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Clermont face au jury : trop d'occasions manquées pour aller au grand oral

Clermont face au jury : trop d'occasions manquées pour aller au grand oral
Par Rugbyrama

Le 20/07/2022 à 08:50Mis à jour Le 20/07/2022 à 09:01

TOP 14 - C’est l’heure des passages devant le jury pour les 14 équipes du championnat. Après une haletante saison 2021-22, chaque club doit tirer son bilan pour faire mieux l’année prochaine. À la porte des barrages, Clermont aura été contrainte de sécher quelques examens. Classée en-deçà des objectifs fixés avant la rentrée, l’ASM doit retenir les leçons pour redevenir un major de promo.

Si près, si loin. Au moment de compter les points lors de la dernière journée, Clermont a terminé sa course à quatre petites unités du top 6. Pourtant, jamais les Auvergnats n’ont semblé dominer leur sujet sur la durée. Preuve de cette tendance, les protégés de Jono Gibbes n’ont jamais gagné plus de trois rencontres d’affilée. Si les Clermontois ont dû traîner une dizaine de blessés de moyenne sur toute la saison, certaines défaites ont laissé un goût amer aux jaune et bleu.

Ce revers inaugural contre Castres à la maison, cette défaite dans le temps additionnel à Perpignan, cette défaillance fatale en fin de rencontre sur la pelouse de Pau… L’ASM a le devoir de regarder sa saison 2021-2022 pour ne pas refaire les mêmes erreurs, mais elle peut aussi s’appuyer sur son très bon bilan à domicile (une défaite), et sur certaines victoires glanées au forceps. Qualifiés in extremis pour la prochaine Champions Cup, les Jaunards auraient pu mieux faire, certes, mais auraient pu sombrer dans le ventre mou du championnat.

Le + de la saison : une charnière étoilée

Sébastien Bézy et JJ Hanrahan devaient bousculer Morgan Parra et Camille Lopez. En fin de parcours sous le maillot jaune et bleu, les deux compères de l’ASM devaient davantage tourner avec leurs concurrents au poste. Mais très vite, Jono Gibbes et son staff se sont rendus compte de l’importance capitale d’avoir leur charnière historique sur le pré. En tapant 44 coups de pied de suite face aux perches, Parra fut surtout le catalyseur d’une équipe parfois jeune et inexpérimentée à certaines joutes du Top 14.

Morgan Parra et Camille Lopez (Clermont) célèbrent leur dernier match sous le maillot jaune et bleu.

Morgan Parra et Camille Lopez (Clermont) célèbrent leur dernier match sous le maillot jaune et bleu.Icon Sport

Même constat pour le numéro 10 clermontois. Symbole de son emprise sur le jeu auvergnat, Camille Lopez rentrait à l’heure de jeu dans un match vital face à Toulouse, lors du 1er janvier. Remplaçant un JJ Hanrahan en manque de confiance, l’ancien Perpignanais réchauffa le stade Marcel-Michelin avec un coup de pied de soixante mètres et un drop en cinq minutes. Les Clermontois s’imposèrent 16-13 dans une fin de match étouffante.

Force et faiblesse du XV auvergnat, le tandem auvergnat manquera au staff cette saison. Le départ de la charnière devrait aussi faire émerger de nouveaux leaders. Sébastien Bézy endossera le numéro 9 alors qu’Anthony Belleau est programmé pour passer après le lourd héritage de Camille Lopez.

Le - de la saison : l’infirmerie ne s’est jamais vidée

L’exercice 2021-22 pouvait-il plus mal commencer ? En déplacement à Lyon pour débuter le championnat, Samuel Ezeala se blessait au genou. La jeune pépite fut le premier symbole de la malédiction jaune et bleue. Dès le mois d’octobre, Adrien Pélissié et Peceli Yato se blessaient gravement à leur tour, en plus de la saison blanche et probable fin de carrière d’Alexandre Lapandry. Mais les Auvergnats ont surtout été maudits sur leurs lignes arrières.

Damian Penaud (Clermont) sort blessé face à Brive.

Damian Penaud (Clermont) sort blessé face à Brive.Icon Sport

La paire de centres n’a jamais été consolidée, avec des changements presque incessants entre chaque journée, et dictés par les blessures. Ces roulements perpétuels ont certainement mis à mal l’attaque auvergnate, moins performante cette saison que l’année passée. Pour vaincre cette malédiction, le staff s’est attaché les services d’un nouveau préparateur physique, Scott Crean, déjà passé par Clermont entre 2015 et 2019 pour prévenir au mieux certaines blessures.

L’ASM s’est nettement renforcée chez les trois-quarts et devra maintenant prier pour éviter une nouvelle cascade de blessures.

Le match de la saison : l’Europe arrachée contre Montpellier

Les supporters clermontois garderont certainement la rencontre dantesque face à Toulouse dans leurs mémoires. Mais la dernière journée fut la plus importante de toutes pour l’ASM. En cas de défaite, l’ASM disait au revoir à la Champions Cup et retrouverait la Challenge Cup. Au milieu d’une soirée où les Auvergnats n’avaient pas leur destin entre leurs mains, le groupe de Jono Gibbes s’est une nouvelle fois accroché à son stade, en marquant un premier essai en force de la révélation Giorgi Beria.

Giorgi Beria (Clermont) aplatit face à Montpellier.

Giorgi Beria (Clermont) aplatit face à Montpellier.Icon Sport

Dans une rencontre fermée, où les Clermontois auront tenu en défense, Montpellier revint au score grâce à Rattez avant que deux minutes plus tard, l’infernal Damian Penaud n’envoie Jean-Pascal Barraque à dame. Malgré un deuxième essai montpelliérain d’Aprasidze, Clermont n’aura pas cédé, à l’instar des rencontres face à Lyon, Bordeaux-Bègles, ou le Racing. Finalement sauvés par une cagade de Toby Arnold à Lyon, les Auvergnats scellaient une septième place qualificative pour la Champions Cup.

Un moindre mal pour conclure une saison harassante et de quoi motiver les troupes. Car le programme s’annonce aussi éprouvant qu’excitant avec quatre rencontres face aux Stormers, champions d'URC en titre, et les Tigers de Leicester, champions d'Angleterre.

Le joueur de la saison : Moala, le curseur clermontois

Quand Moala est là, tout va, ou presque. Lorsqu’il est absent, tout devient vite plus difficile pour l’ASM. Pour sa quatrième saison en Auvergne, l’ancien All Black a encore accentué son emprise sur l’attaque clermontoise. Sa force de perforation, sa technique, et sa conservation ont si souvent fait avancer les Clermontois. Plus que n’importe quel arrière, à part Damian Penaud, George Moala a souvent débloqué des situations à lui tout seul.

George Moala (Clermont) face à Brive.

George Moala (Clermont) face à Brive.Icon Sport

En seulement seize matchs joués cette saison, le Tonguien d’origine a inscrit sept essais dont deux doublés face à Perpignan et Brive. Souvent cherché par le numéro 9 après une touche ou une mêlée, le discret centre clermontois n’a jamais cessé d’avancer ballon en main. Avec les arrivées de Julien Hériteau, d’Irae Simone et les retours de blessure de Naqalevu et Penaud, Moala devrait être la force motrice de la ligne de trois-quarts montferrandaise… une saison de plus.

Et maintenant ?

Les Clermontois ont repris l’entraînement cette semaine avec un mot d’ordre de Jono Gibbes : “ il y aura du travail, du travail… et encore du travail !”. Certainement blessés par cette saison en montagnes russes, l’ASM devra démarrer fort son championnat et gagner, enfin, de la constance. En s’appuyant sur ses très bonnes performances à domicile, les Clermontois devront bien s’exporter et engranger des points vitaux pour la qualification. En ouvrant un nouveau cycle de son histoire, Clermont ne peut pas se permettre d’attendre trop longtemps une nouvelle qualification dans les six.

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