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Maestri : "En France, on agit dans la précipitation"

Maestri : "En France, on agit dans la précipitation"
Par Marc Duzan via Midi Olympique

Le 14/07/2019 à 20:25Mis à jour Le 14/07/2019 à 20:34

XV DE FRANCE - Il y a quatre ans, alors que le XV de France préparait le Mondial anglais à Marcoussis, à pareille époque. Cette fois, ce sera sans lui. Le deuxième ligne du Stade français n’ose croire qu’il doit sa mise à l’écart à une prise de parole survenue en novembre 2018 et au cours de laquelle il avait pointé du doigt le travail erratique effectué au CNR.

Midi Olympique : Le Stade français, dont vous êtes capitaine, a connu quelques soubresauts ces derniers temps. Djibril Camara a été licencié, Sergio Parisse est parti. Comment avez-vous vécu ces événements ?

Yoann Maestri : Personnellement, je n’ai pas eu tous les tenants et les aboutissants de ces dossiers-là. Mais ce fut une situation très difficile à appréhender. (il marque une pause) ça révèle quand même une situation qui ne va pas ou qui n’allait pas. Et ça aboutit sur quelque chose de concret, de brutal.

Avez-vous désormais l’impression d’être les grands méchants loups du Top 14 ?

Y.M. : (long silence) De l’extérieur, la situation ne peut renvoyer qu’une image négative. Il y a eu conflit. Il y a eu séparation. Tous ces termes n’évoquent rien de positif. Maintenant, ce sera à nous, joueurs, de faire oublier ces événements en réalisant un bon début de saison. Notre pouvoir est là.

Le XV de France vient de débuter sa préparation au Mondial japonais. Pensez-vous que trois mois de travail physique pourront suffire à rattraper le retard accumulé sur les autres nations majeures du rugby ?

Y.M. : Je ne sais pas. En 2015, on a vu que nous n’avions rien rattrapé du tout. Mine de rien, il y avait un écart considérable entre nous et les autres.

" Si on ne peut plus se dire les choses comme ça, je préfère rester chez moi"

Le 18 juin dernier, Jacques Brunel a dévoilé la liste des Mondialistes, où votre nom ne figure pas. Avez-vous pris un coup sur la tête ?

Y.M. : Non. ça faisait quelques temps que je n’étais plus dans le truc. Je n’avais même pas participé au Tournoi des 6 Nations.

Et c’est tout ? Vraiment ?

Y.M. : Oui. J’ai eu la chance d’y être, assez souvent même (il compte 65 sélections, N.D.L.R.). J’ai bossé, je ne me suis pas économisé pour ce maillot, j’ai donné le maximum mais ça n’a pas fonctionné. Là, ils ont décidé de prendre d’autres mecs et je ne vais pas hurler au scandale.

" Nos rivaux, eux, ont anticipé cette échéance internationale parce qu’ils n’ont que ça en tête"

Lors de la dernière tournée de novembre, vous aviez vidé votre sac face au staff tricolore et remis en cause ses méthodes de travail. Ne pensez-vous pas que votre prise de position, similaire à celle de Morgan Parra lors du Tournoi des 6 Nations, est à l’origine de votre mise à l’écart ?

Y.M. : Je ne l’espère pas, en tout cas... Si on ne peut plus se dire les choses comme ça, je préfère rester chez moi. […] à l’époque, si ce n’est pas moi qui prends la parole, ce n’est pas un jeune joueur de 20 ans qui aurait pu le faire. J’ai dit ce que j’avais sur le cœur et ce que l’on ressentait, collectivement, à l’intérieur du groupe. Je n’ai aucun regret, aucun remords.

Le rugby français se réunira-t-il un jour autour d’une table pour servir la cause de l’équipe de France ?

Y.M. : Aujourd’hui, le Top 14 prend beaucoup de place. Nous, joueurs français, en sommes très heureux parce que c’est le championnat le plus rémunérateur de la planète, on ne vas pas se mentir. Il y a aussi quelques stars étrangères amenant une qualité supplémentaire à la compétition. Enfin, l’attachement à nos clubs et à ce système est en France très important, aussi important que les résultats de l’équipe de France.

Dès lors ?

Y.M. : Lorsque se profilent la fenêtre internationale et les matchs des Bleus, on agit dans la précipitation. On pare au plus pressé. Mais nos rivaux, eux, ont anticipé cette échéance internationale parce qu’ils n’ont que ça en tête, parce que les résultats de leurs provinces leur importent peu. C’est une question de hiérarchie.

Au fil d'un long entretien accordé à Midi Olympique (édition du 15 juillet), le capitaine du Stade français évoque également le cas Sergio Parisse, l’éviction de Guy Novès, la marée noire du Mondial 2015 et les échecs répétés en Bleu de sa génération.

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