Rugbyrama

Teddy Riner : "Je vais mettre les crampons, on va castagner !"

Riner : "Je vais mettre les crampons, on va castagner !"

Le 27/07/2018 à 10:02Mis à jour Le 27/07/2018 à 13:26

En dix ans de Midol, on a croisé la route de quelques beaux bébés. Bakkies Botha, Darren Adams, Hervé Chaffardon et Sébastien Chabal étaient, en leur temps, très imposants. Plus près de nous, Edwyn Maka, Ben Tameifuna, Joe Tekori, Louis Picamoles et Mathieu Bastareaud le sont tout autant.

Aussi épais puissent être tous les rugbymen du monde pro, ils n'ont pourtant rien en commun avec l'irréelle morphologie de Teddy Riner, dix fois champion du monde de judo. Riner, c'est 51 cm de tour de bras, 1, 20m de tour de poitrine, 2,12m d'envergure, 50 de pointure et, plus globalement, 2,05m pour 145 kg. Jeudi soir, le grand Teddy était présent sur les Champs Elysées pour la soirée que donnait l'équipementier Under Armour en l'honneur des Jaunards et de leur nouveau maillot. Il s'est assis quelques minutes pour causer rugby. En voici le résultat.

Rugbyrama : Quelle image avez-vous du rugby ?

Teddy Riner : A mes yeux, c'est un sport exemplaire. Au moment du Mondial 2007, j'étais au stade pour un match de poule de l'équipe de France. J'avais 18 ans et c'était la première fois que je venais encourager les Bleus. Ce soir-là, on m'avait placé à côté de quelques supporters français mais au milieu de plusieurs centaines de fans de l'équipe adverse. Je me suis dit: "ça va partir en cacahuètes, ce truc !"

Teddy Riner

Teddy RinerRugbyrama

Et puis ?

T.R. : Pffff... Une ambiance de malade, tout le monde bras dessus bras dessous. En tribunes, ça encourageait, ça se chambrait, ça dansait. J'avais trouvé ça magnifique.

Plus récemment, avez-vous assisté à des matchs de rugby ?

T.R. : J'ai dernièrement été invité à un match à Perpignan (NDLR : en avril dernier, face à Mont-de-Marsan). Au coup de sifllet final, les mecs m'ont dit: "Tu nous as portés chance ! Reviens quand tu veux !" Là-bas, l'ambiance était dingue. Tout le public scandait mon nom, ça faisait un bruit incroyable. J'aime cette énergie que dégage le rugby. Et je crois que l'Usap est mon club préféré, maintenant. (rires)

Quelles sont les similarités entre rugby et judo ?

T.R. : La prise de risque, déjà. Pour plaquer au rugby ou tenter une attaque au judo, il faut avant tout le décider. Tout se passe dans la tête. Ou tu veux dominer ton adversaire, ou tu ne le veux pas ! De nombreux rugbymen sont d'ailleurs passés par le judo : la prise de kimono joue sur les mêmes registres que la prise de maillot lors des plaquages.

Nouveau maillot de Clermont en Top 14

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Le rugby peut-il s'inspirer de votre sport ?

T.R. : Oui, car l’idée est la même : déséquilibrer l’adversaire en le fragilisant sur ses appuis. Le danger au judo, c’est de se retrouver exposé sur un seul appui. Le but reste donc de faire passer son adversaire de deux appuis à un seul. Au rugby, c'est un peu la même chose sur les phases de contact.

Quel joueur auriez-vous aimé être ?

T.R. : Frédéric Michalak. Comme lui, j'aurais aimé attaquer la ligne, trouver l'espace... et puis me barrer loin des autres ! (rires) Je m'entends bien avec Mathieu Bastareaud, aussi. On s'envoie souvent des textos. Mais celui qui m'impressionne le plus, c'est Louis Picamoles. Bim ! Bam ! Il envoie, lui !

Avez-vous déjà joué au rugby ?

T.R. : Jusqu'à maintenant, jamais. Plus jeune, on m'a poussé vers le foot, puis le judo. Mais la dernière fois que j'ai rencontré Bernard Laporte, il partait aux Antilles. Je lui ai dit que les plus beaux gabarits étaient là-bas (NDLR : Teddy Riner est Guadeloupéen). Il y a un potentiel énorme en Guadeloupe et en Martinique. Il nous manque juste ldes terrains...

Vous ne jouerez donc jamais au rugby...

T.R. : Si ! Demain après-midi (vendredi après-midi), les Clermontois m'invitent à participer à leur entraînement collectif, à l'Insep. Je vais ramener mes crampons et on va castagner. [...] Vous savez, je n'ai pas peur du contact. Et puis en ce moment, je ne prépare pas de grosses échéances. Pour moi, la reprise se fera en janvier.

Est-ce un entraînement à balles réelles, avec l'ASMCA ?

T.R. : Oui, je crois. On verra qui a la plus grosse balle... (rires)

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