend, que cela fait parler dans Lyon, et qu’il y a cette possibilité de devenir la première équipe masculine du sport lyonnais à remporter un titre européen. Ce serait une très belle première. Il y aura pas mal de bus et tant mieux si cela bouchonne sur l’A7 entre Lyon et Marseille, cela voudra dire qu’il y a des Lyonnais qui viennent ! On sera entre 4 000 et 5 000 Lyonnais. On se doute qu’il y aura un peu plus de Toulonnais… mais c’est formidable de voir les Lyonnais se mobiliser.

Qu’est-ce que cela représente véritablement, pour vous, en tant que président du LOU, de jouer une finale européenne ?

C’est un marqueur de notre progression et l’on peut s’en réjouir. On n’oublie pas d’où l’on vient. Je me rappelle qu’à mon arrivée, on était 8e de PRO D2 et il y avait moins de monde au stade que de Lyonnais qui seront présents à Marseille. C’est génial et ça avance. On n’oublie pas d’où l’on vient. Après, ce n’est pas un aboutissement. Le but n’est de jouer des finales, ça doit être de les gagner. C’est une occasion de gagner un titre et Dieu sait si c’est rare dans une carrière. Il n’y a que deux occasions par an. Avoir cette opportunité, c’est formidable et il faut la saisir. C’est ce qui compte, et il reste l’étape la plus dure.

Disons que dans le projet du LOU, remporter un titre va devenir un impératif pour continuer à marquer cette progression. Ou a minima être régulièrement présent à ce stade d’une compétition ou dans un dernier carré…

Exactement. On avait coché la case des phases finales avec nos deux demies en 2018 et 2019. Il y aura toujours des regrets en 2020 car on ne saura jamais ce qu’il se serait passé (arrêt de la saison à cause du COVID et alors que le LOU était 2e). Je me réfère souvent au projet de club que l’on a écrit quand on est arrivé avec toute l’équipe qui m’entoure. L’étape 0 était l’héritage des 120 ans d’histoire, l’étape 1 était de revenir en TOP 14, l’étape 2 était d’y rester ce qui n’avait jamais été fait et l’étape 3 est bien sûr de gagner des titres. J’ai du respect pour la Baron de Coubertin et ceux qui veulent participer, mais quand on est Lyon et dans notre projet, c’est de gagner des titres au plus haut niveau. On sait que l’on n’est pas seul sur ce créneau mais c’est ce validera notre progression. On a gouté aux phases finales et c’est très bien, mais l’objectif ne sera jamais de participer à une demi-finale mais de gagner une finale. On a une occasion dès vendredi, saisissons-là.

Le public lyonnais a cette réputation d’aller là où ça gagne… mais le fait de soulever un trophée peut permettre de transformer des spectateurs en supporters ! Et de fidéliser davantage.

Bien sûr. Le seul marketing qui aille, c’est de bien jouer et de gagner. Bien sûr que ce sont les titres qui viendront valider le projet du LOU Rugby. Espérons le premier au plus haut niveau vendredi.

"Ce groupe, à 100%, qui donne le meilleur, est capable de renverser des montagnes"

Votre dernier match contre Toulon, marqué par une lourde défaite à domicile en TOP 14, a semble-t-il été un tournant dans votre saison avec un changement d’état d’esprit du groupe. L’avez-vous ressenti ?

Très clairement. Il y a un groupe qui a des capacités jamais vues au LOU Rugby et avec une qualité d’effectif. On a sans doute un groupe qui ne connait pas ses limites et qui peut, du coup, les dépasser. Je pense que l’on est capable du meilleur comme du pire. Le pire, on l’a vu contre Toulon chez nous et on l’a revu à Bordeaux le week-end dernier en championnat. J’espère que l’on va voir dans cette fin de saison le meilleur. Ce groupe, à 100%, qui donne le meilleur, est capable de renverser des montagnes et de faire des choses merveilleuses. On n’oublie pas les titres de PRO D2 qui sont également des marqueurs.

Ce qui n’enlève en rien, quoi qu’il arrive, aux ambitions en TOP 14… Ce n’est quand même pas : tout pour la Coupe d’Europe. Le championnat garde une place prépondérante dans votre fin de saison ?

Bien sûr. C’est tout pour la Coupe d’Europe cette semaine. Jusqu’à samedi matin, vous n’entendrez pas parler de TOP 14 au LOU Rugby. On s’y remettra dès samedi. On ne veut rien galvauder et l’on sait que l’on devra battre La Rochelle avec le bonus pour pouvoir jouer cette phase finale. La challenge sera relevé mais il n’est pas infaisable. La preuve, l’UBB a gagné le week-end dernier avec le bonus contre une équipe qui avait des choses à jouer… Bravo à eux. Soyons à 100% car ce groupe, s’il est intensément lui-même, il en est capable.

Et il y aura la place centrale de Pierre Mignoni autour du match de vendredi, et dans cette envie de terminer son aventure au LOU Rugby avec un trophée.

C’est vrai qu’il n’y aurait pas meilleure façon de terminer ces sept belles années avec un ou des titres. Ça serait la meilleure façon de clôturer cette belle histoire. Pour lui, et tous ceux qui quitteront le LOU car ce sera leur dernière chance d’aller chercher un titre avec nous. Raison de plus pour aller les chercher !

En tant que membre du Comité de l’EPCR, voir deux clubs français en finale de Challenge Européen et un autre en fin de Champions Cup, c’est un autre indicateur de la bonne forme du rugby français.

Cela prouve la belle santé du rugby français avec déjà le Grand Chelem comme le plus beau symbole. Le fait d’avoir trois équipes sur quatre dans les finales européennes en est un autre. Et puis le fait d’avoir un TOP 14 où avant la dernière journée de saison régulière neuf équipes peuvent encore être Champion de France, et que de grosses équipes seront sur le carreau, cela montre la qualité du rugby français, de ses clubs et de son équipe nationale. D’autant plus à une petite année de la Coupe du Monde en France. Entretenons le feu.

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