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Urios : "Les clubs grandissent en gagnant des titres, on ne se refuse rien"

Urios : "Les clubs grandissent en gagnant des titres, on ne se refuse rien"
Par Rugbyrama

Le 18/06/2021 à 18:04Mis à jour

TOP 14 – Boosté par une prestation solide en barrages face à Clermont, l’Union Bordeaux Bègles aborde sans complexe sa demi-finale face à Toulouse, prévue samedi à Lille (20h45). Pour Christophe Urios, il faudra s’inspirer des trois défaites cette saison contre les Toulousains.

En début de semaine vous disiez encore chercher les clés pour battre le Stade Toulousain, les avez-vous trouvé aujourd’hui ?

Évidemment qu’on se prépare, évidemment que les trois défaites contre Toulouse cette saison nous inspirent sur ce que l’on doit faire et ce que l’on ne doit pas faire. On a des idées plus claires aujourd’hui que le soir de la troisième défaite, je pense qu’on y verra bien plus clair demain à midi.

Est-ce qu’il y a une ligne directrice à suivre ou quelque chose à retirer dans ces trois matchs contre Toulouse ?

Le résumé est assez simple. Comme souvent contre les grosses équipes tu as l’impression que tu es prêt, mais finalement tu ne l’es pas. Tu as l’impression que tu peux gagner, mais finalement tu perds. Ça a été ça pour les trois matchs, même s’il y a eu des degrés de préparation et des contextes différents. Ce qui ressort quand même de façon générale c’est qu’on a été capable de mettre en difficulté Toulouse. Ce que je retiens le plus c’est notre manque d’efficacité proche des zones de marques. C’est lié évidemment à la défense de Toulouse, probablement un excès de précipitation. Peut-être de précision. C’est un point important, surtout dans des matchs de phase finale comme celui-là. Il faut être efficace. C’est l’un des points qui nous a inspirés.

Est-ce qu’on élabore un plan anti-Dupont avant d’affronter Toulouse ?

Les Toulousains sont une équipe redoutable dans l’état d’esprit. Tu ne peux pas les battre si tu n’as pas un grand état d’esprit. Ils ont des certitudes sur le jeu et s’appuient sur des individualités extrêmement fortes. Dupont fait partie des joueurs décisifs dans cette équipe, il est en pleine confiance. Après, établir un plan anti-Dupont ce serait oublier le reste et tous les autres. Il y en a tellement des joueurs pour lesquels il faudrait bâtir des plans ! Une chose est certaine, on sait là où il est dangereux. Il faudra que l’on soit extrêmement vigilant, mais c’est une puissance collective que l’on devra imposer, plus qu’un plan anti-Dupont, un plan anti-Kolbe ou je ne sais contre qui d’autre.

Qu’est-ce que ce match représente dans la construction de l’UBB, dans son histoire et celle que vous êtes venu écrire à Bordeaux ?

Question pas simple. Je crois que c’est une étape. C’est une étape pour un club qui se construit depuis 10 ans en Top 14, un club qui avance sans cesse, se structure, se construit, se professionnalise. Les étapes passent par des résultats, la première étant de se qualifier. Chose qu’on a faite en Coupe d’Europe, puis en phase finale de Top 14. Maintenant les clubs grandissent en gagnant des titres, donc on ne s’interdit rien. On sait qu’on a un grand défi demain, ou plutôt une grande opportunité. À nous de montrer qu’on a envie d’être là et de continuer la route. Ce match est une étape importante dans la construction du club.

Top 14 - Christophe Urios (UBB)

Top 14 - Christophe Urios (UBB)Icon Sport

Vous disiez dans la semaine qu’une demi-finale est le match le plus dur dans une phase finale. Pour preuve l’UBB a échoué à deux reprises à ce stade en coupe d’Europe. En quoi est-ce plus dur qu’un barrage ou qu’une finale ?

C’est plus dur parce que par rapport au quart de finale, le cran monte forcément dans l’opposition. Parce que tu as déjà fait un quart qui a du être une partie de très haut-niveau. Dans la continuité, ce n’est pas simple d’enchaîner deux grosses performances. Tu es au milieu du gué en fait, tu es loin d’un sacre, en même temps pas trop. Quand tu es sur la finale tu sais qu’il n’y a plus de calculs à faire. Là on est au milieu donc ce sont toujours des approches de match qui ne sont pas simples selon moi.

Parmi les choses sur lesquelles vous pouvez vous appuyer, y’a-t-il le secteur de la conquête ? Un domaine où vous avez plutôt réussi à secouer Toulouse il y a 10 jours…

Il y a 10 jours, Toulouse n’avait pas son effectif au complet aussi, notamment au niveau des piliers. Il faut remettre en perspective. Ensuite sur la touche on a été efficace mais il leur manquait du monde aussi. On ne sait pas trop, on sait que c’est un secteur fort chez nous. Mais c’est la réalité du haut niveau ça, ce n'est pas juste sur un match entre l’UBB et Toulouse. La conquête, l’occupation du terrain, être discipliné, bien défendre… On est en demi-finale, si on n'est pas dans cette dynamique-là, on ne gagnera pas le match, c’est aussi simple que ça, hein ! Je sais comment ils vont attaquer le match. Quand ils sont venus chez nous, il leur manquait du monde, ils se sont basés sur la défense. Ils nous ont faits mal à chaque plaquage, on n’était pas vraiment prêt donc en difficulté là-dessus. Malgré qu’on ait dominé, on n’a pas mis assez d’essais.

Finalement, on n’aborde pas ce match en étant trop en confiance ou en se sentant moins bon. Je le répète, les 3 derniers matchs face à Toulouse nous inspirent, on sait comment on les a mis en difficulté et pourquoi ils nous ont mis en difficulté. Si on aborde le match de la même façon, on ne gagnera pas. On l’a donc abordé un peu différemment par rapport à ce qu’on a vécu, point barre. Après, est-ce qu’on arrivera à le mettre en place sur 80 minutes ? C’est encore autre chose. Mais demain, l’équipe à 20 h 45 sera prête pour livrer un grand match face au Stade Toulousain.

" Je crois qu’on est dans la vérité. Après, il y a la réalité du match. Et le match, c’est le match…"

Vous aviez beaucoup poussé les Toulousains à défendre les dernières confrontations, sans forcément trouver les failles, ça va vous pousser à moins posséder le ballon ?

Ca fait partie des enseignements importants. Mais je ne vais pas vous dire comment on va jouer le match quand même.

C’est la première phase finale pour l’UBB depuis sa remontée, quel a été l’impact des leaders et joueurs d’expérience dans sa préparation ?

Ça fait deux ans que je suis à Bordeaux. Et même si la saison dernière a été un peu particulière, je trouve que cette saison, après des moments pénibles, pendant les phases finales de la Coupe d’Europe et depuis la défaite en demi, j’ai trouvé que les leaders et le groupe ont réagi de façon très positive. On a senti que ce soit entre le staff et les joueurs un vrai rapprochement. Je n’avais pas ressenti ça depuis mon arrivée. C'est dans des moments comme ça où il faut se serrer. Il faut se serrer ! Et tous les joueurs d’expériences sont des vrais guides.

Aujourd’hui, je ressens ce que j’ai connu par le passé, les mecs sont prêts. Je ne sais pas comment se passera le match, mais en tous les cas en terme de préparation et de travail avec nos leaders cette semaine, si c’était à refaire, je referai la même chose. Je crois qu’on est dans la vérité. Après, il y a la réalité du match. Et le match, c’est le match…

Par Thao COUBRUN

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