• International - Vincent Koch (Afrique du Sud)
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Koch : "Quand j'ai appris la liquidation des Wasps, j’étais sous le choc"

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TOP 14 - Il y a une semaine que Vincent Koch (32 ans, 41 sélections), champion d’Europe avec les Saracens puis champion du monde avec les Springboks, a posé ses valises au Stade français, où il est le joker médical de Paul Alo-Emile. Pour nous, le droitier des Boks évoque la triste fin de vie des Wasps, son dernier club, les particularités du "bomb squad" et le "pays des piliers"…

Pourquoi avez-vous choisi le Stade français ?

J’étais supposé rester chez les Wasps pour les deux prochaines saisons. Mais le club a explosé, disparu et je me suis soudaiement retrouvé sans rien. J’ai exploré diverses options, divers pays... Alors, est apparue pour moi la possibilité de jouer en France, le pays des piliers. Je me suis dit qu’en Top 14, je pourrai apprendre quelques nouveaux trucs en mêlée...

A quoi vous attendez-vous, ici ?

Je sais que ce sera difficile, les premiers temps. Mais quand Jono Ross (ancien joueur du Stade français, aujourd’hui à Sale, N.D .L.R.) m’a dit que je serai un homme heureux à Paris, j’ai foncé.

Vous rappelez-vous du jour où vous avez appris que les Wasps, votre employeur en début de saison, allaient disparaître ?

Comment l’oublier... Ce matin-là, on nous avait tous regroupés dans une salle de réunion. Les mines étaient graves et rapidement, le propriétaire du club a confirmé ce qu’on lisait dans la presse depuis quelques jours. […] C’était particulier, pour moi. Mon contrat avec les Wasps avait démarré en juillet mais, en raison du Rugby Championship, je n’étais vraiment arrivé qu’en octobre au club. Il y avait quoi ? Quinze jours que j’étais là ? Je n’ai même pas eu la chance de jouer un seul match avec ce club. […] Tout ce truc, c’était une surprise... Une très mauvaise surprise…

Coup de massue pour les Wasps !! ?https://t.co/guTFoNaTOG

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) October 17, 2022

Comment avez-vous réagi ?

J’étais paniqué, sous le choc. Je parlais à mes coéquipiers, lesquels me disaient au départ que tout était "sous contrôle". Mais ce ne l’était pas. Le club était en banqueroute. Il a fermé, les contrats ont été rompus et quarante mecs et leurs familles se sont retrouvés sans rien. […] Personne n’avait jamais vécu cette situation-là dans l’histoire du rugby pro. Les Wasps, ce sont quand même 100 ans d’histoire et quelques titres de champion d’Angleterre. Et en dix minutes, tout a pourtant disparu. C’est insensé.

Où viviez-vous, en Angleterre ?

En quittant les Saracens quelques mois plus tôt, j’avais emménagé avec ma famille non loin de Coventry, près des infratsructures des Wasps. Quand j’ai appris la mauvaise nouvelle, j’ai donc envoyé toutes nos affaires en Afrique du Sud et j’ai rejoint les Springboks pour la tournée d’automne. Parce que je ne savais pas de quoi mon futur serait fait. […] Ma femme voyait bien que j’étais fou d’inquiétude et très stressé. Elle me disait : "Ne t’en fais pas, on va trouver quelque chose, Vincent !" Elle a été formidable et m’a beaucoup aidé à traverser tout ça. Et puis, la proposition du Stade français est arrivée sur la table.

Avez-vous trouvé un point de chute, à Paris ?

Nous sommes arrivés il y a à peine huit jours. Nous sommes à l’hôtel et emménagerons dans un appartement la semaine prochaine.

Comment avez-vous vécu votre premier match de Top 14, samedi dernier face à Toulon ?

J’étais assez nerveux. Je venais de poser mes valises à Paris et ne voulais décevoir personne... Sur le terrain, c’était dur mais samedi soir, j’ai vraiment vécu quelque chose de spécial : notre arrivée au stade, au milieu des supporters, des fumigènes et des tambours, fut incroyable. Je n’avais jamais connu ça dans ma vie ! Maintenant, il me faut rapidement trouver mes marques dans l’équipe, notamment en mêlée fermée.

International - Vincent Koch (Afrique du Sud)
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Vous êtes aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs piliers droits du monde mais vos débuts en Angleterre, il y a six ans, n’ont pas été faciles. Pour quelle raison ?

Quand j’ai débarqué aux Saracens en 2016, j’ai eu besoin d’un électrochoc. Mark McCall (manager des Sarries) trouvait que je ne travaillais pas assez et de ce fait, je n’ai pas joué pendant huit semaines. Ce coach m’a en quelque sorte ouvert les yeux. Il m’a aidé à devenir meilleur, à m’installer chez les Springboks et gagner des trophées. Encore aujourd’hui, quand je commence à tirer la langue à l’entraînement, j’entends la petite voix de McCall qui me dit : "Lâche pas, Vincent ! Lâche pas !"

Vous êtes, avec des joueurs tels Malcolm Marx, RG Snyman ou Steven Kitshoff, un membre éminent du "bomb squad" créé par Rassie Erasmus chez les Springboks. Pouvez-vous nous expliquer ce que c’est ?

Le truc, c’est que nous ne voulions pas être appelés "remplaçants", "banc de touche" ou "extras". Le job du "bomb squad", souvent composé de six avants qui entrent à l’heure de jeu, est de faire une différence, de créer le chaos, de finir le job. C’est notre deuxième-ligne RG Snyman qui a lancé l’expression il y a quelques années. On a trouvé ça sympa.

Vous avez joué une demie-heure lors du dernier France-Afrique du Sud. Qu’en avez-vous pensé ?

Il y avait du bruit, beaucoup de bruit... Nous, Springboks, sommes habitués à jouer en milieu d’après-midi et à Marseille, la nuit donnait un caractère vraiment particulier à la rencontre. […] Nous n’avions pas encore affronté l’équipe de France et on sait désormais à quoi s’attendre, contre les Bleus. On sera prêt, la prochaine fois.

Pensez-vous que le dernier essai du match, inscrit par Sipili Falatea, était valide ?

(il éclate de rire) Ca fait partie du jeu. Je ne peux pas commenter ce genre de trucs…