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Matsushima : "Quitter Clermont est une décision difficile, un choix familial"

Matsushima : "Quitter Clermont est une décision difficile, un choix familial"

Le 28/04/2022 à 09:19Mis à jour Le 28/04/2022 à 10:30

TOP 14 - Arrivé en Auvergne il y a désormais deux saisons, Kotaro Matsushima (29 ans, 42 sélections) quittera Clermont à la fin de la phase régulière. Il explique ici les raisons qui l’ont poussé à faire ce choix "difficile", évoque la prochaine tournée des Bleus au Japon, explique son positionnement vis à vis du vaccin anti-Covid et aborde même sa passion pour Jackie Chan…

Kotaro, donnez-nous des nouvelles de votre épaule.

Ca va un peu mieux, je poursuis les soins. J’espère que tout rentrera bientôt dans l’ordre.

Reviendrez-vous à la compétition avant la fin de la saison ? Il reste encore à l’ASMCA trois matchs à jouer…

Je bosse dur pour ça, en tout cas. Je ne suis sûr de rien mais j’espère… Après le championnat, il y aura aussi un beau rendez-vous pour moi avec la venue de l’équipe de France au Japon (pour deux tests, les 2 et 9 juillet, N.DL.R.). Je souhaite prendre part à cet évènement. On verra bien ce que mon corps dit à ce moment-là.

Quelle opinion avez-vous de cette équipe de France ?

Le visage de la sélection tricolore dépendra beaucoup de la finale du Top 14 (les finalistes n’iront pas en tournée, N.D.L.R.). Même si le XV de France ne sera pas exactement celui qui a fait le grand chelem, même si je m’attends aussi à ce que les Bleus envoient beaucoup de jeunes en tournée, cette équipe sera redoutable. Parce que le réservoir de talents est immense, ici…

Quelle sera la clé pour battre les Bleus, cet été ?

Cela s’annonce difficile… A la lumière de ce que les Bleus ont montré dans le Tournoi des 6 Nations, il nous faudra être quasi parfaits en conquête et très forts sur les duels. Les Français font partie des joueurs les plus physiques du monde, à l’heure actuelle.

Quel est le niveau de l’équipe nationale japonaise, au juste ?

Nous tentons toujours de progresser mais c’est délicat. En comparaison aux équipes européennes ou celles du Super Rugby, nous n’avons en effet pas beaucoup de matchs à disputer, dans l’année. Ca n’aide pas… Avant d’affronter les Bleus, notre stage de préparation sera donc décisif.

Quels joueurs japonais seront-ils à surveiller cet été ?

Le numéro 8 Kazuki Himeno est très fort, le troisième-ligne Tevita Tatafu également. Ces deux-là ont le potentiel pour rivaliser dans le défi physique. Chez les trois-quarts, notre ouvreur Yu Tamura possède une superbe technique individuelle.

Quel temps fera-t-il, à cette époque de l’année ?

Il fera très chaud. Très chaud et très humide. Les Français risquent d’être surpris par ces conditions climatiques. Cela nous aidera peut-être… Les ballons seront très glissants, il faut y être habitué. Nous le sommes, nous...

Le rugby japonais a-t-il réellement bénéficié du Mondial organisé là-bas, en 2019 ?

Les premiers mois ayant suivi la compétition, tout le monde ou presque parlait de rugby, chez nous… Puis le Covid est arrivé. La compétition (anciennement Top League, aujourd’hui appelée Japan Rugby League One, N.D.L.R.) s’est alors brutalement arrêtée et quand elle a repris, ce fut à huis-clos. Le timing fut donc plutôt mauvais...

Avez-vous débuté le rugby au Japon ?

Non, en Afrique du Sud. J’avais 14 ans. J’étais alors étudiant au College Grahem, non loin de Port Elizabeth. J’y suis resté un an. Avant ça, je n’avais fait que du football. Le rugby m’a tout de suite plu alors j’ai poursuivi, à mon retour au Japon (son père est Zimbabween, sa mère Japonaise, N.D.L.R.). D’une manière ou d’une autre, ce voyage en Afrique du Sud a changé le cours de ma vie.

A quoi rêviez-vous, quand vous étiez enfant ? Vouliez-vous déjà devenir un sportif professionnel ?

Pas du tout ! Je rêvais d’être acteur. Je suis un fan absolu de Jackie Chan. Ses films sont bourrés d’action et il y a aussi beaucoup d’humour, dedans. Il me fait marrer, Jackie Chan…

Aimeriez-vous devenir acteur, à la fin de votre carrière de rugbyman ?

Peut-être… Allez savoir… Mais qui m’en donnera l’opportunité ? Je devrais bosser dur avant, en tout cas…

Parlez-nous de votre vie à Clermont. Qu’avez-vous découvert, là-bas ?

Sur mes jours "off", je vais me balader dans la campagne, du côté du Puy de Dôme. Je vais aussi visiter Paris, parfois. Ayant longtemps vécu à Tokyo, j’ai beaucoup apprécié la quiétude de l’Auvergne et de ses villages.

Le Racing vous avait aussi contacté à l’époque où votre CV a commencé à circuler en France, il y a deux ans. Pourquoi avez-vous finalement préfére Clermont ?

L’offre du racing est arrivée trop tard. J’avais donné ma parole à l’ASMCA et j’ai voulu l’honorer. Je n’ai pas de regret. Le club de Clermont a été très bon avec ma famille et moi.

Etes-vous satisfait de vos performances avec l’ASMCA, depuis deux ans ?

Au début de cette saison, je n’étais pas vraiment satisfait. Je traînais une vieille blessure, je n’étais pas au top de ma forme… Puis au fil des semaines, la douleur s’est estompée et j’ai recommencé à faire de bons matchs. Tout allait bien : j’avais retrouvé le plaisir de jouer, de courir, de marquer… Et puis, dernièrement, je me suis lourdement blessé à l’épaule (il souffre d’une disjonction de l’articulation acromio-claviculaire droite, N.D.L.R.) et tout s’est arrêté. J’étais très frustré.

Vous repartirez probablement au Japon à la fin de la saison. Pourquoi ce choix ?

Ce fut une décision difficile. C’est plus un choix familial qu’autre chose, en fait... Il y a deux ans que je suis loin de mon pays, de ma famille, de mes amis… J’étais d’ailleurs souvent seul à Clermont, sans ma femme ni ma mère. Mais je veux partir d’ici en étant sur que le club ait réalisé une bonne fin de saison. Je m’emploierai à aider l’ASMCA, sur ou en-dehors du terrain.

On vous suit.

Si ce n’était qu’une question de rugby, je serais resté un an de plus, jusqu’à la Coupe du monde. Mais en ce qui concerne l’extra rugby, c’est le bon moment pour rentrer.

Le Top 14 vous a-t-il plu ?

Oui. J’ai découvert un championnat plus tactique, plus physique que le Super Rugby. On joue beaucoup plus au pied, ici.

Dans quel club allez-vous signer ?

Je ne peux pas encore vous le dire… (rires)

Mais ce sera bien au Japon, n’est-ce pas ?

Peut-être...

Vous avez fait partie des quelques joueurs, comme le Parisien Waisea ou cotre coéquipier clermontois George Moala, n’ayant pas voulu être vaccinés contre le Covid. Pour quelle raison ?

A cette époque, j’ai eu le Covid à deux reprises. Je n’ai pas eu besoin de le faire.

Et si vous ne l’aviez pas attrapé ?

Je me serais peut-être fait vacciner, allez savoir… De toute façon, il n’y a plus d’obligation en ce sens, désormais.

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