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Lakafia : "Quand on met la disquette, on peut battre n'importe qui"

Lakafia : "Quand on met la disquette, on peut battre n'importe qui"

Le 29/05/2021 à 19:06Mis à jour

TOP 14 - Entré en jeu dès la 23e minute, pour pallier la blessure de Sergio Parisse, Raphaël Lakafia a rayonné ce samedi à Mayol, s'imposant notamment comme le meilleur défenseur de la rencontre. Avec cette victoire contre Bordeaux (25-19), Toulon a toujours son destin entre les mains, et jouera sa qualification la semaine prochaine sur la pelouse de Castres.

Raphaël, avez-vous le sentiment du devoir accompli après cette victoire importante contre Bordeaux-Bègles ?

Le devoir ne sera accompli qu'après la qualification. Nous avons simplement franchi une nouvelle marche, et il nous en reste d'autres. Nous sommes malgré tout satisfaits du résultat, maintenant il nous reste quelques matchs à disputer si on veut faire une belle saison...

Bien que menés 11-3 en début de match, on ne vous a pas senti en panique. Quel regard portez-vous sur la réaction de votre équipe ?

Je suis assez d'accord avec cela. En début de match nous prenons un essai assez rapidement, nous sommes alors menés au score, et nous aurions parfois pu flancher, mais là pas du tout. Il y a eu pas mal de sérénité, et continuant de suivre notre stratégie nous avons fini par l'emporter. Puis quand on voit l'envie que nous avons mis aujourd'hui... Nous avons un bon groupe, beaucoup d'envie, ce qui nous permet de gagner ces matchs de haut-niveau...

Gagner des matchs de haut-niveau c'est aussi réussir à être disciplinés, ce que vous n'étiez pas parvenus à être contre Montpellier et Clermont. Là contre Bordeaux, avec seulement 9 fautes, vous êtes parvenus à solutionner cette problématique...

Ce sont les seules choses sur lesquelles ils nous ont mis en difficulté... Nous avons fait des pénalités évitables, et si nous voulons avancer, il faudra être encore moins pénalisés...

Avez-vous déjà basculé sur le déplacement à Castres, qui vous offrira, ou non, la qualification ?

Je vous avoue que c'était déjà une belle marche à franchir contre Bordeaux. Il y avait pas mal d'émotion dans le vestiaire, et c'est dur de basculer directement sur le match d'après. Certains mecs importants vont nous quitter cet été, et nous voulions leur offrir une belle dernière à Mayol. C'est chose faite, et nous basculerons sur Castres lundi, sachant qu'il n'y aura pas 50 000 options pour nous...

Comment avez-vous vécu l'arrivée en bus, ainsi que la présence de 1000 supporters à Mayol ?

Rien que 1000 personnes ça fait une énorme différence... La saison a été dure pour toutes les équipes. Sortir s'échauffer quand il n'y a pas un bruit, que ça raisonne dans le stade, ce n'est pas optimal, surtout pour un club comme Toulon, qui a la chance d'avoir un gros public. Je pense que cela nous a vachement pénalisé cette saison, à certains moments chauds de la saison... Et nous avons vu contre Bordeaux que rien que la présence de 1000 supporters nous a fait beaucoup de bien.

Un mot sur la performance de Facundo Isa, qui a rapidement basculé en 8, suite à la blessure de Sergio Parisse (23e), et qu'on a senti très à son avantage ?

Facu est un joueur qui répond présent à chaque fois qu'il est aligné, qu'importe le poste. Il a son style assez caractéristique, il porte beaucoup le ballon, il nous fait beaucoup avancer. C'est un gros plus pour l'équipe. C'est vrai qu'aujourd'hui il y a eu plusieurs réajustements, suite à la blessure de Sergio : Charles est d'abord passé en 8, avant que Facu ne prenne le poste. Mais tout le monde a répondu présent, qu'importe le poste ou les tâches confiées, et c'est plutôt positif pour la suite.

Vous concernant, comment avez-vous vécu votre entrée prématurée ?

Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais le pressentiment que j'allais entrer tôt, alors je m'étais préparé pour cela. C'était un match dur à aborder : il y avait les premières chaleurs, pas mal de pression, mais ça s'est pas mal passé.

Avec Charles Ollivon et Facundo Isa, vous avez trois profils de polyvalents, capables d'évoluer en 6, en 7 comme en 8. Comment vous êtes-vous adaptés en cours de rencontre ?

Nous n'en discutons pas réellement. Moi j'ai l'habitude de jouer à droite en troisième ligne aile, mais comme quand je suis entré c'était le poste de Charles, je me suis mis à gauche. Finalement nous avons changé en cours de match... Nous faisons nos petits arrangements entre nous, en fonction de l'état de fatigue de chacun. On essaye de communiquer un maximum, et de faire en fonction de nos qualités, sachant qu'on connaît les points forts des uns et des autres. Ainsi nous essayons de nous mettre dans la disposition qui servira le mieux l'équipe. Et c'est cool de pouvoir jouer avec des joueurs polyvalents. Qu'on nous dise "tu es au bloc de saut au coup d'envoi" ou "c'est toi qui récupère au fond", ça ne nous pose aucun problème.

Il ne vous reste que des échéances importantes d'ici le terme de la saison : sentez-vous le groupe capable de faire quelque chose ?

Une fois que tu te qualifies, les compteurs sont remis à zéro... J'ai connu un autre club où en nous terminant cinquièmes, nous avons été champions (N.D.L.R. le Stade français en 2015). Donc je sais que nous avons un gros groupe cette saison, une belle marge de progression et que quand on met la disquette, on peut battre n'importe qui...

Parlez-vous à vos coéquipiers de ce titre de 2015 ?

Non pas du tout, c'est du passé. C'est simplement que je sais que ça peut le faire... Si on trouve les ressources mentales pour être tous à fond, et aborder chaque match comme des finales, ça peut le faire...

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