Sevens Series - Qui est Jefferson-Lee Joseph ? Numéro 47, serial marqueur, fils de chanteur…

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Ailier de France VII, Jefferson-Lee Joseph (21 ans) a porté à douze son total d’essais cette saison avec trois nouvelles réalisations à Vancouver. Rencontre avec une des nouvelles têtes de la sélection tricolore, débarquée il y a tout juste un an sur le Sevens Series.

Le numéro 47, une évidence

Jefferson-Lee Joseph est fier d’arborer le numéro 47 sur son maillot. Une évidence, au regard du parcours qui est le sien : « Je suis né en Guadeloupe et je n’aurais jamais joué au rugby si je n’avais pas emménagé dans le Lot-et-Garonne (47). J’ai découvert ce sport à 5-6 ans quand je suis arrivé en France. À Duras, où j’habitais, c’était naturel de prendre sa licence de rugby. C’était tout nouveau pour moi mais j’ai rapidement trouvé ma place. Le rugby a d’ailleurs été précieux après la mort de mon père, alors que j’avais une petite dizaine d’années : ça m’a aidé à surmonter cette épreuve, ça m’a canalisé. Après mon école de rugby à Duras et mes années de sport-étude à Talence, je suis revenu à Agen. Cela fait que sept ans que je suis au club. »

Le XV, à la base et dans un coin de la tête

À l’instar de Théo Forner et d'autres, Jefferson-Lee Joseph a fait ses classes à XV : sélections avec les moins 18, moins de 20 ans, apparitions avec Agen, au nombre de onze jusqu’à présent« Puis, il y a un peu plus d'un an, j’ai rejoint l’académie olympique avec d’autres jeunes repérés et j’ai eu la chance d’intégrer directement l’équipe senior lors du tournoi d'Elche. Dans la foulée, j’ai débuté à Hong-Kong où l’on a décroché la médaille de bronze. Et ça s'est bien enchaîné. Depuis l'été dernier, je suis totalement à disposition du VII. » À moyen terme, il se verrait bien revenir à ses premières amours, lui qui est sous contrat avec Agen jusqu’en juin 2025 : « A la base, je suis quinziste. J’aimerais ne pas perdre le fil et rebasculer prochainement même si je sais qu’il y aura un temps d’adaptation, forcément. » En attendant, il ne pense à rien d’autre qu’à l’or : « On veut gagner un tournoi et nous pensons évidemment tous aux JO. »

Plus complet, plus « serial marqueur » aussi

« J’ai touché à tous les postes des lignes arrière depuis mes débuts. J’avais commencé 9-10 et je suis même passé au centre avant d’être fixé ailier-arrière. » La panoplie de Jefferson-Lee Joseph, déjà bien étoffée, s’est encore enrichie depuis son passage dans la discipline : « Le VII m’aide à compléter mon jeu, sur la défense mais aussi sur la propension à mettre en avant mes qualités de vitesse et de duel. » Le Lot-et-Garonnais avait terminé la saison passée avec quinze essais en sept tournois ; il en est déjà à douze cette saison (après seulement quatre étapes et vingt matchs). Si le nombre d'essais ne dit pas tout, il n'en reste pas moins un indicateur clé de la performance des ailiers : « C’est ce qui nous est demandé, à mon poste. C’est pour ça que je travaille. Sur les Series, il y a beaucoup de serials marqueurs. J’essaye d’en faire partie. »

Un père chanteur et vedette dans les Antilles

Si Jefferson-Lee Joseph s’est épanoui dans le sport, son père avait, eu, lui une riche carrière artistique. Jeff Joseph, décédé en 2011, a été le fondateur et chanteur des Gramacks, groupe musical connu et reconnu tout particulièrement dans les Antilles. Il avait aussi mené une aventure solo qui l’avait conduit à rencontrer le cultisissime « Kool and The Gang » avec qui il avait produit trois titres à New York. Cet univers musical a bercé les premières années de Jefferson-Lee Joseph : « Ça a été une grosse partie de mon enfance, j’ai été baigné dans cet environnement car mon père était très écouté aux Antilles. Moi, j’ai choisi le sport, je voulais m’en sortir tout seul. Mais la musique fait partie de moi, de ma vie. Quand je retourne aux Antilles, on me reparle de mon père, de ce qu’il a fait. Et moi, je suis content de dire que je suis rugbyman. En plus, le rugby commence à se développer un peu là-bas. » Et l’ailier de sourire de ce clin d’œil du destin : « Du coup, je suis un peu le DJ de l’équipe. »

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Les commentaires (1)
CasimirLeYeti Il y a 1 mois Le 28/02/2024 à 11:07

Article très sympa, c'est bien de mettre les projecteurs sur ces joueurs au destin un peu particulier...