Icon Sport

Hamadache : "On a le sentiment qu’on travaille bien"

Hamadache : "On a le sentiment qu’on travaille bien"
Par Rugbyrama

Le 20/09/2019 à 17:37Mis à jour Le 21/09/2019 à 11:50

TOP 14 - À regarder de près le classement, on comprend que Malik Hamadache, pilier international de la Section a le sourire. Après quatre journées, Pau réalise un départ canon et pointe à la troisième place du Top 14. Pourquoi, comment, grâce à qui, mais aussi la Coupe du monde, et son avenir en vert et blanc, Malik nous a répondu sur tous ces sujets, avec son habituelle gentillesse.

Rugbyrama : Un mot d’abord sur le retour de Clermont : la semaine qui a précédé cette rencontre, vous aviez parlé de Pau comme d’une équipe en reconstruction, est-ce que la victoire à Clermont indique que cette reconstruction est terminée, ou la Section est-elle toujours en chantier ?

Malik Hamadache : On ne va pas se mentir : on est toujours en reconstruction. Cette victoire contribue grandement à la construction de cette nouvelle équipe, notamment de l’état d’esprit, dans la continuité de ce que les coachs et le président veulent mettre en place.

C’est-à-dire ?

M.H. : Cet état d’esprit, on l’avait sans doute un peu perdu l’année dernière. Cet esprit gagnant, l’envie d’en découdre à chaque match… On l’a bien vu à Clermont. L’équipe a été vaillante jusqu’à la 80e, n’a pas lâché le score… On a été solidaire du début jusqu’à la fin.

Au-delà de la joie qu’a pu vous procurer cette victoire, que vous êtes-vous dit avec les joueurs, une fois l’euphorie retombée ?

M.H. : On s’est dit qu’il fallait profiter de cette victoire, qu’elle était importante. On savait que la Section n’avait pas gagné là-bas depuis 17 ans. Alors oui, c’est certes un exploit, personne ne nous l’enlèvera, mais on s’est aussi dit qu’on devait se concentrer sur les matchs à venir. On doit rester humble dans la victoire, et continuer à travailler, notamment avec le gros déplacement qui se profile à Toulouse (5ejournée, samedi 28 septembre) et la réception du Racing ensuite.

Troisième après 4 journées, dans le sillage des locomotives actuelles que sont le LOU et l’UBB… Si on vous avait dit ça après vos matchs de préparation (victoire face à Mont-de-Marsan, puis deux défaites contre Bayonne et le Racing, N.D.L.R), vous y auriez cru ?

M.H. : (Il marque un temps) Y croire, bien sûr. On a le sentiment qu’on travaille bien et qu’on est bien prêt physiquement. Après le match de Brive, ça laissait présager d’un bon état d’esprit et d’une envie de jouer incroyable. On a connu une vraie désillusion à Montpellier, mais on a su se reconcentrer et tirer notre épingle du jeu, même dans la difficulté comme contre Agen, qui est une équipe sur laquelle il faudra compter cette année en Top 14. Mais je crois en mon équipe. On ne va pas se mentir, on est en phase de coupe du monde, donc si on est en forme, il faudra prendre les points à attraper.

Top 14 - Malik Hamadache (Section paloise) poursuivi par Brian Alainu-uese (Toulon)

Top 14 - Malik Hamadache (Section paloise) poursuivi par Brian Alainu-uese (Toulon)Icon Sport

Dans 10 jours, vous affrontez le champion en titre, Toulouse, qui souffre de l’absence de ses internationaux (12e au classement). L’an passé, vous vous étiez rendu dans la ville rose en fin de saison, avec un effectif réduit, et le résultat que l’on sait (victoire écrasante des Toulousains, 83 à 6…). Cette fois le rapport semble inversé...

M.H. : Oui, bien sûr, mais nous on est dans la philosophie "on joue tous les matchs à 100% !". On ne peut pas se permettre, de par la saison passée, de ne pas donner le maximum à chaque match. Toulouse restera toujours une grande équipe, même avec 10 personnes en moins, quand on regarde leurs défaites, il ne faut pas les rabaisser. Ça sera très, très dur. Contre le Racing ils étaient en place, donc il faudra faire attention là-bas et y aller avec les mêmes intentions qu’à Clermont : absolument tout donner.

On a beaucoup parlé de la mêlée paloise, qui broie tout sur son passage depuis le début de la saison : la conquête est la vraie satisfaction côté palois… Est-ce l’effet Domingo ?

M.H. : (Il coupe, enthousiaste) Ah mais totalement ! C’est une totale satisfaction. On voit aujourd’hui que ça marche très bien. Malgré l’absence de joueurs, c’est dans la mentalité que ça se passe. C’est devenu une mentalité à la Section, d’avoir une bonne mêlée. Thomas (Domingo) nous fait très bien travailler, il nous connaît parfaitement. Quand on est en rendez-vous individuel avec lui on sait ce qu’il attend de nous. Il connait nos qualités, nos faiblesses, et on corrige en permanence… Depuis les matchs amicaux on voit qu’on a une bonne mêlée, et il faut continuer comme ça.

Top 14 - Thomas Domingo est désormais en charge de la mêlée paloise (Pau)

Top 14 - Thomas Domingo est désormais en charge de la mêlée paloise (Pau)Icon Sport

Trois victoires en quatre matchs, une première depuis le retour de la Section dans l’élite, ça n’était tout simplement jamais arrivé : vous qui avez participé aux trois dernières campagnes, quelle différence avez-vous relevé avec les saisons précédentes ?

M.H. : L’objectif était de reconstruire. Aujourd’hui le plus haut niveau fonctionne par une cohésion. C’est un sport collectif, si on passe à côté de cet esprit d’équipe, aujourd’hui, même avec de fortes individualités, si y a pas de cohésion ça ne fonctionnera pas. On veut relever de nouveaux challenges. Conrad Smith doit redonner à la Section son état d’esprit, son identité. C’est lui qui porte notre identité. Cette nouvelle page, on l’écrit aussi en sachant le passé du club. Beaucoup de choses ont été mises en place, même minimes : les petit-déj’ et le repas du midi ensemble, ça semble minime mais le groupe en profite. Alors quand en plus il y a la victoire au bout le week-end, c’est le Graal, et c’est plus facile d’enchaîner quand on a cet état d’esprit positif, cette identité qui se crée.

Quentin Lespiaucq-Brettes avait beaucoup insisté sur le public béarnais, qu’on sait exigeant, notamment avant le match contre Brive. Vous sentez-vous redevables vis-à-vis du Hameau ?

M.H. : Quand l’an dernier on a des objectifs plus élevés et qu’on fait la saison qui se passe, tu comprends qu’il y a une amertume, qu’on a toujours ça derrière la tête. Aujourd’hui on est revanchard. Le public est très important, c’est le 16ehomme à Pau, ce sont des passionnés qui nous soutiendront toujours. On doit les satisfaire, eux, les sponsors, le staff… Il faut que nous joueurs redorons le blason de la Section. Il faut qu’on réfléchisse à quelle image on a envie de donner de nous, au Hameau et à l’extérieur.

Vous êtes sous contrat jusqu’en 2021, mais on sait que vous êtes un joueur suivi de près… Comment vous sentez-vous à Pau ?

M.H. : Je suis ouvert à toutes les propositions qui me seront faites pour rester ici. J’ai une histoire personnelle avec cette ville. Mes enfants sont nés à Pau, j’ai ma vie familiale ici. C’est une ville magnifique, de beaux endroits, un public énorme, j’ai rencontré de très belles personnes ici. Bien sûr que je me vois rester ici. Si le club en décide autrement, on verra, bien sûr. Mais c’est à moi de continuer à rester sérieux et à travailler pour rester.

Un peu plus léger… C’est votre anniversaire dans un mois (le 17 octobre), ce serait quoi le plus beau cadeau : continuer sur cette lancée avec la Section, ou un titre mondial pour les Bleus ?

M.H. : C’est trop dur ça, je ne peux pas choisir l’un ou l’autre ! Ce que je souhaite évidemment à l’équipe de France c’est de revenir avec la coupe. Ils ont été dénigré, mais je connais très bien ce groupe, il y a beaucoup de qualité, de talents dans cette équipe. Ils ont leur coup à jouer. Ils arrivent en outsider, et c’est tant mieux, car ils peuvent vraiment tirer leur épingle du jeu. Mais je ne peux pas choisir… Car je veux que la Section continue de gagner aussi.

Où serez-vous demain (samedi 21 septembre), à 9h15 ?

M.H. : (Rires) Ah, samedi à 9h15, je serai devant ma télé pour suivre l’équipe de France, avec ma famille, mes amis… C’est un moment important, il faut en profiter avec ses proches… En espérant que les Bleus décrochent une belle victoire face à l’Argentine pour bien commencer ce Mondial.

Pierre Bergot

Pariez sur le Rugby avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313
Contenus sponsorisés
0
0