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Entre Ernest-Wallon et Pierre-Fabre

Entre Ernest-Wallon et Pierre-Fabre

Le 25/04/2019 à 16:31

TOP 14 - 82 kilomètres séparent les deux enceintes de Castres et Toulouse, ces deux clubs rivaux qui s’affrontent samedi. Au gré d’un trajet symbolique, des rencontres dressent les contours ce vrai-faux derby.

Départ du stade Ernest-Wallon

Le fief des Rouge et Noir est le lieu de départ de ce plus court déplacement de la saison pour les récents demi-finalistes européens. Ils vont affronter "un voisin peu éloigné en termes de kilomètres mais assez éloigné sur pas mal de paramètres," dixit Ugo Mola. Tout l’univers de ce club omnisports est centralisé ici dans le quartier des Sept Deniers, à deux pas de la centrale d’épuration de Ginestous et de ses doux effluves selon le sens du vent. Sur l’actuel parking servant aux moto-écoles et avec le chapiteau partenaires, les travaux de la future Cité des Sports prévue pour 2023 (avec campus, centre de formation, logements, hôtel, bureaux, commerces, musée du rugby, gymnase, parking ou station de métro) vont rendre ce lieu jouxtant la Garonne toujours plus attractif et compétitif.

Les grosses caisses du Huit

La rocade toulousaine est souvent engorgée ? Sortie Ponts-jumeaux conseillée (lieu du stade avant le déménagement aux Sept Deniers) et en longeant le Canal latéral à la Garonne, on parvient au siège du Huit, l’un des principaux groupes de supporters stadistes. Son président Jean-Marc Arnaud avoue avoir de "bonnes relations avec les plus anciens fans castrais." Forts de quelques 350 membres dont deux bus à destination de l’Agout samedi, ces supporters sont notamment reconnaissables à leurs grosses caisses ou leurs "Qui ne saute pas n’est pas Toulou-sain." "Notre association est composée de membres de tous âges, de toutes catégories sociales ou de tous horizons" explique son président travaillant par ailleurs dans le bâtiment.

Top 14 - Le supporters du Huit (Toulouse)

Top 14 - Le supporters du Huit (Toulouse)Icon Sport

Place St-Pierre

En étant si proche de place St-Pierre, à deux pas de la Fac de droit, on y fait un détour. Des étudiants ont été à l’origine du club, quand les Capitouls en ont inspiré les couleurs. Non loin du portrait de Claude Nougaro (et ses "Ô Toulouse" accompagnant chaque essai stadiste à domicile) sur la façade d’un bâtiment dont la rue mène place du Capitole (en mal de célébrations post titres depuis 2012), voici le célèbre bar Chez Tonton. Fief des jeunes rugbymen estudiantins dont certains sont devenus célèbres, ce bar est depuis cette saison partenaire des 3e mi-temps du club avec sa célèbre patronne Françoise en égérie.

Une piste plutôt que la route ?

Direction la prairie des Filtres, tel un clin d’œil au lieu originel où jouaient les Stadistes avant de longer le Stadium qui est redevenu cette saison ce grand lieu de partage avec le peuple de la Ville rose, le tout à guichets fermés. Après avoir emprunté l’avenue de Castres, au loin, un avion de tourisme décolle des pistes de Montaudran, pour un rappel à Maxime Mermoz qui n’est autre que l'arrière petit neveu du célèbre aviateur Jean Mermoz ; tout en pesant au troisième-ligne Rynhardt Elstadt qui pilote lors de son temps libre. Direction le Sidobre ?

Un Airbusien en chemin

Lever les yeux nous fait apercevoir une grande enseigne d’Airbus (environ 133 000 salariés dans le monde). Si l’avionneur est essentiellement situé au Nord-Ouest de la ville, ces locaux démontrent l’implantation tentaculaire dans la ville de ce sponsor principal du club haut-garonnais depuis 1983. Pur Toulousain, Stéphane Defer ne manque pas beaucoup de matches depuis plus de 30 ans. "Je compare un peu le "Jeu de mains, jeu de Toulousains" au French Flair français. C’est dans les gênes que de faire vivre le ballon."

Champions Cup - Lucas Tauzin (Toulouse)

Champions Cup - Lucas Tauzin (Toulouse)Icon Sport

Responsable de la communication Airbus opérations France, il est affectueusement surnommé "Papa" dans son équipe de rugby, l’Arup. Il met notamment en lien dans les loges du stade Ernest-Wallon clients et membres de la société qui couvre le côté droit de la poitrine du maillot rouge et noir. "Si je n’oublie pas un superbe déplacement à Bath, les demies du Top 14 disputées au Stadium en 2012 avec notamment un Toulouse – Castres constituent l’un de mes meilleurs souvenirs. Le Stade l’avait emporté (24-15) et durant trois jours, la Ville rose avait accueilli le rugby français." Quant à évoquer l’adversaire tarnais : "Ce CO a trouvé tactiquement comment affronter notre équipe. Ce sont deux effectifs en phases de maturité différentes. Mais ce déplacement aura valeur de test pour la nouvelle génération stadiste."

La limite Haute-Garonne - Tarn

Toujours en direction de la Montagne Noire, après la bifurcation entre la D826 et la N126, la limite Haute-Garonne – Tarn correspond presque au village de Cuq-Toulza (tout se prononce !). Il y est un autre lieu très rugby : la Bombardière, hôtel et restaurant avec piscine. Les époux Lavergne et leur joie de vivre sont pour… Clermont ! "Les origines, que voulez-vous," précise Monsieur. "Mais vivant et travaillant dans le département du Tarn depuis très longtemps, nous sommes pour le CO ! Lors des grands matches, nous sortons les drapeaux dans tout le village. Les supporters s’arrêtent régulièrement dans notre établissement, tout comme le président Revol, les joueurs de Castres voire Fabien Pelous. Le club du CO a même fait un séminaire ici."

Anecdote : avec l’heure et quart qu’il faut pour relier la Ville rose à Castres, le club tarnais a d’ailleurs interdit à ses joueurs de vivre à Toulouse depuis l’époque où plusieurs Toulousains garnissaient ses rangs avec la génération des Artiguste, Castaignède, Cigagna ou Mola.

Ugo Mola à Castres

Ugo Mola à CastresMidi Olympique

Le Lévézou et le stade du Rey

Avant de pénétrer au cœur de la sous-préfecture tarnaise de plus de 40 000 âmes, un virage à gauche vers Saïx (prononcez "Sahixe") et voici le centre d’entraînement du Lévézou. C’est le camp de base des Tarnais sans grillages et avec terrains d’entraînements, salle de muscu, vestiaire, et ce chemin du Mercadal bas, où les supporters se garent pour venir observer leurs protégés de près. Selon l’état des pelouses, les entraînements peuvent être délocalisés au stade du Rey, derrière la gare. L’unité de lieu n’est pas encore de mise et le projet des futures installations du club a longtemps été motif de négociation pour Christophe Urios avec sa direction.

Pierre-Fabre, plus qu’un sponsor

Peu après Soual, se trouve l’un des vaisseaux de la flotte du groupe Pierre-Fabre (environ 13 000 salariés monde). Comme pour signifier l’entrée de la ville ou d’un empire créé en 1962. Il s’agit là d’un site de production dermo-cosmétique mais Castres et ses environs comptent de nombreux lieux portant ce nom qui a fait une part de la renommée de la région avec le fidèle pharmacien, fondateur et président Pierre-Fabre disparu en 2013 (saison de titre pour le CO). Une boutique va bientôt voir le jour à … Toulouse où l’Oncopole est déjà partenaire du groupe pharmaceutique.

Arrivée au stade Pierre-Fabre

La photo du mécène Pierre-Fabre est apposée au bout du couloir menant à la pelouse. Ce stade porte son nom depuis 2017. Totalement rénové, l’ancien Pierre-Antoine (à guichets fermés samedi) permet à ses spectateurs de vivre au plus près du jeu comme peu de stades le permettent.

Les supporters de Castres à la place Pierre-Fabre

Les supporters de Castres à la place Pierre-FabreIcon Sport

Du tribunal qu’il fréquente professionnellement, rue du palais, au stade rue des Bisseous, Michel Ouchet connait la route par cœur. Depuis 19 ans, il est le président de l’Amicale des supporters (fondée en 1956). Avec Puissance Castres ou Les Amis du rugby, ils forment le collectif de la Blue Army. "La rivalité entre les deux clubs et les deux villes a toujours existé. On se chambre ainsi parfois avec des avocats toulousains venant travailler ici. Mais le rugby permet que l’esprit sportif demeure avant tout entre les individus pour une communion autour de notre passion ovale."

Oubliée la polémique de début de saison avec des supporters castrais qui auraient été disséminés dans l’enceinte toulousaine pour faire moins de bruits que réunis. D’ailleurs, la bodéga rue des Frères Nicouleau sera en accès libre samedi pour tous les aficionados sans billets. Elle permettra aussi aux fans de poursuivre la fête non loin du cœur de ville. Toutes couleurs de clubs confondues.

Troisième mi-temps ?

Coup de sifflet final sur cette "guerre de clochers," comme le décrit Christophe Urios. Impossible alors de s’arrêter en si bon chemin pour l’après-match quand on sait que les joueurs Baptiste Delaporte et Antoine Tichit sont les nouveaux associés du Bar des Arcades, place Jean-Jaurès. Si vous souhaitez remonter le temps avec la fameuse génération 93, faites un tour chez José Diaz à L'Español bar, boulevard Carnot. Incontournable. Comme ce qu’est devenu ce vrai-faux derby Castres – Toulouse, au sommet de sa gloire.

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