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La saison ratée de la Section Paloise

La saison ratée de la Section Paloise

Le 14/06/2019 à 16:27

TOP 14 - Depuis son accession en Top 14 en 2016, la Section Paloise a connu sa pire saison. Elle a perdu en chemin son manager général Simon Mannix et enregistré l’arrivée de Nicolas Godignon. Il lui faut tirer au plus vite les enseignements de ses échecs afin de repartir de l’avant dès l’année prochaine.

Le moment fort

Bien avant la fessée enregistrée à La Rochelle, mi-avril (71-21), on sentait Simon Mannix perdu dans ses commentaires d’après match. Le Néo-Zélandais semblait dans l’incapacité de maîtriser une situation qui lui échappait peu à peu. Malgré le soutien inconditionnel de son président, il cristallisait les critiques et la vindicte populaire le désignait comme coupable. En revanche, le manager paraissait indéboulonnable puisque son contrat lui permettait d’espérer de conserver la tête des troupes jusqu’à la fin de la saison 2020.

Top 14 - Nicolas Godignon, Elliot Corcoran et Simon Mannix (Pau)

Top 14 - Nicolas Godignon, Elliot Corcoran et Simon Mannix (Pau)Icon Sport

Même si des bruits de couloir laissaient entendre que des choses allaient bouger, son communiqué de départ, publié par le club le 16 avril, a fait l’effet d’une bombe. "À la vue des dernières performances, je pense qu’il est préférable pour la Section d’envisager un changement qui pourrait aboutir à des résultats positifs. C’est pourquoi, j’ai pris la décision de quitter mes fonctions de directeur sportif", précisait Mannix. Ce départ, après cinq années passées sans partage à la tête du club, et une montée en Top 14 à la clé, mettait donc un terme à sa collaboration. Personne, en effet, n’aurait imaginé lorsqu’il était question de viser un top 6 en début de saison, cette rupture quelques mois plus tard entre le manager et le club Vert et Blanc. Cette décision un mois et demi avant la fin du championnat constitue sans nul doute le moment fort dans la vie du club ces dernières années.

Le moment difficile

Lors d'une saison galère comme celle des Palois cette année, il est très compliqué de sortir le moment le plus difficile tant les obstacles furent légion. Toutefois, la mémorable rouste de Toulouse (83-6), début mai, restera inscrite en lettres capitales dans les annales du club. Avec treize essais encaissés, les Béarnais ont pris l’eau en défense et touché le fond. Les statistiques édifiantes révélaient que les Palois avaient, ce jour-là, raté 56 plaquages sur 178 tentés. En déficit de vitesse, de puissance, ils n’étaient tout simplement pas invités.

Sofiane Guitoune (Toulouse) inscrit l'un des essais contre Pau

Sofiane Guitoune (Toulouse) inscrit l'un des essais contre PauIcon Sport

À l’issue du match Lucas Rey ne mâchait pas ses mots : "En prendre 80 à ce niveau-là, ce n'est pas acceptable, c'est inadmissible. J'ai honte parce qu'on représente le club, la ville. Je prends un gros coup au moral. On savait que ça allait être compliqué car ils avaient mis la grosse équipe, mais ce n'est pas une raison. On ne peut pas évoquer comme excuse le match important qui nous attend dans deux semaines face à Grenoble. Il faut qu'on se dise les choses car on ne peut pas laisser passer un match à 80 points sans se parler dans les yeux." Après cette rencontre, les Palois pointaient à la 11e place du classement avec 38 points. Malgré la victoire d’Agen à Grenoble, le maintien n’était pas encore totalement assuré d’autant que les Isérois devaient rendre visite aux Béarnais deux semaines plus tard.

Le tournant

La fort belle victoire inscrite pour le compte de la 23e journée du Top 14, face au Racing (29 à 27), samedi 27 avril, contribua à une fin de saison plus sereine. Pourtant à cette période, les Racingmen à la lutte avec Lyon pour la troisième place, avaient coché ce déplacement sur leur agenda. Quant au quart d’heure de jeu, Jale Vatubua inscrivit, grâce à un rebond favorable, le premier essai des Palois suite au coup de pied de Colin Slade, Nicolas Godignon y vit comme un signe : "ce rebond dans l’en-but me fait dire qu’on ne pouvait pas perdre. Quand le ballon nous tombe ainsi dans les bras, c’est que la roue tourne. Plusieurs fois la chance nous a fuis, cette fois elle était avec nous. Cette victoire était pour nous !".

Top 14 - Watisoni Votu (Pau) contre le Racing 92 (Crédit Photo : David Le Deodic)

Top 14 - Watisoni Votu (Pau) contre le Racing 92 (Crédit Photo : David Le Deodic)Midi Olympique

Optimiste l’entraîneur des avants pouvait l’être, d’autant que deux minutes plus tard Watisoni Votu marqua l’un des essais les plus beaux de la saison. Parti d’un ruck sur la ligne des 22 mètres paloise, les Vert et Blanc remontèrent tout le terrain avec des relais de Daubagna, Gunther, Slade, Malié, Vatubua, Nicot et Votu qui conclut le travail. Bien que la fin du match fût ensuite stressante et laborieuse pour les hommes de Nicolas Godignon, ce succès eut le mérite de réconcilier l’espace d’une rencontre les joueurs avec leurs supporters. Ce résultat démontra également que les Palois avaient bel et bien gaspillé beaucoup d’occasions durant la saison. C’est sur une telle prestation qu’il faudra s’appuyer à l’avenir pour rebâtir.

Le joueur clé

Le marasme collectif nous interdit presque de mettre en avant tel ou tel joueur plutôt qu’un autre. Toutefois, si nous avons choisi Thomas Domingo, c’est parce que le pilier a décidé de raccrocher les crampons en cette fin saison. Précisons tout de même, que pour sa dernière année, le pilier gauche fut exemplaire sur le terrain et distilla de précieux conseils à ses jeunes coéquipiers Quentin Lespiaucq et Lucas Rey. Le secret de sa retraite avait été bien gardé, aussi lorsque le communiqué de la Section est tombé, le 15 mai dernier, la surprise fut totale.

Challenge Cup - Thomas Domingo (Pau) contre le Stade français

Challenge Cup - Thomas Domingo (Pau) contre le Stade françaisIcon Sport

Le pilier aux 36 sélections en équipe de France y annonçait qu’il raccrochait les crampons : "Après 26 ans que je me régale à retrouver tous les jours ce ballon un peu bizarre et à prendre du plaisir avec les gars autour, j’ai décidé d’arrêter ma carrière professionnelle. Malgré ça, je suis quand même heureux. Heureux car en me retournant, en regardant ces années passées si vite, je me rends compte que j’ai vécu des moments inoubliables. Je me sens privilégié d’avoir pu vivre de ma passion. Jamais je n’aurais imaginé le parcours que j’ai eu, les rencontres, les amitiés, les moments de souffrances et de joies que j’ai vécu et tout cela grâce au rugby. Je ne remercierai jamais suffisamment les personnes qui m’ont fait découvrir ce sport et qui me l’ont fait aimer à ce point." Natif de Tulle, âgé de 34 ans, Thomas Domingo ne coupera pas complètement avec le monde du rugby puisqu’il intégrera la saison prochaine le staff de la Section. Il interviendra, en effet, auprès de l’équipe pro, du centre de formation et de l’association sur des ateliers spécifiques d’avants. En parallèle, il préparera son diplôme d’entraîneur.

Les stats

Les statistiques démontrent en chiffres pourquoi les Palois ont raté leur saison. La Section paloise est notamment l’équipe qui a manqué le plus de plaquages par match, perdu le plus de touches sur ses propres lancers et parcouru le moins de distance ballon en main. Sur la saison, les Palois ont inscrit 48 essais et en ont encaissé 87. Par match, ils ont porté le ballon pendant 317 mètres et effectué 7 passes après contact. Ils ont raté 26 plaquages et les défenseurs ont été battus 17 fois. Ils ont perdu 2,8 touches sur leurs propres lancers et n’en ont contrées que 0,7.

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