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"Je sentais qu’on pouvait faire quelque chose": dans les coulisses de l’exploit bayonnais à Clermont

Par Rugbyrama
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TOP 14 - Les Bayonnais attendaient un succès à Clermont depuis cinquante-sept ans. Mais entre une semaine de "décompression" avant la rencontre et douze points encaissés d’entrée, rien n’était acquis. Toutefois, Denis Marchois sentait bien que le vent pouvait tourner... Plongée dans les coulisses de l’exploit basque.

"Les maillots, les maillots, les maillots !". À peine quelques instants après le coup de sifflet final, les Bayonnais se sont transformés en grands enfants dans les vestiaires clermontois. Plus heureux que jamais cette saison, les Basques méritaient bien de monter le volume à bloc. Trois cafés gourmands, Joe Dassin, la Peña Baiona… les enceintes bleu et blanches pénétraient les murs du Michelin, qui n’avait plus vu l’Aviron repartir avec la victoire depuis… 1965.

Cinquante-sept ans d’attente qui auraient pu encore se prolonger, tant les coéquipiers de Camille Lopez avaient passé un sale premier quart d’heure. "À 12-0 on se dit que la soirée peut être très longue surtout au vu de la semaine moyenne qu’on avait faite. Mais je crois qu’on a jamais rien lâché et qu’on a eu un gros état d’esprit. C’est ce que je leur ai dit à la mi-temps. On s’en sort grâce à une belle défense, on a fait le dos rond, on a su marqué au bon moment, on vient deux fois et on score. En seconde mi-temps si on arrive à les mètres sous pression dans leur zone de marque, c’est là qu’on prendra le pas sur eux. Ils allaient peut-être surjoué…" analysait l’un des leaders bayonnais.

Une semaine de "décompression" avant Clermont

Vainqueur de ses cinq matchs à domicile, l’Aviron avait déjà réussi son bloc. Surtout après avoir balayé Perpignan et Toulouse coup sur coup. Mais pour Grégory Patat, le relâchement de ses joueurs était interdit. "Nous avons fait une grosse séance mardi, jeudi les mecs qui ont joué à Clermont ont mis une br*nlée à ceux de Toulouse lors d’une opposition (rires) donc je n’ai pas senti de décompression !" s’amuse le manager bayonnais, toutefois gentiment trahi par ses joueurs.

Top 14 - Camille Lopez (Bayonne)
Top 14 - Camille Lopez (Bayonne)

Après deux efforts massifs, Camille Lopez convient que la dernière semaine de travail avant les vacances n’était pas en mode stakhanoviste. "Franchement, on ne venait pas avec la prétention de faire un match plein ici. On n’a pas l’effectif que les autres ont, on est le petit promu, et on avait déjà laissé des plumes. Inconsciemment je pense qu’il y avait un peu de décompression, le travail était "fait" avant ce déplacement. Mais au final avec les rotations on gagne au Michelin alors que beaucoup avaient annoncé qu’on allait prendre une déculottée !" poursuit l’ancien clermontois.

Même son de cloche ou presque pour Denis Marchois. L’arcade en sang, le deuxième ligne a porté les stigmates d’une bataille au sol largement remportée par ses avants. Pourtant, rien ne présidait que les Bayonnais allaient faire tomber l’ASM dans son antre. "On ne voulait pas prendre 60 points. Après les deux essais clermontois on se dit qu’on a rien fait. Franchement on a passé la première mi-temps à prendre des mecs dans la gu*ule et on aurait pu lâcher. Après Toulouse on s’est dit qu’il restait un match mais bon (rires)… Le job était fait ! Je ne sais pas pourquoi mais je sentais qu’on pouvait faire quelque chose, les gars qui sont rentrés ne pouvaient pas se permettre de passer à côté. Et puis l’autre chose que l’on s’est dite et que ce serait c*n d’être en vacances à 17 heures quand on peut l’être avec le sourire à 21 heures !". Et quels sourires !

Par Clément LABONNE