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Villière : "L'évènement ce n'est pas Toulouse, c'est plutôt les 60 000 personnes au Vélodrome"

Villière : "L'évènement ce n'est pas Toulouse, c'est plutôt les 60 000 personnes au Vélodrome"
Par Rugbyrama

Le 20/04/2022 à 15:50Mis à jour Le 20/04/2022 à 19:07

TOP 14 - En pleine confiance après un nouvel essai marqué le week-end dernier, l’ailier international de 26 ans s’est confié à quelques jours d’affronter le Stade toulousain dans un Orange Vélodrome qui attend plus de 60 000 personnes.

Comment allez-vous ?

Ça va. On s’est bien remis avec peu de pépins donc prêt pour cette semaine qui a déjà commencé et cette grande fête qui s’annonce ce week-end. La plupart, nous avons eu un week-end un peu off donc ça permet de se ressourcer et de se reposer. Mais de toute façon, c’est le sprint final donc il n’y a pas le choix, il faut s’y filer et y aller. C’est la partie la plus excitante de la saison.

Est-ce toujours une semaine particulière avant d’affronter Toulouse ?

Non pas spécialement. L’évènement marquant c’est vraiment de jouer à l’Orange Vélodrome devant plus de 60 000 personnes. Ça, c’est l’événement marquant. Après bien sûr ce sont les champions en titre, ils ont beaucoup d’internationaux donc nous avons envie de les battre. C’est une équipe référence donc c’est un poil plus important.

Et retrouver une bonne partie de vos coéquipiers en équipe de France c’est particulier ?

Ça ne change pas grand-chose mais j’ai juste la chance de les connaître un peu plus dans leur jeu, leurs attitudes, leurs grandes qualités mais aussi leurs petits défauts. C’est toujours bien de connaître ceux que l’on va affronter sur le terrain.

Justement, comme vous les connaissez bien, allez-vous prendre un peu plus la parole cette semaine ?

Oui peut-être un peu plus même si au club il y a beaucoup de personnes qui connaissent ce genre de match. Il y a Cheslin Kolbe qui arrive de Toulouse et Frédéric Michalak qui connaît parfaitement le Stade toulousain sur qui on peut aussi s’appuyer. Après Toulouse est très médiatisé donc tout le monde a un œil sur ces joueurs et cette équipe donc tout le monde est prévenu.

Y a-t-il une attention particulière sur Antoine Dupont ?

Non pas du tout. Moi j’ai tendance à m’occuper de mon vis-à-vis et un peu des trois-quarts mais il n’y a pas de plan anti-Dupont. On va déjà se concentrer sur nous pour être bien compact en défense et proposer en attaque ce qu’on est capable de proposer depuis plusieurs semaines. Si on laisse un œil de plus sur Antoine, ça veut dire qu’il y aura de place pour les autres donc chacun individuellement se concentre sur son vis-à-vis.

Quand vous regardez les vidéos de vos performances, que vous dites-vous ?

Il y a du positif sur certains aspects qui me ressemblent comme sur le secteur des rucks, du combat. C’est positif d’être sur cette dynamique et de pouvoir aussi marquer. Mais il faut continuer à travailler pour développer encore certains aspects qui manquent, pour arriver sur ces matches couperet à 300 %.

Gabin Villière - Toulon

Gabin Villière - ToulonIcon Sport

Sur quels détails pensez-vous avoir progressé ?

Sur les ballons haut et les passes notamment. Quand je regarde ma performance après le match, quand il y a un ou deux éléments qui n’ont pas été, je prends la semaine pour le travailler et rebasculer dans quelque chose de positif sur cet aspect. Le moindre détail est bon à travailler et je me remets en question chaque semaine. Ça permet de travailler toutes les caractéristiques et de devenir le plus complet possible.

Comment gérez-vous votre dézonage régulier pour aller contester dans les rucks ?

C’est mon profil donc je le fais naturellement. On n’a pas besoin de me demander pour aller autour du 9 ou du 10. Ça ne me paraît pas grand-chose mais je pense que c’est toujours important d’être vigileant dans les rucks pour intervenir et surtout pouvoir se proposer pour fixer des défenseurs car on voit que les défenses sont plutôt hermétiques en ce moment et c’est quand même compliqué de les casser. Ça permet de fixer des défenseurs en attirant l’attention des avants et peut-être aussi d’ouvrir des portes sur d’autres mecs comme ce fut le cas avec Charles (Ollivon) sur le deuxième essai ce week-end contre Benetton.

Comment expliquez-vous votre renouveau cette saison symbolisé par votre dernière victoire en Top 14 à Lyon avec le bonus ?

Je ne sais pas vraiment. Je pense que c’est vraiment une question de confiance. Nous avons tous pris confiances en nous et en ce groupe. Il y a l’envie d’aller chercher quelque chose tous ensemble. Nous avons aussi moins de blessés ce qui permet de tourner. Les jeunes poussent aussi derrière. Ils commencent à jouer des matches et ça dynamise aussi le groupe. Ca permet à tout le monde de devenir meilleur, de s’entraîner plus dur et donc d’aller chercher des performances plus grandes. Nous avons commencé à montrer notre vrai visage. À chaque match nous avions beaucoup de pression, à l’intérieur du club mais aussi à l’extérieur avec les supporteurs et nous restons humain. Ce fut une remise en cause perpétuelle et là nous avons enfin réussi à basculer dans la confiance et où nous savons que nous sommes capables de battre toutes les équipes.

Vous êtes neuvième à cinq points de la sixième place, comment vous positionnez vous sur une possible qualification en phases finales ?

Nous sommes conscients de la situation. Il reste quatre matches que nous abordons comme les phases finales. Si nous perdons un match, derrière il n’y aura plus rien donc nous ne rêvons pas mais nous nous accrochons à ce petit espoir car tant que nous n’avons pas perdu c’est possible. Nous savons que nous revenons de très loin, qu’une qualification serait beau, c’est un objectif, mais nous avons tout de même les pieds sur terre car avec une défaite ce sera fini.

Trois victoires sur quatre matches pourraient tout de même vous laisser une chance …

Oui mais ça ne dépendrait plus de nous. Et à partir de là, c’est plus compliqué.

Vous allez donc jouer au Vélodrome samedi, ça change quoi de jouer devant 60 000 personnes ?

Déjà à Mayol il y a de la ferveur populaire alors que le stade est plus restreint. Jouer dans des gros stades, ça raisonne beaucoup plus. En général il y a plus de bruit, plus d’animations et c’est encore plus excitant. Sur chaque action on sent la pression des supporteurs. On sent ce petit truc en plus qui pousse et qui donne envie de ne jamais rien lâcher et d’aller au bout du bout de soi-même. En plus, ce sont des événements que l’on n’a pas l’habitude de vivre en club donc il y aura une excitation plus présente. Cet événement va être nouveau pour certains d’entre-nous parce qu’avec le Covid on n’a aussi jamais connu ça. Certains vont le revivre mais ça fait un certain temps qu’ils ne l’ont pas connu. Ca va être grandiose.

Vous avez déjà gagné un titre avec les Bleus cette année, avez-vous pu le savourer malgré un retour à la compétition très rapide ?

On a envie de garder ça longtemps mais c’est dans le passé. Moi je garde surtout tous ces moments passés avec le groupe, avec le staff, les joueurs, le public. Bien sûr le trophée et nos noms restent dans l’histoire mais je trouve que c’est encore plus grand tous les liens que l’on a pu tisser grâce à ce titre. Ce sont des liens qui nous lient pour la vie. Ce fut court mais c’était très intense.

Propos recueillis par Tristan Arnaud

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