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Lebel, en toute logique

Lebel, en toute logique

Le 14/10/2020 à 18:55Mis à jour Le 15/10/2020 à 12:10

TOP 14 - C’est l’une des confirmations lors de ce bon début de saison du Stade Toulousain. A 21 ans, l’arrière ou ailier et double champion du monde U20 est en train de se réaliser en championnat de France. Voici comment et un peu pourquoi.

Presque aussi bien que Kolbe. Avec 4 essais en 6 matches lors de ce début de saison, Matthis Lebel talonne au niveau des stats la référence mondiale au poste d’ailier, Cheslin Kolbe et ses 6 essais en 6 matches. "Je n’ai pas trop à me plaindre du temps de jeu qui m’est accordé, avoue-t-il humblement. C’est aussi le fruit de mon travail et de celui du groupe pour me mettre dans les meilleurs conditions. Peu à peu, une confiance s’est installée avec les coaches. Il y a donc une certaine logique par rapport à ce début de saison. Maintenant, je garde les pieds sur terre car il me faut confirmer."

Plus que les chiffres, c’est aussi une impression d’aisance, d’assurance et de prise de risques qui crée de l’incertitude dans les défenses que les observateurs ressentent. On pense aussi à une forme de toupet lors de son dernier essai au Racing 92 le weekend dernier où celui qui a débarqué à Toulouse à l’âge de 12 ans a capté haut dans les airs un renvoi pour aller marquer en solo. On se remémore aussi ses débuts européens solides cette saison. "C’est vrai que ça va beaucoup plus vite, concède l’intéressé. C’est le meilleur niveau de club et les meilleurs joueurs auxquels on peut se confronter."

La concurrence, il y est pourtant habitué du côté du Capitole. Kolbe toujours sur sa lancée en ce début de saison, un seul poste d’ailier semble en concurrence chez les Rouge et Noir. Et lui qui avait totalisé 7 et 9 apparitions en Top 14 lors des deux saisons précédentes doit batailler avec les Médard, Huget, Marty ou Bonneval. Ce dernier toujours blessé en ce début de saison (10 essais en 14 titularisations la saison du titre en 2018-2019), Matthis a profité de l’intervalle.

Capitaine des doubles champions du monde U20

Sébastien Piqueronies, l’actuel manager des équipes de France jeunes connait bien ce polyvalent. Il s’en est occupé durant trois saisons au Pôle espoirs de Jolimont, chez les moins de 17 ans bleus puis en U20. Il se souvient de la « jovialité de ce petit Gersois, très attaché à son territoire et à sa famille dont il est proche, tout en étant ouvert sur le monde. » Son papa, Michaël, aux origines ivoiriennes, est cet ancien troisième-ligne de Lombez-Samatan puis d’Auch avec quelques 30 apparitions en pro dans les années 2000. Il est l’actuel entraîneur de Lombez-Samatan et devrait apprécier les paroles de Sébastien Piqueronies : "travailleur, Matthis dégage une forme de confiance malgré son âge. Il rayonne auprès des autres. Il a aussi de l’empathie et de la bienveillance envers autrui. Tout cela fait qu’on l’avait logiquement nommé capitaine des Bleuets champions du monde 2019 et que c’est une chance pour notre rugby d’avoir des garçons avec une telle personnalité d’ouverture."

Celui qui apprécie autant les jeux vidéos que de société a aussi pratiqué le Seven avec le coq sur le cœur tout en validant un BTS Muc cet été. "Si son parcours paraît naturel, ajoute le manager des jeunes Bleus, il n’a pas été si linéaire que ça. Il a réussi à surmonter certains obstacles et possède encore une marge de progression importante. Il n’a pas toujours été dominant mais à force de pugnacité, il récolte les fruits de son beau parcours."

Sébastien Piqueronies : "Rapide, félin, puncheur"

C’est au pays du canard que dernièrement, le confinement et la pré-saison lui ont permis d’être fin prêt, entre muscu, travaux à la campagne et reprise. "J’ai pu vivre tout cela dans de bonnes conditions, auprès de mes parents et de mon frère avec lesquels je n’avais plus vécu depuis longtemps. Avec un jardin, j’ai pu m’entraîner en optimisant au maximum pour être dans une bonne condition physique." La clé.

Et en effet, en ce début de saison, au même titre que les Dupont, Kolbe ou Ntamack, il fait partie des trois-quarts qui trouvent des espaces et initient le désordre si cher au club haut-garonnais. "Il est de la génération 99 avec Romain Ntamack, se remémore Sébastien Piqueronies. Déjà ses côtés rapide, félin et puncheur nous avaient attirés. Il est aujourd’hui très à l’aise sur un petit périmètre mais aussi dans le jeu aérien, tout en se montrant efficace. C’est une aubaine pour lui d’être dans cet environnement extrêmement concurrentiel et stimulant."

L’avenir semble donc prometteur pour celui dont une prolongation de contrat est en cours de négociations. D’autant qu’avec la période des doublons qui se profile, de nouvelles opportunités de briller en club vont se présenter. A moins qu’au gré de ses performances et des circonstances, Matthis Lebel retrouve Marcoussis et le groupe de Fabien Galthié plus rapidement que prévu. Avant la première liste des 31 dévoilés par le sélectionneur, des bruits courraient sur sa possible participation aux matches d’automne avec les Bleus. Quoi qu’il en soit, c’est bien évidemment la prochaine étape. En toute logique.

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