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Kockott, la tournée (d’adieu) du patron

Kockott, la tournée (d’adieu) du patron

Le 30/09/2021 à 14:12Mis à jour Le 30/09/2021 à 14:23

TOP 14 - Il l’a annoncé le 2 septembre dernier : il dispute actuellement la dernière saison de sa carrière. Il, c’est Rory Kockott, l’un des joueurs les plus doués et détestés du Top 14 mais qui fait les beaux jours du Castres Olympique depuis 2011.

Si le CO venait à ne pas se qualifier pour les phases finales, le samedi 4 juin 2022 du côté du Hameau pourrait marquer la petite mort d’un joueur qui a déjà marqué de son empreinte le Tarn et le championnat de France. En ayant annoncé dès septembre la fin de sa carrière à l’issue de l’actuelle saison, le demi-de-mêlée Rory Kockott s’est libéré l’esprit sur ce qui devenait de plus en plus inévitable.

C’est à Aimé-Giral en août 2011 que le joueur né à East London en Afrique du Sud il y a 35 ans a découvert le Top 14 par une défaite 25-6. Celui qui représentait alors la nouvelle mode des N°9 buteurs avait déjà inscrit les deux pénalités tarnaises lors de cette première sortie.

Depuis, il y en a eu des actions folles, décisives, des accrochages ou des chambrages. Avec le soutien de son compère Benjamin Urdapilleta voire de Christophe Urios, ses affrontements avec Toulouse resteront aussi de grands moments des Olympiens. Pas du genre nostalgique, on se souviendra à sa place de la finale 2013 remportée contre Toulon avec son essai et ses coups de pieds décisifs qui en avaient fait l’homme du match. Double champion de France, il réalisera aussi en 2014 son rêve tardif de devenir international français (11 capes et participation au Mondial 2015). Avec 1942 points à son actif dont 1423 avec le CO (46 essais, 418 pénalités et 220 transformations), Kockott devrait bientôt passer la jolie barre des 2000 points en carrière pour laisser une trace encore un peu plus prégnante. On en oublierait presque ses 24 cartons jaunes et deux rouges qui l’auront tous surpris mais correspondent tellement à son tempérament.

"Les supporters en siffleront un autre"

Avec son vrai-faux départ à Toulon, l’homme charnière n’aura été le joueur que d’un seul club dans l’Hexagone. Il n’en apprécie que mieux que d’avoir annoncé sa "décision si tôt dans la saison", dit-il. "Cela m’a enlevé un peu de pression. Cela ne m’empêchera pas de donner le meilleur de moi-même comme lors de chaque rencontre depuis mon premier match avec Castres. Je suis reconnaissant de tout ce que j’ai vécu avec une carrière où certaines choses ont bien marché et d’autres pas."

Dès la 2e journée de l’actuel Top 14, les hommes du Sidobre sont allés s’imposer à Clermont. Capitaine, Kockott a marqué le premier essai des siens avant de décider en fin de match contre l’avis de son staff de faire jouer à la main ce qui allait devenir l’essai de la victoire. Il s’est fait siffler sur chacune de ses discussions avec l’arbitre et lors de son remplacement où il s’est permis d’applaudir une dernière fois, un sourire en coin, ce chaud public du Michelin vaincu qui lui manquait déjà. Une soirée parfaite pour Rory qui nous glissait qu’une fois qu’il aura pris sa retraite, "les supporters en siffleront un autre."

Rory Kockott aura disputé dix saisons au CO.

Rory Kockott aura disputé dix saisons au CO.Icon Sport

Bientôt dans le staff

Même si son coach gersois Pierre-Henry Broncan doit toujours avoir un œil sur son roublard N°9 et sur l’arbitre pour savoir quand il vaut mieux le sortir avant sanction, il bade son Sud-Af. "Il va vraiment manquer. A nous et à ce championnat. C’est un putain de bonhomme et un putain de joueur ! J’ai l’impression que Rory est un enfant du Top 14. Malgré ses origines, il a bien fait de rejoindre la France car il serait moins bon en Super Rugby. En Top 14 avec les derbies, la passion, les rivalités, la rugosité et les publics chauds, il est fantastique. Peut-être qu’on le mettra un peu avec nous sur le bord du terrain la saison prochaine car ce n’est pas possible qu’il s’en aille comme ça."

Avec son accent tarno-sud-africain chantant et ses yeux aussi clairs que vifs, Rory Kockott a donc commencé sa tournée d’adieux. Quelques belles étapes sont prévues sur le programme du patron quand on pense à Toulouse, Mayol, Aimé-Giral, l’Uriosico et des réceptions à Pierre-Fabre, à commencer par celle du RCT ce weekend. Le Sud-Africain d’origines et Tarnais de cœur n’hésitera pas à se lancer encore dans quelques envolées lyriques lors de ses rares passages face à la presse. On l’aime ou on le déteste mais d’aucun de reconnaître que le joueur n’a jamais triché pour ses couleurs, se donnant sans cesse à fond. Alors début juin du côté de Pau, est-ce que le chemin de ce pénible qu’on adore détester prendra fin ou est-ce que les Castrais offriront à Rory le terrible d’ultimes phases finales dont il a fait l’une de ses spécialités ?

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