Son expérience en Australie, son retour à Bordeaux… Jean Baptiste Dubié raconte sa nouvelle vie

  • Jean-Baptiste Dubié, ancien centre de l’Union Bordeaux-Bègles.
    Jean-Baptiste Dubié, ancien centre de l’Union Bordeaux-Bègles. Icon Sport - Anthony Dibon
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Jean-Baptiste Dubié a dit adieu au rugby professionnel il y a de cela quelques mois. L’ancien centre de l’UBB raconte sa nouvelle vie en Australie et évoque son futur à Bordeaux !

La nouvelle vie de Jean-Baptiste Dubié en Australie, elle ressemble à quoi ?

C’est comme une parenthèse dans une vie normale tout en sachant que je suis quand même rentré dans la "vraie vie" puisque j’ai un travail à plein temps. J’apprends aussi à rentrer dans cette vie-là. Au début avec l’excitation c’était cool mais tu te rends très vite compte que ce n’est pas drôle (rires). L’environnement dans lequel on se trouve avec ma femme est quand même idéal, on vit une très belle expérience.

Vous travaillez pour Budgy Smuggler, quelle est votre journée type ?

C’est un boulot cadré. Ils ne vont pas me payer à faire le con sur des stories Instagram ! Je travaille du lundi au vendredi. En général, je fais du 8h30 – 17h. Je prends mon sac, ma gamelle. Comme je n’ai pas de voiture et que mon permis n’est pas valable en Australie, je prends le bus. Parfois j’y vais avec ma chérie parce qu’elle travaille aussi pour la marque. Parfois je m’assois dans le bus et je me dis que si j’avais des copains de Bordeaux qui rentraient dans le bus, ils me diraient "mais qu’est-ce que tu fais là ?". C’est assez drôle, j’ai encore du mal à vivre tout ça comme la réalité mais j’ai ma petite routine de bon Français exilé en Australie.

Et le rugby dans tout ça ?

J’ai mis un petit "x" au sujet rugby. J’ai enchaîné en arrivant ici mais c’était nouveau pour moi. Je suis passé du circuit professionnel à travailler et à m’entraîner le soir sans avoir de kinés, de soins, de salles de musculation… C’est rigolo mais finalement c’est mon corps qui n’arrive pas à suivre le rythme. J’ai fait la préparation, deux matchs amicaux et puis j’étais mort ! Je me suis fait mal au genou donc je suis au garage et je ne sais même pas si je vais reprendre. C’est marrant, parce qu’ils avaient annoncé mon arrivée comme un joueur du Top 14… Bon au final, je suis au frigo je ne sais même pas si je vais jouer.

Le club dans lequel vous jouez est donc totalement amateur ?

C’est très particulier en Australie parce que le club dans lequel je joue (Manly Marlins NDLR) évolue dans le deuxième niveau du rugby australien mais ils bossent tous à côté. Personne n’est payé mis à part des primes de match. Je n’avais pas idée de ce que cela pouvait représenter en termes d’effort de jouer là-bas. Même mentalement c’est solide… Il y a des mecs qui sont plombiers, électriciens où qui bossent sur les toits… Moi je me balade en slip et je n’arrive pas à suivre le rythme. J’ai un peu honte (rires).

Donc on oublie la pige avec les Waratahs ?

Il y a potentiellement un poste pour moi mais en tant que mascotte. La dernière fois j’y suis allé… La mascotte est pas mal, je pense que je peux mieux faire mais c’est vrai qu’il court quand même beaucoup et avec mon genou ça risque d’être compliqué… Il me faudrait une trottinette électrique. Je ne vois que ça comme opportunité à saisir avec les Waratahs.

Vous suivez toujours vos anciens coéquipiers de l’Union Bordeaux-Bègles ?

Oui à fond ! Je n’ai pas lâché, je suis toujours le championnat. Je regarde évidemment l’UBB en long et large et en travers. Je regarde même les entraînements. J’ai encore accès au groupe donc de temps en temps je vais voir ce qu’il se passe aux entraînements. Quand Nans Ducuing me dit qu’il a traversé le terrain… Je vais quand même vérifier ! C’est mon super copain mais je préfère vérifier par mes propres moyens.

C’est dur de décrocher finalement ?

Oui c’est forcément très dur, surtout quand tu pars en cours de saison. Bordeaux est mon club de cœur donc je ne peux pas décrocher comme ça et cela sera forcément très dur de décrocher avec l’UBB. J’ai tous mes copains qui vivent une fin de saison haletante donc ça donne encore moins envie de décrocher. J’envoie toujours des petits messages avant les matchs.

Êtes-vous pressé de rentrer à Bordeaux ?

Oui, il me tarde. J’ai toujours rêvé de vivre cette expérience et je ne suis vraiment pas déçu parce que c’est génial. Mais j’ai du mal à me dire que je pourrais vivre en Australie. La famille et les amis nous manquent. On profite à fond et ça passe très vite. Il y a eu quelques coups de blues mais ça n’a pas duré.

Quelle est la première chose que vous allez faire en rentrant en France ?

Ce n’est pas compliqué. Message groupé. Un lieu, sûrement le domaine Grand Jour chez Rémi Lamerat. Des copains. Des copines. Du soleil. Un peu de musique. Pourquoi pas une tireuse à bière. Voilà ce n’est pas compliqué !

En rentrant en France avez-vous pensé à rejouer au rugby ou peut-être tenter une expérience dans un staff ?

Rejouer ? Non, pas du tout. Je pense que le rythme ne me convient plus. Il va falloir que je passe à autre chose. Le plus dur c’est que j’ai toujours la flamme et je me régale vraiment mais je suis un peu usé. Mon corps me fait mal et quand il y a moins de personnes qui s’occupent de toi c’est encore plus difficile. Je suis aussi fatigué mentalement d’avoir des douleurs. Je vais faire comme tous les anciens joueurs, je vais me mettre au padel et au golf ! Dans tous les cas, je ne vais pas couper mon lien avec le rugby. Je vais rester proche de l’UBB à court terme donc ça c’est cool mais je vais un peu m’éloigner des terrains.

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Les commentaires (2)
beauden_braguette Il y a 6 jours Le 11/05/2024 à 09:22

Un plaisir d'avoir de ses nouvelles!

Morgan_Genito Il y a 7 jours Le 11/05/2024 à 07:05

Sympa et humble, ce joueur. Par contre il a oublié qu'en France aussi, il y a des mecs et des nanas qui s'entrainent avant d'aller bosser. C'est la réalité de 99,9% du rugby et même du sport en général.